Mariée depuis un an, j’ai découvert ma belle-mère le jour de la mairie : Malgré la promesse de ne pas s’immiscer, elle se plaint à tout le voisinage de mes habitudes de femme au foyer et du fait que je donne de la viande crue à mon chien — Mon mari trouve ça anodin, mais maintenant qu’on doit habiter chez ses parents, je me demande s’il ne serait pas mieux de rentrer chez les miens, quitte à ce qu’il me rejoigne… ou pas !

Je suis mariée depuis un an. Avant notre mariage, mon mari mavait assuré que sa mère avait promis de ne jamais simmiscer dans notre vie de couple. Dailleurs, je nai rencontré ma belle-mère que le jour où nous sommes allés à la mairie pour nous marier.

Au début, tout se passe bien. Ma belle-mère tient sa promesse, en partie. En fait, mon mari et moi louons un appartement, mais il se trouve juste à côté de chez ses parents. Ainsi, ma belle-mère ne vient pas me déranger avec ses remarques à la maison. Mais malheureusement, elle prend soin de raconter à tout le quartier que je suis une piètre ménagère : je laisse parfois la vaisselle sale dans lévier ; je cuis la viande dans leau sans jeter la première eau, et puis il y a plein dautres choses dans le genre. Mais ce qui la le plus choquée, cest que je donne de la viande crue à mon chien, au lieu de la faire cuire.

Au final, daprès elle, je fais tout de travers. Cest ma voisine, Madame Dubois, qui ma rapporté toutes ces critiques. Jen ai parlé à mon mari. Il a ri et ma dit de ne pas prêter attention à tout ça. Apparemment, il a tout répété à sa mère, parce que depuis, elle traverse la rue quand elle me voit. Je lui ai demandé pourquoi sa mère ne mappréciait pas. Il ma répondu quà ses yeux, je ne lui montre pas assez de respect. Je ne comprends pas pourquoi.

Simplement, je nai pas adopté sa manière de vivre. Pourquoi devrais-je abandonner mes propres habitudes pour suivre les siennes ? Selon elle, cest normal, puisque je ne vis pas « chez moi ». Alors mon mari lui a posé la question :

Et chez qui habite-t-elle alors ?

Plus tard, il ma dit :

Si on vivait chez tes parents, ta mère fixerait les règles dans la cuisine ; chez les miens, ce serait la mienne. Mais ici, cest nous qui décidons. En fait, cest toi qui choisis comment on vit.

Cest pour cela que jaime mon mari, il a toujours une façon juste de voir les choses.

Des réflexions, cest bien, mais bientôt nous devrons habiter quelque temps chez ses parents. Je sens déjà que je ne trouverai pas ma place. Du coup, je me dis que jirai habiter chez mes parents. Mon mari sera libre de venir avec moi sil le souhaite. Et sinon, il pourra rester chez ses parents.

