Il y a longtemps, j’ai partagé plus de quinze ans de ma vie avec mon époux, notre chemin ensemble débutant à Lyon. Après notre mariage, nous vivions chez ma belle-mère et tous deux travaillions à la fabrique du quartier. Un jour, on nous attribua une chambre dans un foyer douvriers, et nous quittâmes enfin la maison familiale pour voler de nos propres ailes. La vie semblait paisible, et je compris que mon mari aurait besoin d’obtenir un diplôme pour espérer gravir les échelons. Je l’ai convaincu de sinscrire à luniversité, mais cest moi qui rédigeais ses dossiers, ses dissertations, ses mémoires. Lorsquil reçut son diplôme et le présenta à son employeur, il obtint une promotion immédiate. Je me réjouissais de son succès.
Pour ma part, ma carrière se révélait difficile. Bien que diplômée de la Sorbonne, je me retrouvais constamment en congé maternité. Après la naissance de mon fils, je suis tombée enceinte de ma fille, prénom que lon ne retrouve quen France, Laurette. Avec le temps, jai repris le travail, mais les enfants étaient souvent malades, et il me fallait prendre des arrêts maladie.
Cela ne mattristait pas. Jétais malchanceuse côté travail, mais chanceuse en famille. Mon mari travaillait sans relâche, rentrant tard à la maison. Quelques mois plus tard, nous avons pu acheter un grand appartement à Marseille. Les enfants étaient ravis, chacun ayant enfin sa propre chambre. Mais je voyais mon mari de moins en moins. Un jour, jai croisé une ancienne collègue, Élodie, qui ma confié que son mari la trompait avec son stagiaire : « Tu sais, ils ne se cachent même pas. Parfois en pleine journée, il se ferme dans son bureau. Il lui offre des cadeaux devant tout le monde, et il la même déjà enlacée. Tu devrais le quitter, il na aucune honte. »
Jai alors décidé daller à lentreprise de mon mari, de parler à sa maîtresse, et de lui demander de laisser mon époux tranquille puisqu’il avait une famille et des enfants à charge. La jeune femme ma humiliée devant ses collègues, riant ouvertement de ma détresse. « Ton mari te trompe avec une femme magnifique, et toi tu pleures ? Autant te reprendre en main ! »
Un homme est sorti du bureau, cétait mon mari, furieux : « Tu es venue ici ? Tu sais tout alors ? Tant mieux, car je ne veux plus mener une double vie. Je demande le divorce demain. » Il engagea les meilleurs avocats de Paris, et prit tout ce que nous avions. Finalement, il nous jeta, les enfants et moi, à la rue, sans sinquiéter de notre avenir ni de la façon dont nous allions subsister. Mon ex-mari était absorbé par sa nouvelle passion.
Heureusement, mes parents mont soutenue. Grâce à eux, jai pu acquérir un petit appartement à Bordeaux. Jai retrouvé du travail, et notre vie reprenait doucement. Un an plus tard, mon ex-mari me contacta, exigeant mon aide. Il ne sexcusa jamais de sa trahison. Il était un homme orgueilleux qui a récolté ce quil avait semé. Il avait perdu son poste, sa nouvelle épouse lavait quitté après que sa chance lait abandonné, et un accident la mené à lhôpital. Je refusai de lui venir en aide. Après tout, il mavait abandonnée, il avait tout pris, et ne sétait jamais soucié de ses enfants, ni de moi. Il était alors temps pour moi de penser à nous et de ne plus me préoccuper de lui.






