Moi aussi, je rêve d’être heureuse Merci pour votre soutien, vos likes, votre bienveillance et vos commentaires sur mes récits, vos abonnements et un immense merci de la part de moi et de mes cinq chats pour vos dons généreux. N’hésitez pas à partager les histoires que vous aimez sur les réseaux sociaux — cela fait chaud au cœur à l’auteure ! Une femme un peu plus âgée que la quarantaine avait complètement perdu goût à la vie. Elle travaillait comme sage-femme à la maternité, et son métier était la seule chose qui lui apportait encore une lueur de joie, car elle vivait seule. Son mari était décédé dans l’exercice de ses fonctions, il était policier. Ils n’avaient passé que deux ans ensemble et leur fils est né trois mois après sa disparition. Elle a élevé seule son fils, qui est maintenant adulte, marié, vit et travaille dans une autre ville, il a sa propre vie et tout va bien pour lui. Gaspard passe parfois voir sa mère pour quelques jours, il l’appelle souvent, mais elle reste seule malgré tout… Ses collègues jalousaient sa liberté — elle vivait pour elle-même, mais cette solitude la rongeait. Lors des pauses déjeuner, les autres racontaient les tracas et les joies de leur vie familiale. Elle, elle n’avait rien à raconter — chez elle, ce n’était que du vide, elle n’avait pas envie de rentrer le soir… Lyse écoutait ces conversations, hochait la tête, parfois s’étonnait de ce que lui confiaient ses collègues, mais elle se surprenait à les envier dans son cœur. Sa liberté ne lui apportait aucune joie. Elle se souvenait encore de son mari, de ses yeux amoureux, de ses mains. Ce court amour, intense et brutalement interrompu, avait laissé une blessure profonde dans son âme, qui ne voulait pas cicatriser. Le seul endroit où elle ressentait la plénitude et la saveur de la vie, c’était au travail. Il y a quelques jours, elle a accompagné l’accouchement d’une toute jeune fille. Une adorable petite fille est née, mais sa mère, encore adolescente, n’en éprouvait aucune joie. Elle restait allongée, tournée vers le mur, sans rien dire. — Bonjour, maman, — dit Lyse exprès, comme on appelait ici les jeunes mamans heureuses. Mais ces mots semblèrent l’agacer et, sans ouvrir les yeux, la jeune fille répliqua : — Laissez-moi… On n’a rien à se dire, inutile de perdre votre temps. J’ai prévenu, je ne veux pas de cet enfant. Je ne veux pas la voir, ni la garder. J’ai d’autres projets pour ma vie… Lyse tenta encore de dire quelque chose, mais la jeune fille se détourna et resta silencieuse. En sortant bouleversée de la chambre, Lyse croisa l’infirmière, qui haussa les épaules et, avec un geste éloquent du doigt sur la tempe, désigna la jeune mère refusant son bébé : — On en a déjà eu une comme ça, elle voulait séduire un homme marié qu’elle croyait fortuné, mais il était fauché. L’enfant ne l’intéressait donc plus ; ça arrive, tu sais… Lyse avait déjà vu des situations similaires durant ses vingt ans de carrière, mais en général, les jeunes femmes finissaient par garder leur bébé. Mais celle-ci semblait décidée. Sans trop savoir pourquoi, Lyse retourna voir la petite abandonnée. Elle faillit heurter le pédiatre, le Dr Constantin Leclerc, en entrant. Dans la nurserie, tout était calme : les bébés dormaient après leur repas. Elle s’approcha prudemment du berceau de la petite dont la maman avait renoncé, quand