Le Destin sur un Lit d’Hôpital – « Mademoiselle, prenez-le donc en charge et soignez-le ! Moi, j’ai trop peur de l’approcher, alors le nourrir à la cuillère, n’en parlons pas ! » lâcha sèchement la femme en jetant le sac de provisions sur le lit où gisait son mari malade. « Ne vous inquiétez donc pas ! Il va guérir, votre mari. Il a besoin de soins attentifs, je vais l’aider à se remettre sur pied, » répondis-je, infirmière, tentant une fois encore de réconforter l’épouse d’un patient atteint de tuberculose. Dimitri avait été admis dans un état grave, mais ses chances de survie restaient élevées. Le patient voulait vivre – la moitié du chemin vers la guérison. Dommage que son épouse, Aurélie, n’ait aucune confiance en la médecine. J’avais le sentiment qu’Aurélie était prête à l’abandonner à l’avance. Des années plus tard, leur fils, Jules, serait touché par une tuberculose ouverte. Aurélie le condamnerait aussitôt, mais Jules finirait par guérir. Malgré son lourd diagnostic, Dimitri plaisantait, riait, rêvait de quitter vite le sanatorium. Le village où il vivait n’avait pas d’hôpital spécialisé, aussi, sa femme lui rendait rarement visite. Dimitri faisait peine à voir : négligé, délaissé, vêtu de guenilles. « Dimitri, cela ne vous gênerait pas si je vous apporte quelques affaires ? Je vois que vous n’avez même pas de chaussons, vous traînez en chaussures. Acceptez un petit paquet de ma part ? » tentai-je de plaisanter avec lui. « De vous, Violette, j’accepterais même un poison comme un remède, mais non, ne vous dérangez pas. Laissez-moi me rétablir et ensuite… » répondit-il, en prenant doucement ma main. Je me dégageai doucement et sortis de la chambre. Mon cœur battait la chamade. Était-ce possible : étais-je en train de tomber amoureuse ? Je ne voulais pas briser un couple. Ce n’est pas bien. Cela ne mènerait à rien. Mais… on ne commande pas à son cœur. Je venais de plus en plus souvent dans la chambre de Dimitri ; nos discussions, pendant mes gardes de nuit, devenaient intimes, profondes. Rapidement, nous nous sommes tutoyés. Dimitri a un fils de cinq ans. « Mon petit Jules ressemble beaucoup à sa mère. Tu sais, Violette, j’ai aimé Aurélie passionnément. Je lui aurais tout donné. Aurélie est une femme passionnée, séduisante, un tourbillon au lit. Mais elle n’aime qu’elle-même – c’est un égoïsme qui ronge plus que l’acide. Tu vois, c’est toi, une étrangère, qui prends soin de moi, » soupira-t-il. « Aurélie habite loin, ce n’est pas facile de venir souvent, » tentai-je de la défendre. « Allons, Violette ! On dit bien qu’une femme qui aime son mari va jusqu’à lui réserver une place en prison. Elle trouve toujours le temps d’aller voir ses amants au bout du monde. Je sais tout… » Dimitri s’énervait. « Bonne nuit, Dimitri… Il ne faut rien faire à chaud. Tout finira par s’arranger, » répondis-je en éteignant la lumière. Évidemment, Dimitri souffrait. Il restait cloué au lit, impuissant, pendant que sa femme s’amusait ailleurs. Ce n’était pas mortel, mais… Une semaine plus tard, j’entendis du bruit dans sa chambre. « Que je ne te revois plus ici, salope ! Dehors ! » hurlait Dimitri sur une Aurélie terrifiée. Elle disparut aussitôt. « Que s’est-il passé ? » demandai-je surprise. Dimitri se tourna vers le mur, tremblant sous la couverture. J’ai dû lui faire une piqûre pour le calmer. …Un mois passa sans qu’Aurélie ne revienne. « Dimitri, veux-tu que j’appelle ta femme ? » « Non merci, Violette. Nous allons divorcer, » dit-il calmement. « À cause de la maladie ? Tu vas mieux pourtant ! » m’étonnai-je. « Le jour où je l’ai chassée, elle était venue m’annoncer qu’elle avait un amant. Elle voulait installer ce type chez nous, vu que, selon elle, tout était incertain avec moi et qu’elle avait besoin d’un homme pour la maison, pour réparer le toit, etc. » « C’est horrible… » fut la seule réponse possible. Peu après, Aurélie revint, accompagnée. Je l’aperçus depuis la fenêtre : son amoureux l’attendait sur un banc, nerveusement, dans la cour. Elle le retrouva, l’embrassa, puis ils partirent ensemble. « Dimitri, tu sors bientôt, » annonçai-je. « Violette, puis-je te demander une chose… » hésita-t-il. « Dimitri, j’accepte. C’est bien ce que tu voulais me demander ? J’espère ne pas me tromper, » risquai-je tout. Dimitri ouvrit son cœur : « Violette, je n’ai nulle part où aller. Est-ce que tu pourrais m’héberger ? Avec Aurélie, tout est clair maintenant. Elle va se remarier. » « J’ai un enfant. Si tu es prêt à l’accepter, nous pourrions former une vraie famille, » lui avouai-je. « Un enfant ? Ce n’est pas un obstacle, je l’aime déjà, » répondit-il en plongeant ses yeux dans les miens, me réchauffant et me faisant fondre. …Les années ont passé. Dimitri et moi avons eu deux enfants ensemble et bâti notre cocon familial. Jules, le fils de Dimitri, vient souvent nous voir. Ma fille, d’une première union (qui n’en fut jamais vraiment une), vit à l’étranger. Je m’étais laissée séduire jeune, croyant en une promesse d’éternel amour, mais la mélodie n’a jamais résonné. Je ne regrette pourtant rien. Quant à Aurélie, elle s’est remariée deux fois, a eu un fils avec un inconnu de passage, un fils atteint de troubles psychiques. Elle n’en a jamais pris soin, restant froide et distante. Il a grandi seul, sans gêner sa mère. À sa mort, il a été placé en institution. Aujourd’hui, Dimitri et moi sommes vieux, mais nous nous aimons plus que jamais. Nous avançons main dans la main, savourant chaque jour, chaque regard, chaque souffle…

