L’ARNAQUE DE LA MAMIE MUSCLÉE Quand cette femme d’âge mûr est entrée dans le centre de remise en fo…

DIVORCE DUNE RETRAITÉE

Ce matin-là, une femme dun certain âge franchit le seuil du centre de remise en forme « Forme et Vitalité » dans le quinzième arrondissement de Paris. Le vigile, surpris de voir cette inconnue à la démarche assurée, la dévisagea. Elle, sans se laisser intimider, lui lança dun ton sec :
Où est-ce quon senvoie de la fonte, ici ?
Sans attendre de réponse, elle se dirigea dun pas déterminé vers la salle dentraînement.

Madame, où croyez-vous aller ?! cria lagent de sécurité en courant derrière elle, espérant larrêter.
Doucement, mon gars ! lui coupa-t-elle la parole en haussant la voix. Je veux juste vérifier si mon petit-fils pourrait venir ici, cest tout !
Arrêtez-vous, jvous dis ! Il lattrapa par la manche. On nentre pas ici avec des chaussures pleines de boue !
Lâche-moi ! fit-elle en lui échappant. Jai dit que je voulais voir, un point cest tout !

Dans la salle, elle sarrêta un instant, analysant les lieux. Des jeunes femmes élégantes en leggings colorés et des hommes musclés saffairaient sur les tapis de course et les machines de musculation dernière génération.
Madame, je vous demande de sortir ! poursuivit le vigile, agacé. Laccès est réservé aux personnes en tenue de sport.
Laisse-moi tranquille ! lança-t-elle, autoritaire. Sa voix résonna dans la salle, attirant lattention de tous.
Un coach sportif, Grégory, entendit le tumulte et sapprocha :
Qui est-ce donc, Jérôme ? demanda-t-il dun regard dur vers la vieille dame.
Jen sais rien répondit lagent, déconcerté. Elle fonce tête baissée, elle nécoute rien. Jlui dis que les chaussures, cest pas possible, mais rien à faire !
Bon sang, il est collant, ce gamin soupira la femme. On na même plus le droit de jeter un œil ici ?
Mais vous voulez voir quoi, exactement ? gronda Grégory, sceptique. Vous venez vous mettre au sport en sortant de la retraite ? Vu comme vous tenez debout, ça vous ferait du bien

Elle esquissa un sourire :
Merci, mon garçon, mais ce nest pas pour moi.
Ah bon ? Pour qui alors ?
Pour mon petit-fils. Il est trop frêle, faudrait quil se muscle un peu.
Frêle, dites-vous ? Cest embêtant, oui Comme disait Serge Gainsbourg : « Si tes faible, tes foutu. »
Ou alors « Faites des ablutions, mes amis », compléta-t-elle fièrement. Cette chanson, on la connaît aussi, mais votre salle, franchement elle ne me convainc pas.

Pourquoi ça ? soffusqua Grégory. Notre salle est géniale, dotée déquipements tout juste arrivés de chez Technogym.
Enfin, voyons, mon garçon elle haussa les épaules. On fait du muscle, ici ? Où sont vos vraies haltères ?
Mais on a tout, madame ! Mais franchement, vous, vous y connaissez quoi en muscu ?
Moi ? Elle ricana. Mon père soulevait des haltères russes tous les matins, trente minutes pile. Il était large trois fois comme vous. Vous pensez impressionner qui ici ?

Des haltères russes ? Allons, soyons sérieux fit Grégory, moqueur. Cest dépassé, on bosse désormais sur machines dernier cri !
Non, non répliqua la dame, la voix ferme. Je veux que mon petit-fils sexerce sur des vraies, vous voyez, des kilos de fonte, comme le faisait mon père. En avez-vous au moins ?
Bah Il doit bien y en avoir une qui traîne quelque part marmonna le coach, contrarié.
Amène-la, quon voie.
Pourquoi ?
Si tu me montres que tu as de vraies haltères russes, jamènerai mon petit-fils. Je paierai même labonnement moi-même, cest pour te dire !
Sérieusement ? Les yeux de Grégory silluminèrent.
Oui, mais pas de triche ! Je veux une vraie de seize kilos, et je vérifierai moi-même.
Mais comment ? Vous allez la tester sur vos dentiers ? pouffa Grégory.
Tu vas voir. Jai suffisamment observé mon père. Je tenterai de la lever aussi.
Vous vous moquez de moi ? éclata-t-il de rire. Vous décollerez jamais cette fonte du sol, voyons !
Et si je la soulève ? Et même dune main ?
Si vous y arrivez, jme tire une balle ! plaisanta-t-il, hilare.
Pas besoin de drame, mon garçon. Si je réussis, tu moffres lhaltère. Deal ?
Très bien, mais si vous échouez ?
Dans ce cas, je nettoie votre salle bénévolement pendant un mois. Accepté ?
Parfait ! Justement, on cherche quelquun ! Bougez pas, je reviens avec lengin !