soudain, la fillette ouvrit les yeux. Lyse se figea — elle allait pleurer, réveillant tous les bébés ? Mais la petite la regarda de ses grands yeux graves et sages, comme si elle comprenait déjà tout. — Quelle merveille cette petite fille… Lyse sursauta légèrement, interrogée à voix basse par le Dr Leclerc. Les collègues taquinaient parfois Lyse sur le fait que le pédiatre semblait s’intéresser à elle, mais elle souriait seulement. C’était un bon médecin, mais rien de plus pour elle. — Elle est adorable, n’aie pas peur, — le médecin caressa gently la petite, puis jeta à Lyse un regard étrange, la troublant… Dès lors, Lyse se mit à rendre visite presque chaque jour à la petite. Elle avait l’impression que le bébé la reconnaissait déjà, et ce regard, pour la première fois depuis des années, réchauffait timidement son cœur. — Tu passes tout ton temps à la nursery ? — s’étonnèrent ses collègues, — pour le docteur ou pour la petite ? — Non, c’est pour la petite abandonnée, c’est elle qu’elle va voir. — Tu comptes l’adopter ? Sa mère a signé l’abandon hier… elle est déjà partie. — Fais attention, tu vas t’attacher, et la petite partira vite… Adopter ! Cette idée réchauffait secrètement l’âme de Lyse. Inconsciemment, l’idée avait déjà germé, car dès qu’une collègue la formula, cela fit écho en elle. Il ne restait que peu de temps : les bébés abandonnés restaient à la maternité un mois, puis étaient confiés à la pouponnière, parfois même dans une autre ville, adoptés ailleurs. Paniquée, Lyse entama une procédure d’adoption. Son dossier était solide, mais le fait d’être célibataire avantageait les couples mariés. Alors, Lyse eut une idée audacieuse. Elle sentait que le Dr Leclerc avait des sentiments pour elle, connaissait son logement excentré et son temps de trajet. Mais elle avait besoin d’un mari – du moins temporairement… — Docteur Leclerc, j’ai une proposition : voulez-vous prendre une chambre chez moi, près de la maternité ? — proposa Lyse. — Mais à une condition : accepteriez-vous de m’épouser, temporairement ? Je veux adopter la petite, mais seule, je risque d’être refusée. — Voilà qui est inattendu… mais… j’accepte, — sourit le docteur avec un regard énigmatique. Il s’approcha, l’embrassa doucement. Lyse en resta interdite ; quelqu’un passait dans le couloir — les rumeurs n’allaient pas tarder… — C’est pour que ce soit crédible, que personne ne soupçonne rien, — expliqua tranquillement le médecin. Lyse n’avait rien à redire… Le soir, en s’endormant, Lyse pensa tendrement à « sa » petite fille, celle qu’elle considérait déjà comme la sienne. Et aussi à ce baiser inattendu de Constantin, qu’elle n’osait s’avouer avoir aimé… Ils se marièrent simplement, et fêtèrent l’événement à la maternité avec leurs collègues. Tout le monde était heureux : Lyse et Constantin avaient déposé leur dossier d’adoption ! Lyse est désormais mariée, leur petite fille grandit, et elle n’a plus le temps d’être triste. Son Constantin est vraiment un homme bien et bon, elle l’a toujours su. Mais aujourd’hui, l’amour a enfin surgi dans son cœur. Elle recommence à aimer la vie, à chérir sa fille, à savourer chaque moment, à aimer… aimer cet homme à qui elle a eu l’audace de proposer le mariage. Constantin, Marina et Lyse — une vraie famille Lyse avait si fort souhaité devenir heureuse… qu’elle y est arrivée, pour de vrai !

