Ma famille, je la construirai selon d’autres principes : L’histoire de Dina et Romain, deux lycéens que tout oppose, mais que l’amour unit envers et contre les préjugés, prouvant qu’on peut réécrire sa destinée et bâtir un avenir sur des valeurs choisies, loin des schémas familiaux imposés.

Je vais construire ma famille selon dautres valeurs

En première, jai compris que Camille, ma camarade de classe, me plaisait. Elle nétait pas comme les autres filles : jamais méchante, jamais moqueuse envers les plus faibles, toujours polie avec les professeurs, contrairement à certains.

Physiquement, Camille était charmante, avec ses cheveux châtains légèrement ondulés et ses yeux bleus, doux et rieurs. Elle nétait pas très grande, mais après les vacances dété, elle avait pris de la hauteur et sétait élargie dépaules, dépassant presque tous les garçons de la classe.

Camille, comment tas fait pour grandir autant ? demandaient les filles et les gars, tétais toujours petite, et là

Je ne sais pas trop, répondait-elle en souriant, pensant que cétait sûrement à cause de son job dété sur un chantier, mais elle préférait ne pas expliquer, de peur quon la questionne trop.

Camille avait travaillé tout lété, car son père buvait, ne ramenait jamais dargent, payait ses dettes et cachait le reste à sa mère. Sa mère était infirmière de nuit à lhôpital. Vivre sur un seul salaire était difficile, surtout que Camille grandissait vite. Sa mère le voyait bien, et Camille aussi.

Maman, tu pourrais maider à trouver un boulot pour lété ? demanda-t-elle, jaimerais macheter des vêtements et des chaussures pour la rentrée, je vois bien que papa ne sert à rien.

Ma fille, tu as vraiment mûri, soupira sa mère. Je vais demander à tante Véronique, son mari, Antoine, a une entreprise de construction, il pourra peut-être te prendre comme aide.

Antoine accepta Camille, qui travailla tout lété. Véronique disait à sa mère :

Tu sais, Antoine ne cesse de vanter ta fille : travailleuse, sérieuse, fiable et intelligente. Pas comme le nôtre, qui ne fait rien et obtient tout sans effort.

Merci, Véronique, au moins elle ne ressemble pas à son père.

Tu devrais quitter ton alcoolique, quelle vie tu mènes ? conseillait Véronique.

Je pourrais, mais où irait-il ? Je narrive pas à me décider, même si jen ai assez

La mère de Camille était très compatissante, elle nourrissait tous les chats et chiens errants du quartier. Cest pour ça quelle narrivait pas à divorcer.

Quand jai vu Camille le premier septembre au lycée, jai été surpris.

Incroyable comme elle a changé ! Grande, en pleine forme, bien habillée, même si on dit que son père boit, les filles de la classe chuchotaient en voyant cette beauté.

Camille se distinguait aussi des autres. Belle, avec de longs cheveux bruns et des yeux noisette, son regard était profond et attentif. Depuis la primaire, elle était la meilleure élève, toujours prête à aider la classe, à répondre juste. Les autres copiaient sur elle et la respectaient.

Mais plus les filles grandissaient, plus elles jalousaient Camille. Elle, pourtant, restait simple, aidait tout le monde. Toutes les filles du lycée enviaient son style impeccable. Elle venait dune famille de professeurs réputés : son père, Jean-Pierre Dubois, enseignait léconomie à luniversité, sa mère, Marie-Claire, la chimie au lycée. Camille était leur unique enfant, mais elle nétait pas gâtée.

Les professeurs disaient delle :

Fille de professeurs, mais quelle éducation et quel sérieux ! Dhabitude, ces enfants sont capricieux, les parents règlent tout à lécole. Mais là Cest aussi une question de caractère, discutaient-ils.

Après la rentrée, Camille se surprenait à penser :

Jaime bien Paul, ça me donne envie daller au lycée, de voir le matin arriver plus vite. Est-ce de lamour ? Je nai jamais été amoureuse, même si certaines filles racontent leurs sorties tardives avec des garçons.

Paul aussi était tombé amoureux, ne regardant que Camille, alors que beaucoup de filles tournaient autour de lui. Certaines lui écrivaient ou proposaient des rendez-vous, mais il refusait ou ne répondait pas.

Un jour, Camille sortit du lycée, et Paul laborda :

Camille, tu pourrais maider en maths ? Jai pris du retard, je comprends que jaurais dû bosser, mais maintenant tout senchaîne

Bien sûr, viens chez moi, on va voir ça

Tu es sûre que cest possible ? Tes parents ne diront rien ?

Ne tinquiète pas, ils sont super. On peut même y aller tout de suite.