DESTIN SUR UN LIT DHÔPITAL

Mademoiselle, tenez, occupez-vous de lui ! Moi, jose même pas mapprocher, encore moins le nourrir à la cuillère, a lancé sèchement une femme en balançant un sac de courses sur le lit où reposait son mari malade.

Il ne faut pas vous inquiéter autant ! Votre mari va sen sortir. Il a surtout besoin de bons soins et de présence. Moi, je vais aider François à se remettre sur pied, tu me connais, en tant quinfirmière, cétait pas la première fois que je devais rassurer lépouse dun patient atteint de tuberculose.

On avait amené François à lhôpital de Lyon dans un sale état mais ses chances de sen sortir étaient bonnes. Il avait une vraie envie de vivre, déjà la moitié du chemin vers la guérison. Dommage que sa femme, Églantine, nait jamais cru à la médecine. Je sentais quelle était prête à labandonner, à tirer un trait sur son mari avant même la fin de lhistoire.

Imagine, des années plus tard, le fils de François et Églantine, Théo, a lui aussi chopé une tuberculose sévère. Pareil, Églantine la tout de suite rayé de sa vie, mais Théo, lui, sen est sorti.

François, malgré la gravité de sa maladie, gardait le sourire, faisait des blagues, pressé de sortir de lhôpital. Leur famille habitait un petit village en Ardèche, là où il ny a pas dhôpital spécialisé, alors Églantine se pointait rarement rendre visite à son mari. Javais mal au cœur pour lui il était tout dépenaillé, un peu négligé, dans des vêtements trop vieux.

François, ça vous dérangerait si je vous apporte quelques affaires ? Jai vu que vous naviez même pas de pantoufles, vous marchez en chaussures Acceptez donc un petit colis de ma part, je tentais de détendre latmosphère.

De vous, Lucile, même un remède amer je le prendrais avec plaisir. Mais ne vous embêtez pas, laissez-moi dabord guérir tranquillement, on verra bien après… Il ma pris la main, tout doucement.