Envie de retrouver le bonheur

Merci pour votre soutien, pour vos petits mots, vos « Jaime », vos commentaires bienveillants sur mes récits, vos abonnements, et un merci immense pour vos dons de la part de moi-même et de mes cinq chats adorés.
Nhésitez pas à partager mes histoires sur vos réseaux sociaux cest aussi très gratifiant pour un auteur !

Une femme de quarante ans passés avait perdu tout goût pour la vie.

Elle travaillait comme sage-femme à lhôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, et son travail était la seule source de joie qui lui restait. Elle habitait seule.

Son mari avait trouvé la mort en service dans la police nationale. Ils navaient vécu ensemble que deux ans ; leur fils, Julien, était né trois mois après ce terrible accident. Elle lavait élevé seule. Désormais adulte, il était marié, travaillait à Lyon et menait sa propre vie, heureuse et bien remplie.

Julien venait rendre visite à sa mère de temps en temps, restait rarement longtemps, mais il lappelait souvent. Pourtant, elle demeurait seule…

Ses collègues lui enviaient sa liberté elle vivait à son rythme mais Claire souffrait de solitude. Elles, durant la pause déjeuner, parlaient de leurs enfants, de leurs soucis, de petits bonheurs du quotidien.

Elle, Claire, navait pas grand-chose à ajouter, rien ne lui venait à lesprit le vide, elle navait même pas envie de rentrer chez elle

Claire écoutait les conversations, opinait parfois, étonnée par certaines histoires ; au fond, elle se surprenait à envier la vie de ses collègues.

Cette liberté qui la rendait jalousée ne lui était daucune joie.

Elle gardait en mémoire son mari, la tendresse de son regard, la chaleur de ses mains.

Cet amour bref, foudroyant, tragiquement interrompu, avait laissé une blessure béante en elle qui ne voulait pas cicatriser.

Seul son métier lui permettait encore de ressentir pleinement la vie.

Il y a quelques jours, elle a assisté à laccouchement dune toute jeune fille. Celle-ci a donné naissance à une jolie petite fille, mais la jeune maman, à peine sortie de ladolescence, semblait effondrée ; elle restait tournée vers le mur, silencieuse.

Bonjour, jeune maman, murmura Claire en lappelant dun mot doux, comme elles le disaient aux nouvelles mamans heureuses. Mais la fille tressaillit à ses mots et, sans ouvrir les yeux, répondit avec froideur :

Partez, je nai rien à vous dire. Cest inutile de perdre votre temps. Jai tout de suite dit que je ne voulais pas de cet enfant. Je ne veux pas la voir, je ne la reprendrai pas. Jai dautres projets…

Claire tenta de la rassurer, de lencourager, mais la jeune fille lignora et se mura dans le silence.

Déconcertée, Claire sortit de la chambre. Une infirmière de garde croisa son regard, haussa les épaules et, dun geste vers sa tempe en direction de la chambre, souffla :

On en a déjà vu, des cas comme ça. Il y en avait une, il y a quelque temps, espérait soustraire un homme à sa famille parce quelle pensait quil était riche. Finalement il ne létait pas, et lenfant lui était devenu indifférent. On voit de tout

Claire, en vingt ans de carrière, en avait déjà connu quelques-unes, mais cétait rare : dhabitude, les mères finissaient par garder leur bébé malgré la détresse initiale.

Mais celle-ci semblait décidée. Déterminée à abandonner son enfant.

Sans trop savoir pourquoi, Claire ressentit le besoin daller voir la toute petite laissée pour compte.

À peine avait-elle franchi la porte de lunité néonatale quelle manqua de heurter le Dr. Constantin Lefèvre, pédiatre. Dans le service, tout était paisible ; les bébés venaient dêtre nourris et dormaient calme.

Claire sapprocha doucement du berceau de la fillette abandonnée. Soudain, la petite remua les cils et ouvrit de grands yeux.

Claire resta figée, émue, redoutant que ses larmes néveillent tout le dortoir. Mais la petite la fixait avec un regard si profond, si sérieux, quil semblait déjà tout comprendre du monde.

Petite merveille souffla-t-elle, à voix basse.

Elle sursauta, surprise par la discrétion avec laquelle le Dr. Constantin sétait approché.

Les collègues gloussaient parfois en insinuant que le pédiatre ne la laissait pas indifférente, mais Claire ne lui portait pas plus dattention quà un autre. Il était un excellent médecin, voilà tout.

Elle est magnifique, naie pas peur, dit-il en caressant affectueusement la fillette puis il gratifia Claire dun regard étrange, comme une question muette qui la troubla.

À partir de ce jour, Claire prit lhabitude de passer presque tous les jours voir la petite.

Elle se persuadait que la fillette commençait à la reconnaître. Ce regard, pour la première fois depuis si longtemps, lui apportait un peu de chaleur au cœur.

Tu passes ta vie à la pouponnière maintenant ? remarquèrent un jour ses collègues. Pour voir le docteur ?

Mais non, elle va jusquà la petite abandonnée, là.