Le coach partit en trombe vers la réserve.
Dans un souffle, le vigile murmura :
Madame, partez maintenant, il va revenir avec lhaltère. Si vous essayez et quil vous arrive malheur
Quoi, cest si lourd que ça ?
Énorme même les costauds galèrent.
Allez donc ! Mon père la soulevait dun bras, vingt fois sans fatiguer
Encore ce fameux père Ne vous comparez pas à lui !
Déjà, Grégory revenait, rouge et essoufflé, traînant lhaltère.
Voilà ! Seize kilos, comme demandé. Voyons ça ! Les clients regardent, témoins à lappui !

Une foule sassemblait autour delle.
La vieille dame, visage fermé, séchauffa en roulant les épaules :
Si tout le monde est là allons-y !
Daccord, donc ou vous nous faites le ménage un mois, ou vous repartez avec la fonte sur lépaule !
Si je la soulève deux fois, tu men donnes une autre de seize kilos ?
Il y en a quune, désolé !
Alors, pour chaque fois supplémentaire, jemporte autant de kilos en haltères ou barres.
On verra déjà si vous la bougez dun centimètre
Tu as peur de perdre, cest ça ?
Même pas en rêve ! Allez, montrez-nous Le seau et la serpillière vous attendent !
Alors marché conclu ?
Marché !

Elle se signa, cracha dans ses mains, agrippa lhaltère. Dune traction parfaite, elle la souleva à la hauteur de sa poitrine.
Un étonnement gagna la salle.
La femme contracta ses muscles et, posément, leva lhaltère bien au-dessus de sa tête. Puis elle la reposa sur sa poitrine et recommença
Les spectateurs comptaient à voix haute, ébahis :
Deux ! Trois ! Quatre ! Cinq !

On va arrêter là souffla-t-elle en posant lhaltère. Jaurais pu continuer, mais je ne veux pas te ruiner Tu dois payer tout ça toi-même, non ?
Grégory se retrouva sans voix.
Je vais prendre cette haltère. À présent, compte-moi tout le reste que tu me dois haltères, barres, tout ce que tu as pour un total de soixante-quatre kilos. Ma voiture est devant, va donc charger tout dans le coffre.

Dun pas égal, lhaltère sous le bras, elle se dirigea vers la sortie.
Une demi-heure plus tard, quand le propriétaire du centre, M. Laurent, entra, il fut accueilli par un tumulte inhabituel. Les clients, au lieu de sentraîner, discutaient vigoureusement. Les coachs, rassemblés autour de Grégory, tentaient de le consoler.

Quest-ce qui se passe ici ? demanda M. Laurent, inquiet.
Oh, rien de grave, monsieur Laurent Disons quon a eu une petite mésaventure
Quelle mésaventure ? gronda le patron. Jai reçu un appel dun collègue : il y a une femme qui fait le tour des clubs de Paris et embobine les coachs pour leur piquer du matériel.
Comment ça, elle les embobine ? Grégory sétrangla.
Elle mise quelle peut soulever dune main une grosse haltère. Pari : le matériel contre un mois de boulot gratuit. Elle gagne toujours et repart avec ce quelle a gagné.
Mais pourquoi elle fait ça ?!
À ce quon raconte, son petit-fils ouvre une salle dans le Val-de-Marne Elle lui constitue un stock déquipement, gratos.
Mais cest qui, cette dame ?
Une ancienne championne dEurope dhaltérophilie chez les séniors Faites gaffe, les gars, elle est redoutable !

Grégory baissa la tête :
Trop tard, patron on sest fait avoir.