Jai doucement retiré ma main et je suis sortie de la chambre, le cœur qui battait à cent à lheure. Je me suis surprise à me demander si je ne tombais pas amoureuse Mais non, je voulais pas briser un couple, cest pas juste, jamais rien de bon nen sort. Pourtant, parfois, le cœur ne veut rien entendre et se jette dans la rivière

Je passais de plus en plus de temps dans sa chambre, et la nuit, pendant les gardes, on discutait pendant des heures, vraiment cœur à cœur. On sest naturellement mis à se tutoyer.

François avait un fils de cinq ans.

Mon petit Théo ressemble beaucoup à sa mère, elle est si belle. Tu sais, Lucile, jai aimé Églantine passionnément. Jaurais tout fait pour elle. Mais Églantine, cest une femme de feu, séduisante, mais elle ne saime quelle-même. Ce genre dégoïsme, ça te bouffe, pire que lacide. Et regarde, aujourdhui cest toi, une étrangère, qui prends soin de moi, François soupirait.

Cest normal aussi, Églantine vit loin, cest difficile de venir souvent, je tentais encore de la défendre.

Allons, Lucile ! Comme on dit, « épouse qui aime trop, finit par toublier » Pour rejoindre ses amants, ça, elle trouve toujours un moyen, même sils vivent au bout du monde. Je ne suis pas idiot, il commençait à sagacer.

Bonne nuit, François. Il faut pas tout prendre à cœur. Ça va sarranger, jai éteint la lumière de la chambre, puis je suis ressortie doucement.

Bien sûr que François souffrait. Il était coincé dans un lit dhôpital et, pendant ce temps, sa femme samusait ailleurs. Cest pas mortel, mais comme on dit chez nous, « pour une fourmi, une goutte de rosée, cest une inondation ».

Une semaine plus tard, jentends du grabuge dans la chambre. Je fonce.

Je veux plus jamais te voir ici, tu mas bien eu ! Dégage ! François hurlait sur Églantine, toute effrayée.

Elle sest sauvée à toute vitesse, la tête basse.

Quest-ce qui sest passé ? jai demandé, étonnée.

François sest tourné vers le mur sans répondre. Il tremblait sous la couverture. Jai été obligée de lui faire une piqûre pour le calmer.

Un mois plus tard, Églantine nétait toujours pas revenue.

François, tu veux que jappelle ta femme ? jai proposé à voix basse.

Merci, Lucile, non. Cest fini avec Églantine, on divorce, il ma répondu presque calmement.

À cause de la maladie ? Mais tu vas mieux ! jai insisté, un peu perdue.

Tu te souviens, je lai mise dehors ? Ce jour-là, elle est venue mannoncer son histoire avec un autre. Elle voulait quil vienne vivre chez nous, elle avait besoin dun homme « utile » dans la maison, surtout pour réparer le toit. Rien à voir avec moi François sest arrêté, la gorge serrée.

Cest fou jai soufflé.

Et tu sais quoi, peu après, Églantine est revenue avec cet homme. François ne la pas vu, mais moi, depuis la fenêtre, jai tout remarqué. Le gars, assis sur le banc de la cour, fumait en lattendant. Églantine la rejoint, la embrassé sur la joue, a rigolé à une de ses blagues, et ils sont partis bras dessus bras dessous.

François, tu sors bientôt, je lui ai annoncé.

Lucile, je enfin, non, laisse tomber il hésitait.

François, je te dis oui. Cest bien ce à quoi tu pensais, non ? jai osé, franchement.

Il sest ouvert à moi :

Lucile, jai plus de maison. Est-ce que je peux venir chez toi ? Avec Églantine, tout est clair maintenant, elle se remarie.

François, jai un enfant. Si tu peux laccepter, on pourrait devenir une vraie famille, jai joué cartes sur table tout de suite.

Ça ne me pose aucun problème. Je crois même déjà laimer, Il ma regardée droit dans les yeux. Et je tavoue, jai fondu comme neige au soleil.