Tu songes à la prendre ? Hier la mère a signé labandon, elle est déjà repartie

Tu as tort, tu vas tattacher, et bientôt elle partira

Lidée de ladopter ! Voilà ce qui remuait Claire intérieurement, sans quelle lait formulé. Maintenant que cétait dit à voix haute, elle comprit soudain que cétait exactement ce quelle désirait.

Le temps pressait ; les bébés abandonnés restaient un mois en maternité, puis rejoignaient lorphelinat de la ville, parfois même dans une autre région, et étaient alors proposés à ladoption.

Claire eut peur, et déposa aussitôt un dossier pour adopter la petite. Elle remplissait toutes les conditions, sauf une : sa situation de célibataire donnait lavantage à un couple marié.

Alors, une idée folle germa dans son esprit.

Elle savait que Constantin lui portait de laffection. Il louait un modeste appartement en banlieue, passant chaque jour deux heures dans les transports pour venir travailler.

Il lui fallait un mari, en urgence Après, ils pourraient bien divorcer, cela importerait peu

Constantin, jai une proposition à vous faire. Vous cherchez à vous rapprocher de lhôpital ? Je peux vous louer une chambre, ce nest pas loin

Mais il y aurait une condition : accepteriez-vous de mépouser provisoirement ? Jaimerais adopter cette petite fille mais je crains quon ne laccorde pas à une femme seule.

Voilà qui est pour le moins inattendu, sourit Constantin, le regard mystérieux, mais jaccepte.

Il se rapprocha alors, et, à la surprise de Claire, lembrassa tendrement sur la joue.

Émue, déconcertée (un collègue passa furtivement !), elle ne trouva rien à redire.

Cétait pour que ça paraisse crédible, chuchota-t-il avec humour. Claire nosa pas répliquer.

Ce soir-là, en sendormant, Claire pensa avec tendresse à la fillette quelle considérait déjà comme sa fille. Elle repensa aussi à ce baiser maladroit de Constantin et, bouleversée, dut bien avouer quelle avait ressenti un plaisir inattendu

Ils se marièrent rapidement. Pour fêter ça, ils organisèrent un petit pot improvisé avec les collègues dans le service maternité. Tous étaient ravis pour eux, dautant plus quils savaient déjà que Claire et Constantin avaient déposé un dossier dadoption.

Claire se trouva soudain femme mariée, mère comblée, et bien trop occupée pour ressasser la tristesse.

Constantin, honnête et généreux, avait toujours eu toute son estime ; mais, à sa propre surprise, elle sentit naître en elle, doucement, un amour nouveau.

Pour la première fois depuis tant dannées, elle avait enfin envie de vivre, délever leur fille, de saisir toute la douceur de la vie, daimer aimer pleinement cet homme à qui elle avait eu le courage de demander sa main.

Constantin, la petite Élodie et Claire : une famille.

Claire a tellement aspiré au bonheur quelle a fini par laccueillir sincèrement.

Aujourdhui, en refermant ce carnet, je me rends compte que, parfois, en osant regarder droit dans la solitude, on finit par y découvrir une lumière inattendue. Il faut croire en la tendresse, oser ouvrir son cœur et laisser entrer le bonheur quand il frappe silencieusement à votre porte.

Rate article
Add a comment

;-) :| :x :twisted: :smile: :shock: :sad: :roll: :razz: :oops: :o :mrgreen: :lol: :idea: :grin: :evil: :cry: :cool: :arrow: :???: :?: :!:

16 − fifteen =

Moi aussi, je rêve d’être heureuse Merci pour votre soutien, vos likes, votre bienveillance et vos commentaires sur mes récits, vos abonnements et un immense merci de la part de moi et de mes cinq chats pour vos dons généreux. N’hésitez pas à partager les histoires que vous aimez sur les réseaux sociaux — cela fait chaud au cœur à l’auteure ! Une femme un peu plus âgée que la quarantaine avait complètement perdu goût à la vie. Elle travaillait comme sage-femme à la maternité, et son métier était la seule chose qui lui apportait encore une lueur de joie, car elle vivait seule. Son mari était décédé dans l’exercice de ses fonctions, il était policier. Ils n’avaient passé que deux ans ensemble et leur fils est né trois mois après sa disparition. Elle a élevé seule son fils, qui est maintenant adulte, marié, vit et travaille dans une autre ville, il a sa propre vie et tout va bien pour lui. Gaspard passe parfois voir sa mère pour quelques jours, il l’appelle souvent, mais elle reste seule malgré tout… Ses collègues jalousaient sa liberté — elle vivait pour elle-même, mais cette solitude la rongeait. Lors des pauses déjeuner, les autres racontaient les tracas et les joies de leur vie familiale. Elle, elle n’avait rien à raconter — chez elle, ce n’était que du vide, elle n’avait pas envie de rentrer le soir… Lyse écoutait ces conversations, hochait la tête, parfois s’étonnait de ce que lui confiaient ses collègues, mais elle se surprenait à les envier dans son cœur. Sa liberté ne lui apportait aucune joie. Elle se souvenait encore de son mari, de ses yeux amoureux, de ses mains. Ce court amour, intense et brutalement interrompu, avait laissé une blessure profonde dans son âme, qui ne voulait pas cicatriser. Le seul endroit où elle ressentait la plénitude et la saveur de la vie, c’était au travail. Il y a quelques jours, elle a accompagné l’accouchement d’une toute jeune fille. Une adorable petite fille est née, mais sa mère, encore adolescente, n’en éprouvait aucune joie. Elle restait allongée, tournée vers le mur, sans rien dire. — Bonjour, maman, — dit Lyse exprès, comme on appelait ici les jeunes mamans heureuses. Mais ces mots semblèrent l’agacer et, sans ouvrir les yeux, la jeune fille répliqua : — Laissez-moi… On n’a rien à se dire, inutile de perdre votre temps. J’ai prévenu, je ne veux pas de cet enfant. Je ne veux pas la voir, ni la garder. J’ai d’autres projets pour ma vie… Lyse tenta encore de dire quelque chose, mais la jeune fille se détourna et resta silencieuse. En sortant bouleversée de la chambre, Lyse croisa l’infirmière, qui haussa les épaules et, avec un geste éloquent du doigt sur la tempe, désigna la jeune mère refusant son bébé : — On en a déjà eu une comme ça, elle voulait séduire un homme marié qu’elle croyait fortuné, mais il était fauché. L’enfant ne l’intéressait donc plus ; ça arrive, tu sais… Lyse avait déjà vu des situations similaires durant ses vingt ans de carrière, mais en général, les jeunes femmes finissaient par garder leur bébé. Mais celle-ci semblait décidée. Sans trop savoir pourquoi, Lyse retourna voir la petite abandonnée. Elle faillit heurter le pédiatre, le Dr Constantin Leclerc, en entrant. Dans la nurserie, tout était calme : les bébés dormaient après leur repas. Elle s’approcha prudemment du berceau de la petite dont la maman avait renoncé, quand soudain, la fillette ouvrit les yeux. Lyse se figea — elle allait pleurer, réveillant tous les bébés ? Mais la petite la regarda de ses grands yeux graves et sages, comme si elle comprenait déjà tout. — Quelle merveille cette petite fille… Lyse sursauta légèrement, interrogée à voix basse par le Dr Leclerc. Les collègues taquinaient parfois Lyse sur le fait que le pédiatre semblait s’intéresser à elle, mais elle souriait seulement. C’était un bon médecin, mais rien de plus pour elle. — Elle est adorable, n’aie pas peur, — le médecin caressa gently la petite, puis jeta à Lyse un regard étrange, la troublant… Dès lors, Lyse se mit à rendre visite presque chaque jour à la petite. Elle avait l’impression que le bébé la reconnaissait déjà, et ce regard, pour la première fois depuis des années, réchauffait timidement son cœur. — Tu passes tout ton temps à la nursery ? — s’étonnèrent