J’ai obligé mon fils à ramasser les déchets le long d’une route, tout ça à cause d’un emballage de glace !

Lorsque mon fils avait environ sept ans, notre petite famille est partie pour un week-end à la campagne, non loin de Lyon. Nous profitions pleinement de la chaleur estivale, savourions une glace artisanale et échangions des anecdotes sur notre enfance. Lambiance était détendue, jusquau moment où jai vu mon fils ouvrir la fenêtre de la voiture et jeter négligemment son emballage de glace sur le bas-côté de la route. Aussitôt, jai freiné et garé la voiture sur le bord.

Je sentais quil fallait agir sans attendre. Je suis descendu calmement, ai attrapé les sacs-poubelle que jemporte toujours dans le coffre, puis jai appelé mon fils, Pierre, à sortir lui aussi. Je lui ai expliqué quil ne sagissait pas seulement de ramasser lemballage quil venait de jeter, mais également de ramasser les déchets laissés par dautres personnes. Ma femme, Clémence, a tenté dintervenir, mais je lui ai demandé gentiment de rester dans la voiture avec notre chienne Isette, et de profiter de la radio pendant que je gérais la situation.

Jai posé clairement les conditions à Pierre : nous ne repartirions de là que lorsquil aurait rempli sa tâche. Les autres activités prévues ou les nouvelles friandises promises nétaient plus à lordre du jour. Forcément, il a été contrarié et a commencé à pleurer, mais je suis resté ferme.

Le visage déterminé, Pierre a commencé à ramasser les détritus éparpillés sur le rebord de la route. Pour lencourager, jai pris un autre sac et me suis joint à lui. Ensemble, en à peine une demi-heure, nous avons nettoyé ce coin de nature de tout ce qui ny avait pas sa place.

De retour à la voiture, jen ai profité pour lui expliquer limportance de respecter la nature, en trouvant des exemples quil pouvait comprendre. Il ma demandé pourquoi javais ramassé des déchets avec lui. Je lui ai avoué quen tant que père, si ces gestes lui paraissaient naturels, cest que javais commis moi-même une erreur dans son éducation, et quil était donc normal que jassume aussi la conséquence de mes manquements à ses côtés.

Les années ont passé, Pierre a aujourdhui treize ans. Notre famille sest agrandie ; il a désormais deux petites sœurs, Louise et Eugénie. Je suis fier de le voir leur transmettre à son tour limportance de ne pas jeter par terre et de laisser chaque lieu plus propre quon ne la trouvé.

À chaque fois, je pense à mon propre père, Jacques, dont la sagesse continue de maccompagner dans léducation de mes enfants. Sans ses leçons et sa patience, je naurais pas eu la force de transmettre à mes enfants ces valeurs essentielles qui, finalement, sont notre meilleur héritage. Je comprends aujourdhui quéduquer, ce nest pas seulement parler, mais agir avec constance, même lorsquil serait plus simple de tourner la tête.

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J’ai obligé mon fils à ramasser les déchets le long d’une route, tout ça à cause d’un emballage de glace !
Je ne comprends pas comment j’ai pu élever des enfants pareils