Daccord, allons-y, dit Paul, et on partit ensemble, sous les regards envieux des filles.

Camille prit la chose au sérieux, lui expliqua la matière, et soudain tout devint clair pour Paul.

Finalement, ce nest pas si compliqué, sourit-il.

Dans la vie, lamour arrive sans prévenir.
Dès ce jour, Paul raccompagnait Camille chez elle, même sil habitait plus loin. Rapidement, tout le lycée savait quils étaient amoureux.

Eh bien, disait Chloé, qui aimait Paul, cette Camille la bien attrapé, il la suit partout comme un petit veau.

Paul nest pas bête, il sait choisir, la fille de profs, râlaient les autres, garçons compris, car Camille plaisait à beaucoup.

Mais Camille ne faisait pas attention, heureuse quand Paul était là. Lamour, cest comme un rayon de lumière dans lobscurité. Il ne demande pas doù tu viens, ne vérifie pas ton nom sur une liste. Il arrive, tout simplement. Même si deux personnes viennent de mondes différents, avec des éducations et des destins opposés, rien ne compte quand deux cœurs battent ensemble.

Les parents de Camille savaient quelle voyait Paul, quil venait chez eux, ils lavaient rencontré. Ils se promenaient le soir, mais jamais trop tard, ses parents ne le permettaient pas.

Marie-Claire savait bien doù venait Paul, que son père buvait et que sa mère se débrouillait seule. Une amie lui disait, un peu dédaigneuse :

Marie, ta fille traîne avec ce Paul. Tu sais, cette famille Père alcoolique, mère qui se tue au travail Et Camille, quelle tête !

Mais Paul est un bon élève, bien élevé, je lai rencontré, répondait la mère de Camille.

Franchement, quelle éducation dans une famille pareille ? Quel exemple pour ta fille ?

Mon neveu aussi vient dune famille difficile, il est à la fac et brillant ! Ce nest pas la famille, cest la personne.

Le temps passait, Camille et Paul étaient inséparables. La fin du lycée approchait. Camille décrocha le bac avec mention très bien, Paul aussi, sans mauvaises notes. Camille entra à la Sorbonne, Paul à lécole dingénieurs.

Au bal de fin dannée, les filles commentaient, certaines se réjouissaient :

Camille va à la fac, Paul au polytech Ils vont se séparer. À la fac, elle trouvera vite quelquun dautre.

Lamour est étrange. Il ne regarde ni les noms, ni les disputes familiales. Il voit la personne, celle qui peut changer, peu importe ses parents.

Paul, tu veux vraiment entrer dans une famille de profs ? Ils ne voudront jamais de toi, hurlait son père ivre, mais Paul ne lécoutait plus, il ne le respectait plus, son père le sentait et sénervait, tu vivras comme moi

Un soir, Paul craqua :

Je ne vivrai pas comme toi Quas-tu dans ta vie ? Juste le fond dun verre Moi, je construirai ma famille autrement, avec des principes bien différents des tiens.

Bien sûr, tout dépend des circonstances. Si les parents de Camille avaient insisté :

Tu ne vois pas doù vient Paul ?

Peut-être que leur histoire se serait arrêtée là. Mais ils voyaient lattention et la tendresse entre Camille et Paul, alors ils nont rien dit. Ils se sont choisis, prouvant quon peut écrire sa propre destinée.

Les années détudes passèrent, Camille à la fac, Paul à lécole dingénieurs, mais ils restèrent ensemble, rien na entaché leur amour. Il y a eu des obstacles, mais ils ont tout surmonté.

Avant la fin de la fac, Paul fit sa demande :

Jai attendu ce moment longtemps, dit-il en souriant, à genoux, ouvrant une boîte avec une bague. Je veux vraiment que tu sois ma femme, tu acceptes ?

Oh oui, bien sûr, Paul, on ne peut pas vivre lun sans lautre.

Ils se sont mariés. Les parents de Camille leur ont offert un appartement pour leur mariage. Paul a trouvé un bon poste dans une grande entreprise, il gagne bien sa vie, on lui promet un bel avenir. Il rêve douvrir sa propre société, et il y arrivera.

Merci davoir lu, merci pour votre soutien et votre fidélité. Je vous souhaite beaucoup de bonheur !

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Ma famille, je la construirai selon d’autres principes : L’histoire de Dina et Romain, deux lycéens que tout oppose, mais que l’amour unit envers et contre les préjugés, prouvant qu’on peut réécrire sa destinée et bâtir un avenir sur des valeurs choisies, loin des schémas familiaux imposés.
Le jour où j’ai changé la serrure, la sonnette a retenti exactement à six heures du matin.