ses collègues, — pour le docteur ou pour la petite ? — Non, c’est pour la petite abandonnée, c’est elle qu’elle va voir. — Tu comptes l’adopter ? Sa mère a signé l’abandon hier… elle est déjà partie. — Fais attention, tu vas t’attacher, et la petite partira vite… Adopter ! Cette idée réchauffait secrètement l’âme de Lyse. Inconsciemment, l’idée avait déjà germé, car dès qu’une collègue la formula, cela fit écho en elle. Il ne restait que peu de temps : les bébés abandonnés restaient à la maternité un mois, puis étaient confiés à la pouponnière, parfois même dans une autre ville, adoptés ailleurs. Paniquée, Lyse entama une procédure d’adoption. Son dossier était solide, mais le fait d’être célibataire avantageait les couples mariés. Alors, Lyse eut une idée audacieuse. Elle sentait que le Dr Leclerc avait des sentiments pour elle, connaissait son logement excentré et son temps de trajet. Mais elle avait besoin d’un mari – du moins temporairement… — Docteur Leclerc, j’ai une proposition : voulez-vous prendre une chambre chez moi, près de la maternité ? — proposa Lyse. — Mais à une condition : accepteriez-vous de m’épouser, temporairement ? Je veux adopter la petite, mais seule, je risque d’être refusée. — Voilà qui est inattendu… mais… j’accepte, — sourit le docteur avec un regard énigmatique. Il s’approcha, l’embrassa doucement. Lyse en resta interdite ; quelqu’un passait dans le couloir — les rumeurs n’allaient pas tarder… — C’est pour que ce soit crédible, que personne ne soupçonne rien, — expliqua tranquillement le médecin. Lyse n’avait rien à redire… Le soir, en s’endormant, Lyse pensa tendrement à « sa » petite fille, celle qu’elle considérait déjà comme la sienne. Et aussi à ce baiser inattendu de Constantin, qu’elle n’osait s’avouer avoir aimé… Ils se marièrent simplement, et fêtèrent l’événement à la maternité avec leurs collègues. Tout le monde était heureux : Lyse et Constantin avaient déposé leur dossier d’adoption ! Lyse est désormais mariée, leur petite fille grandit, et elle n’a plus le temps d’être triste. Son Constantin est vraiment un homme bien et bon, elle l’a toujours su. Mais aujourd’hui, l’amour a enfin surgi dans son cœur. Elle recommence à aimer la vie, à chérir sa fille, à savourer chaque moment, à aimer… aimer cet homme à qui elle a eu l’audace de proposer le mariage. Constantin, Marina et Lyse — une vraie famille Lyse avait si fort souhaité devenir heureuse… qu’elle y est arrivée, pour de vrai !
Assez, c’est assez ! – Quand la belle-mère franchit les limites et que la maman moderne relève enfin la tête — Nathalie, tu as complètement arrêté de passer l’aspirateur ? J’ai les yeux qui pleurent à force de toute cette poussière. Regarde, on dirait un tapis, là… Nathalie serra les poings sous la table tandis qu’Olga Pavlovna, sa belle-mère, inspectait leur appartement avec l’œil acéré d’une contrôleuse d’hygiène. Depuis trois ans, chaque visite s’apparentait à un procès, chaque remarque sur le ménage, la cuisine ou l’éducation des enfants devenait une épreuve impossible à réussir. Mais ce jour-là, après une énième critique acerbe et la sempiternelle comparaison avec la parfaite Marie – la belle-fille modèle – quelque chose s’est brisé chez Nathalie. — Dites-moi, Olga Pavlovna : quand vous êtes devenue épouse, êtes-vous venue vivre chez votre mari, ou c’est lui qui est venu chez vous ? Parce que Victor est venu vivre ici. Dans cet appartement à moi. Payé avec mon salaire – gagné en « tripotant des paperasses devant l’ordinateur », comme vous dites si bien. Devant la stupéfaction de sa belle-mère, c’est toute une mise au point qui s’engage sur le respect, l’indépendance, le partage des tâches et les vrais rôles de chacun. Quand Victor, son mari, rentre au milieu de la scène, il découvre enfin le poids que supporte sa femme – et fait le choix, définitivement, de la soutenir. Dans cette famille française ordinaire, c’est le clash entre générations, mentalités et façons d’aimer. Mais pour la première fois, une mère moderne prend la parole, pose ses limites et gagne le respect qui lui revient. Un récit mordant, drôle et libérateur sur les petites violences du quotidien, le courage de dire stop, et l’importance de choisir – ensemble – la paix dans son foyer.