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Mariée depuis un an, j’ai découvert ma belle-mère le jour de la mairie : Malgré la promesse de ne pas s’immiscer, elle se plaint à tout le voisinage de mes habitudes de femme au foyer et du fait que je donne de la viande crue à mon chien — Mon mari trouve ça anodin, mais maintenant qu’on doit habiter chez ses parents, je me demande s’il ne serait pas mieux de rentrer chez les miens, quitte à ce qu’il me rejoigne… ou pas !
Tes affaires sont devant l’ascenseur. Prends-les et pars. — Dacha, pourquoi tu t’es enfermée ? — Il souriait, mais ses yeux trahissaient une inquiétude. — J’ai changé la serrure, Romain. — Pourquoi ? — Son sourire disparut. — Parce que j’ai compris. Tes affaires sont devant l’ascenseur. Prends-les et pars. Dacha a quarante-six ans, son « Roméo » cinquante et un. On pourrait croire à une différence idéale : deux adultes, mûris par la vie, sans illusions romantiques. Dacha sort d’un divorce dont elle s’est longtemps remise, Romain a vécu deux drames… Ils formaient un beau couple. Romain ne cessait de complimenter son élue : — Ça sent bon, disait-il en mordant dans une part de tarte. — Tu es une magicienne, Dacha. — Ce n’est qu’une simple tarte aux pommes, répliquait-elle en rougissant. Mange, c’est meilleur chaud. Le seul travers de Romain qui agaçait Dacha, c’était sa manie de ressasser le passé. — Tu sais, à Lucie aussi je cuisinais. Le week-end. Je faisais des crêpes. Mais elle disait que je gâchais la farine. Tu te rends compte ? « Tu cuisines, Romain, mais tu ruines les produits. » Et puis, lors du divorce, elle a tout emporté, même les poêles. Elle disait : « C’est un cadeau de ma mère, n’y touche pas ! » — Petit esprit, commenta Dacha en secouant la tête. — Se disputer pour des poêles… — Si ce n’étaient que les poêles ! — Romain eut un sourire amer. — Elle a tout vidé. Elle a fait réécrire l’appartement à son nom pendant que je bossais à droite et à gauche pour faire vivre la famille. Elle a donné la voiture à notre fils, à peine dix-huit ans, pas de permis. Je suis sorti de chez moi avec un seul sac de sport. Au sens propre. Quelques slips, des chaussettes et une brosse à dents. À ces moments-là, Dacha le plaignait sincèrement. Comment peut-on jeter quelqu’un dehors comme un chien, après tant d’années ensemble ? — Et la seconde ? — osa-t-elle demander à voix basse, bien qu’elle connaisse l’histoire par cœur. — La seconde, on a vite compris que ce n’était pas notre destin. Quatre ans de galère. La belle-mère s’en est mêlée. On a commencé à vouloir partager les biens, mais il n’y avait rien à partage : des dettes et un enfant. Je suis parti, j’ai tout laissé. Je n’allais pas faire un procès à une femme ! Ce n’est pas mon genre. Je suis un homme, je gagnerai de nouveau. « Un homme », pensa Dacha, admirative. Noble. Un autre se serait battu pour chaque fourchette, mais lui est parti la tête haute ! — Mon appart est grand, il y a de la place, dit-elle au début de leur relation, il y a trois mois à peine. — J’ai aussi une maison de campagne. J’aurais besoin d’un homme pour bricoler. — Dacha, ça me gêne — Romain baissa les yeux. — Je ne veux pas m’imposer. Je cherche un vrai boulot, je vais me relever… — N’importe quoi. À deux, c’est plus facile. Il a fini par emménager. Des affaires, il n’en avait quasiment pas : une valise usée, deux costumes défraîchis, et un ordinateur portable. Dacha l’a entouré de soins. Elle voulait lui montrer que toutes les femmes ne sont pas des prédatrices. Avec son ex-mari, Vadim, ils s’étaient quittés sans drame — juste l’amour envolé. Ils avaient partagé l’appartement, vendu, acheté deux plus petits. Vadim payait la pension pour leur fille, la félicitait aux grandes occasions. Froid, mais correct. Romain