Lorsque ma fille a donné naissance à son septième enfant, j’ai compris que c’était la fin de ma patience !

Depuis vingt ans, je cohabite avec ma fille et son mari, mais franchement, je nai plus la force de supporter tout ça.
Jai 65 ans, et je suis la grand-mère (épuisée) de sept petits-enfants. Beaucoup pourraient menvier, et moi aussi, jaurais trouvé ça merveilleux si je nétais pas obligée de jouer les nounous à plein temps et davoir les oreilles en permanence agressées par des cris dignes dune cour de récréation. Quant à ma fille, Camille, elle semble avoir oublié quelle a donné naissance à une véritable équipe de football.
Quand la sixième petite-fille est arrivée, jai pris Camille à part pour un grand entretien. Je ne mimaginais pas devoir parler contraception avec ma propre fille de 35 ans, croyez-moi. Mais non avec le septième en route, jai cru que la terre se mettait à tourner à lenvers. Notre maison, avec ses cinq pièces (qui ne ressemblent plus à grand-chose dailleurs), abrite maintenant neuf personnes. Lintimité ? Un vague souvenir.
Sans vouloir me vanter, cest grâce aux années de travail acharné de mon mari et de moi-même que nous avons pu construire cette maison et acheter un petit terrain en périphérie de Nantes. Aujourdhui, mon gendre, Quentin, se la joue agriculteur sur notre lopin de terre, tandis que Camille lassiste avec dévouement… et moi ? Eh bien, je passe mes journées à la cuisine, digne cheffe étoilée pour cette gigantesque « colonie de vacances permanente ». Les enfants grandissent à la vitesse de léclair, ils ont tous un appétit dogre et le gratin réchauffé ? Personne nen veut, voyons, vive le frais !
Quand la sixième petite sest pointée, jai cru que Camille saisirait enfin que javais besoin de souffler un peu, déchapper aux pleurs et aux couches à changer mais non, le message sest perdu dans la tempête.
Heureusement, jai un frère, Bernard, qui vit seul à Tours depuis que sa fille est partie vivre au Canada. On se donnait régulièrement des nouvelles, histoire de sévader un peu.
Un soir, Bernard me téléphone. Il ne se sent pas en forme et me demande si je peux passer quelques jours. Jétais inquiète, certes, mais aussi secrètement ravie déchapper à ma ruche familiale. Depuis que je séjourne chez lui, il va beaucoup mieux… et moi aussi, pour être honnête. Je me rappelle enfin que jadore lire, écouter France Musique, regarder de vieux films avec Louis de Funès… Bref, je déguste tardivement ma vieillesse, sans attendre que mes petits-enfants daignent me laisser plus de cinq minutes de liberté.
Et voilà, Camille mappelle tous les jours : « Maman, reviens, je ny arrive pas » Jentends déjà le brouhaha dici. Mais sérieusement, suis-je censée rentrer tout de suite me sacrifier à nouveau, ou ai-je enfin le droit de profiter un peu de la vie ? Jhésite… et pour la première fois depuis longtemps, cette hésitation me donne le sourire.

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Lorsque ma fille a donné naissance à son septième enfant, j’ai compris que c’était la fin de ma patience !
Refusant d’être la nourrice gratuite de sa nièce, la belle-sœur l’accuse d’égoïsme.