Je me souviens encore de mon mariage, célébré alors que jétais encore très jeune, mûe par un amour profond. Nous avons partagé près de quatre années de tendres rencontres à Paris avant de devenir mari et femme. Ensemble, nous avons affronté bien des épreuves.
Aujourdhui, cela fait plus de six ans que nous vivons sous le même toit. Jai une confiance absolue en mon mari, tout comme en moi-même. Antoine est un homme doux, attentionné et toujours prêt à maider pour les tâches quotidiennes. Ce nest ni le plus courageux, ni le plus robuste des hommes. Il serait difficile de le qualifier de bel homme, mais il possède une âme dune bonté rare, un optimisme sans limite et une foi inébranlable en des lendemains meilleurs ; toutes ces qualités sont des trésors qui me permettent de traverser les moments les plus sombres.
Mais Antoine reste indécis, incapable de prendre des décisions majeures ; il refuse de saventurer hors de sa zone de confort, et avance peu. Sa réserve et sa droiture sont presque exemplaires. Durant toutes ces années passées ensemble, il na pas vraiment changé.
Il ne prend pas soin de lui, ni de sa santé. Toute transformation le terrifie. Mon époux a presque dix ans de plus que moi. Moi, à vingt-six ans, jaime la vie : jai un poste épanouissant, jai acheté ma propre voiture, et je verse chaque mois le paiement de notre emprunt pour lappartement. Il y a peu, une amie, Juliette, ma demandé : « Mais, à quoi te sert-il vraiment, ton mari ? »
Cest ce jour-là que mon bonheur sest effondré en silence, et aujourdhui je me retrouve à méditer dans un café de Montmartre pourquoi ai-je besoin de lui, en vérité ?