était différent. *** Le premier signal d’alarme arriva un mois après leur installation. Une broutille, mais… Romain annonça qu’il allait acheter des charnières de placard à la quincaillerie, la porte de l’entrée pendouillait. — Je reviens vite, lança-t-il depuis le couloir. Aller-retour. Il n’est revenu que quatre heures plus tard. Sans charnières. — Tu te rends compte, c’était fermé ! — s’indigna-t-il en ôtant ses chaussures. — Inventaire, ou je ne sais quoi. J’ai fait tout Paris, impossible de trouver la bonne taille ! Dacha s’étonna : — Fermé, le Bricorama ? Un samedi ? Ils sont ouverts tout le temps. — C’est ce que j’dis ! Le bazar. Un mot sur la porte. — Étrange, fit Dacha. On verra ça plus tard. Le soir, en descendant les poubelles, elle croisa la voisine, tante Yvonne, qui luttait avec un gros sac tout droit… du Bricorama. — Pas trop lourd, Yvonne ? — lança Dacha en tenant la porte. — Pfff, tu parles ! Avec les soldes, c’est bondé là-bas ! J’ai galéré à passer à la caisse. Dacha stoppa net. — Comment ça bondé ? C’était bien fermé pour inventaire ? Tante Yvonne la regarda comme si elle perdait la tête : — Quel inventaire ? C’est ouvert comme d’hab, j’y étais y’a une heure. Dacha remonta, le cœur battant. Pourquoi un mensonge ? Il aurait pu dire qu’il avait vu un ami, pris un café, ou juste marché. Pourquoi inventer une histoire de magasin fermé ? Romain était devant la télé, zappant les chaînes. — Romain, tenta-t-elle calmement. J’ai croisé Yvonne. Elle sortait du Bricorama. Elle dit que tout était ouvert. Il ne se retourna même pas. Expression neutre. — Ah bon ? Ils ont rouvert, alors. Moi, y’avait un panneau “pause technique, 15 minutes”. J’ai attendu une demi-heure, jamais rouvert. J’suis allé au marché, pareil, que dalle. — Tu parlais d’un inventaire. Et “tout Paris”. Il se retourna enfin, réellement surpris. — Oh, tu t’attaches aux détails ! Inventaire, pause, où est la différence ? J’ai pas trouvé, voilà tout. Faut pas exagérer ! Dacha se sentit coupable. Après tout, il avait pu se tromper. Les hommes, ça ne fait jamais gaffe aux détails… Une semaine plus tard, rebelote. Romain aurait eu un entretien grâce à son ancien patron. — Job sérieux, Dacha. Le salaire — énorme, il lève un pouce. Si ça marche, t’auras un manteau en fourrure. Le soir, il revient morose. — Alors ? s’enquiert Dacha. — Eh… du pipeau. Ils promettaient monts et merveilles, mais au final, des clopinettes, horaires pourris. Je leur ai dit d’aller se faire voir. — Dommage, souffle Dacha. Qui t’a appelé, alors ? Jean-Pierre, ton ancien chef ? — Quel Jean-Pierre ? — Romain se renfrogna, l’air de ne pas comprendre. — Tu avais dit “l’ancien chef”. — Ah, non, c’était Serge, lui c’est le directeur adjoint. On s’entend bien. Mais Jean-Pierre, il est à la retraite depuis un bail — il détourna rapidement le regard. Dacha était pourtant certaine — trois jours plus tôt, il racontait que Jean-Pierre lui avait serré la main en le licenciant, promettant de le rappeler. « C’est ma mémoire qui flanche ? » pensa-t-elle. Plus tard, une notification sur le téléphone de Romain. Elle ne fouillait jamais. Mais cette fois, l’avertissement s’affiche clairement : « Chéri, tu rends quand la dette ? Ça fait un mois. C’est moche d’ignorer. » Numéro inconnu. *** Au petit déj’, Dacha aborde le sujet : — Romain, un SMS est arrivé cette nuit. Une question de prêt à rembourser. Romain s’étouffe avec son croissant. Son visage vire au rouge. — Certainement une erreur. Du spam. De nos jours y’a que des arnaqueurs… — Pourtant, ça disait “Chéri”. Il rit, mais son rire sonne forcé. — Les arnaqueurs savent y faire, hein ! Ne t’en fais pas, Dacha. Il s’empara de son téléphone et effaça nerveusement le message. — Dis donc, ma fille du premier mariage, la petite