Depuis, le temps a filé. On a eu deux enfants ensemble, François et moi. On a construit un vrai cocon. Théo, son fils, vient souvent nous voir avec sa femme et leurs enfants. Quant à ma fille de mon premier amour, elle vit à Berlin maintenant. Bon, pour être honnête, je nai jamais été mariée avec son père. Jétais jeune et je me suis laissée avoir par un gars qui me promettait la lune. Il avait tout pavé davance, mais la mélodie de notre vie na jamais vraiment joué comme il limaginait. Tant pis, cest la vie, aucun regret.

Et pour ce qui est dÉglantine, elle sest mariée plusieurs fois, a eu un fils dun homme de passage. Ce garçon, malheureusement, a toujours vécu avec des troubles psychiques. Églantine ne sen est jamais vraiment occupée, froide comme une pierre. Le gamin a grandi seul, sans amour. Et à la mort dÉglantine, il est parti dans un institut spécialisé.

Aujourdhui, avec François, on est des petits vieux, mais on saime plus fort quau début. On avance ensemble, main dans la main, à chérir chaque journée, chaque regard, chaque souffleParfois, quand le soir tombe et que la lumière découpe nos deux silhouettes sur le vieux canapé du salon, je repense à tout ce chemin parcouru. François me serre la main, un regard rieur au coin de lœil. Il samuse à compter mes cheveux gris, prétexte pour glisser ses doigts dans ma tignasse indocile. Je ris, il rit. Le passé, même avec ses épreuves, nous a appris la valeur folle dun bonheur simple, dune présence fidèle.

Sur la porte du frigo, sont accrochés des dessins maladroits de nos petits-enfants, quelques cartes postales du bout du monde. Parfois, Théo débarque, bras chargés, sa famille dans un grand tumulte et partout, ça sent la tarte aux pommes, le café chaud, la tendresse partagée. Nos regards se croisent, complices : on a réussi à tenir debout, à aimer malgré les tempêtes.

Un soir dété, alors quon écoutait la pluie frapper doucement les volets, François ma soufflé dans un murmure : « Tu sais, Lucile, le plus beau miracle, ce nest pas davoir guéri cest davoir trouvé quelquun qui panse les blessures invisibles. »

Jai posé la tête sur son épaule, le cœur paisible, remplie jusquau bord de gratitude. Ce nétait peut-être pas lamour dun roman, ni une aventure éclatante comme Églantine en rêvait mais cest devenu notre refuge, la preuve quil existe des printemps après les hivers les plus sombres.

Aujourdhui, même si le corps fatigue et que la jeunesse sefface, la vie nous serre encore dans ses bras. Et en fermant les yeux, jentends le rire de François rouler comme un écho : « Vois-tu, Lucile, cest toi mon vrai remède, celui qui ma rendu la vie meilleure que je ne laurais jamais espéré. »