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L’ARNAQUE DE LA MAMIE MUSCLÉE Quand cette femme d’âge mûr est entrée dans le centre de remise en fo…
Voyage vers le bonheur : un nouveau départ pour deux amoureux français Élise s’envolait vers l’homme qu’elle aimait, portée par les ailes du bonheur. Enfin, son fils avait terminé le lycée et venait d’être admis à la Sorbonne. À présent, elle et son mari pouvaient vivre ensemble, après tant d’années d’attente. Après avoir conduit son fils à ses études, le même jour, elle acheta un billet de train et partit retrouver Jean. Leur mariage n’avait que deux ans, mais ils se connaissaient comme s’ils avaient partagé une vie entière. Ce n’était pas un chemin facile pour leur couple. Tout avait commencé lentement, ils avaient traversé bien des épreuves, mais le destin leur promettait un avenir uni. Du moins, Élise en était convaincue. Ils s’étaient rencontrés huit ans plus tôt. À l’époque, elle venait à peine de tourner la page sur son divorce et ne laissait personne s’approcher d’elle, jusqu’à sa rencontre avec Jean. Même avec lui, elle était hésitante au début. Il avait dû déployer des efforts pour lui prouver qu’il n’était pas comme son ex, Pierre. Six mois d’histoire avant de décider de vivre ensemble. Jean s’installa chez Élise, car dans son studio à Paris, il aurait été trop à l’étroit pour accueillir toute la famille. Élise avait un fils de dix ans, sage mais qui n’avait pas immédiatement trouvé un terrain d’entente avec son beau-père. Jeux de famille Après trois ans de vie commune, Jean commença à évoquer le mariage, mais Élise n’était pas enthousiaste. Elle pensait que ces papiers n’avaient plus d’utilité. Et puis, cela ne protégeait pas du mensonge, que l’on soit homme ou femme. Elle se disait heureuse ainsi, sans rien changer. Jean accepta d’abord sa position, puis comprit qu’il en voulait davantage. Il souhaitait voir Élise devenir sa femme dans tous les sens du terme. Il lui lança un ultimatum : le mariage ou la rupture. Élise n’apprécia pas ses insistances et décida qu’il valait mieux se séparer. Ils le firent, pendant six mois. Pendant ce temps, Jean rejoignit Lyon, où un ami lui avait proposé un poste bien payé. Il ne revenait à Paris qu’une fois tous les deux mois pour voir ses parents. Et un jour, lors de l’une de ces visites, il croisa de nouveau Élise. Elle se promenait dans le Jardin du Luxembourg, rayonnante de bonheur et d’insouciance, jusqu’à ce que leurs regards se croisent. Dans ses yeux, il voyait qu’elle ressentait tout ce que lui-même avait dans le cœur. Elle l’aimait encore. Impossible de le cacher. Ils reprirent leur relation, mais à distance, cette fois. Parfois elle lui rendait visite à Lyon, parfois c’était lui qui venait à Paris. Chaque rendez-vous était planifié avec soin, mais ils étaient à chaque fois remplis de chaleur et de passion. En général, ils se voyaient une fois par mois, rarement deux. Jean lui proposa souvent de venir s’installer chez lui. Il avait réussi à acheter un deux pièces à Lyon, même s’il payait encore le crédit. Élise le souhaitait ardemment, mais elle ne pouvait pas bouleverser sa vie aussi abruptement. Son fils était adolescent, il avait besoin d’elle. Sa mère était aussi malade et nécessitait des soins. Pendant plus de deux ans, Élise s’était battue pour la remettre sur pied, et enfin, son état s’était amélioré. « Vous pouvez revivre ! » s’était réjoui le médecin lors de sa sortie de l’hôpital. Madame Dubois ne retenait plus sa fille près d’elle, mais Alexis entrait au lycée : il ne voulait pas changer d’école et avait demandé à sa mère d’attendre la fin des études. Il fallut faire des compromis. L’été avant qu’Alexis n’entre en terminale, Élise et Jean se marièrent enfin. Voyant à quel point son mari était heureux, elle regretta de ne pas avoir accepté plus tôt, mais à quoi bon pleurer sur le passé ? Désormais, on peut dire qu’ils vivaient un « mariage de week-end », s’il n’y avait pas des centaines de kilomètres entre eux. Aujourd’hui, Alexis avait été admis à l’université. Élise était fière de son fils et consciente qu’elle pouvait enfin se consacrer à sa vie personnelle. Elle n’avait rien dit à Jean de son intention de s’installer chez lui, voulant lui faire la surprise. Il se doutait que ce jour viendrait, mais sans connaître la date exacte. Élise boucla sa valise, prit le train puis le métro jusqu’à Lyon, impatiente d’en faire une journée inoubliable pour Jean. Elle s’imaginait déjà en lingerie de dentelle, dispersant des pétales de roses sur le lit fraîchement fait, préparant un dîner savoureux et attendant le retour de son époux du travail. Elle avait rêvé chaque détail pendant le voyage. Elle était certaine que Jean serait ravi de cette surprise, mais elle n’imaginait pas que la surprise serait pour elle… Clé en main, Élise ouvrit la porte de l’appartement de Jean et resta figée. Deux yeux bleus la fixaient – une jeune femme rousse, belle et très jeune. « Qui es-tu ? » demanda-t-elle à l’inconnue. « Je m’appelle Valérie. Oh, tu dois être Élise. Désolée, je m’en vais tout de suite ! » « Que veux-tu dire, tu t’en vas ? Qui es-tu ? » s’énerva Élise. « S’il te plaît, ne t’énerve pas. Je suis la maîtresse de ton mari ! » « Quoi ? La maîtresse de mon mari ? Tu… » Élise referma la porte, laissant derrière elle tout ce en quoi elle avait cru, résolue à tracer un nouveau chemin, seule.