Cathy, a des soucis. Mon petit-fils est malade, il a besoin de médicaments chers. Elle a appelé, elle pleurait. Je peux pas refuser, c’est le sang, tu comprends. — Bien sûr, se tend Dacha. Tu as besoin de combien ? — Quinze mille. Personne pour me dépanner. Tu pourrais ? Dès que je bosse, je rembourse tout. Dacha le fixa. — Quinze mille… C’est quelle maladie ? — Oh, une forte allergie. Œdème, rééducation à suivre. — Je vois. Elle sortit de l’argent du tiroir. — Tiens. — Merci, ma chérie ! — Il saute, l’embrasse. — T’es en or, Cathy va prier pour toi. Toute la journée, Dacha se sent sale. Pas pour l’argent. L’argent va, vient. C’est la certitude qu’il ment. Elle se souvient que Romain avait un vieux iPad en charge. Elle connaît son code: quatre fois 1. Il lui avait dit. Elle ouvre ses messages. Trouve la conversation avec Catherine, sa fille. Dialogue bref. « Papa, le paiement de la pension, c’est pour quand ? Maman menace de saisir. On n’a rien à manger, tu passes ton temps à raconter des bobards ! » Date : hier. Réponse de Romain : « Cathy, patiente. Je berne une vieille pour lui prendre du fric, bientôt je règle tout. Presse pas. » Dacha s’affale sur le canapé. “Une dinde”… C’est elle, la dinde. Elle descend la conversation. Avec une certaine “Tania”. « Chéri, où es-tu ? J’attends. Tu avais promis pour ce soir. » Réponse de Romain : « J’arrive, bébé. La vieille m’a filé du fric pour “le petit-fils malade”. J’suis là dans une heure. » Dacha pose la tablette. Calme de glace. Tout s’imbrique. Ces “méchantes ex” qui l’ont dépouillé, ces divorces… Pas de vilaines femmes. Juste des femmes qui en ont eu marre du mensonge. Ce n’est pas une victime, c’est un parasite. Elle va à la cuisine, prend des sacs poubelle, ouvre le placard. Costumes, chemises, tout atterrit dans les sacs. Elle emballe son rasoir, brosse à dents, chargeurs, aligne les sacs lourds devant la porte. Elle change le barillet de la serrure — après douze ans de travaux, elle a appris à tout faire seule. *** Romain tente d’entrer trois heures plus tard. La clé bloque, il sonne. Dacha entrouvre, sans ôter la chaîne. — Dacha, tu t’es enfermée ? Et la serrure coince… — il sourit faiblement, les yeux inquiets. — J’ai changé la serrure, Romain. — Pourquoi ? — Son sourire s’efface. — Parce que la dinde a compris. Romain se fige. — Tu racontes quoi ? Quelle dinde ? — Celle que tu vois “pour le fric”. Tes affaires sont devant l’ascenseur. Prends-les et pars. — T’es folle ou quoi ? T’as cru qui ? J’étais chez ma fille pour les médocs ! — J’ai lu les messages, Romain. Avec Catherine. Et Tania. Il se tait. Un éclair de peur puis de rage dans ses yeux. — T’as fouillé dans ma tablette ? T’as pas le droit ! C’est mon intimité ! — hurle-t-il. — Mon intimité, c’est mon appart et mon porte-monnaie. Toi t’es un voleur et un menteur. — Tu peux te gratter ! Cria-t-il. J’ai eu pitié de toi ! Je croyais que tu savais cuisiner, mais ton bœuf bourguignon est infect ! — Va prendre tes affaires, Romain. Les 15 000, considère ça comme le cachet du spectacle. J’y gagne à la fin. Il veut répliquer, mais Dacha claque la porte. Elle entend un coup sec dans la porte et des insultes. Elle va à la cuisine. Sur la table, son mug de thé laisse une auréole terne. Elle le vide, puis jette mug et assiette à lui à la poubelle. Un message de son ex-mari. « Salut. Notre fille dit que ton robinet fuit à la maison de campagne. J’y passe samedi, je peux jeter un œil. Tu veux ? » Dacha sourit. « Salut ! Avec plaisir. Y aura tarte aux pommes. Ça va. Même mieux que prévu. » *** Le gigolo ne la laisse pas tranquille tout de suite. Il rôde, supplie, hurle, menace. Mais après un dépôt de plainte, il disparaît. Dacha n’a plus besoin de rien. Seulement du calme, du silence… et de la solitude.