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Le Destin sur un Lit d’Hôpital – « Mademoiselle, prenez-le donc en charge et soignez-le ! Moi, j’ai trop peur de l’approcher, alors le nourrir à la cuillère, n’en parlons pas ! » lâcha sèchement la femme en jetant le sac de provisions sur le lit où gisait son mari malade. « Ne vous inquiétez donc pas ! Il va guérir, votre mari. Il a besoin de soins attentifs, je vais l’aider à se remettre sur pied, » répondis-je, infirmière, tentant une fois encore de réconforter l’épouse d’un patient atteint de tuberculose. Dimitri avait été admis dans un état grave, mais ses chances de survie restaient élevées. Le patient voulait vivre – la moitié du chemin vers la guérison. Dommage que son épouse, Aurélie, n’ait aucune confiance en la médecine. J’avais le sentiment qu’Aurélie était prête à l’abandonner à l’avance. Des années plus tard, leur fils, Jules, serait touché par une tuberculose ouverte. Aurélie le condamnerait aussitôt, mais Jules finirait par guérir. Malgré son lourd diagnostic, Dimitri plaisantait, riait, rêvait de quitter vite le sanatorium. Le village où il vivait n’avait pas d’hôpital spécialisé, aussi, sa femme lui rendait rarement visite. Dimitri faisait peine à voir : négligé, délaissé, vêtu de guenilles. « Dimitri, cela ne vous gênerait pas si je vous apporte quelques affaires ? Je vois que vous n’avez même pas de chaussons, vous traînez en chaussures. Acceptez un petit paquet de ma part ? » tentai-je de plaisanter avec lui. « De vous, Violette, j’accepterais même un poison comme un remède, mais non, ne vous dérangez pas. Laissez-moi me rétablir et ensuite… » répondit-il, en prenant doucement ma main. Je me dégageai doucement et sortis de la chambre. Mon cœur battait la chamade. Était-ce possible : étais-je en train de tomber amoureuse ? Je ne voulais pas briser un couple. Ce n’est pas bien. Cela ne mènerait à rien. Mais… on ne commande pas à son cœur. Je venais de plus en plus souvent dans la chambre de Dimitri ; nos discussions, pendant mes gardes de nuit, devenaient intimes, profondes. Rapidement, nous nous sommes tutoyés. Dimitri a un fils de cinq ans. « Mon petit Jules ressemble beaucoup à sa mère. Tu sais, Violette, j’ai aimé Aurélie passionnément. Je lui aurais tout donné. Aurélie est une femme passionnée, séduisante, un tourbillon au lit. Mais elle n’aime qu’elle-même – c’est un égoïsme qui ronge plus que l’acide. Tu vois, c’est toi, une étrangère, qui prends soin de moi, » soupira-t-il. « Aurélie habite loin, ce n’est pas facile de venir souvent, » tentai-je de la défendre. « Allons, Violette ! On dit bien qu’une femme qui aime son mari va jusqu’à lui réserver une place en prison. Elle trouve toujours le temps d’aller voir ses amants au bout du monde. Je sais tout… » Dimitri s’énervait. « Bonne nuit, Dimitri… Il ne faut rien faire à chaud. Tout finira par s’arranger, » répondis-je en éteignant la lumière. Évidemment, Dimitri souffrait. Il restait cloué au lit, impuissant, pendant que sa femme s’amusait ailleurs. Ce n’était pas mortel, mais… Une semaine plus tard, j’entendis du bruit dans sa chambre. « Que je ne te revois plus ici, salope ! Dehors ! » hurlait Dimitri sur une Aurélie terrifiée. Elle disparut aussitôt. « Que s’est-il passé ? » demandai-je surprise. Dimitri se tourna vers le mur, tremblant sous la couverture. J’ai dû lui faire une piqûre pour le calmer. …Un mois passa sans qu’Aurélie ne revienne. « Dimitri, veux-tu que j’appelle ta femme ? » « Non merci, Violette. Nous allons divorcer, » dit-il calmement. « À cause de la maladie ? Tu vas mieux pourtant ! » m’étonnai-je. « Le jour où je l’ai chassée, elle était venue m’annoncer qu’elle avait un amant. Elle voulait installer ce type chez nous, vu que, selon elle, tout était incertain avec moi et qu’elle avait besoin d’un homme pour la maison, pour réparer le toit, etc. » « C’est horrible… » fut la seule réponse possible. Peu après, Aurélie revint, accompagnée. Je l’aperçus depuis la fenêtre : son amoureux l’attendait sur un banc, nerveusement, dans la cour. Elle le retrouva, l’embrassa, puis ils partirent ensemble. « Dimitri, tu sors bientôt, » annonçai-je. « Violette, puis-je te demander une chose… » hésita-t-il. « Dimitri, j’accepte. C’est bien ce que tu voulais me demander ? J’espère ne pas me tromper, » risquai-je tout. Dimitri ouvrit son cœur : « Violette, je n’ai nulle part où aller. Est-ce que tu pourrais m’héberger ? Avec Aurélie, tout est clair maintenant. Elle va se remarier. » « J’ai un enfant. Si tu es prêt à l’accepter, nous pourrions former une vraie famille, » lui avouai-je. « Un enfant ? Ce n’est pas un obstacle, je l’aime déjà, » répondit-il en plongeant ses yeux dans les miens, me réchauffant et me faisant fondre. …Les années ont passé. Dimitri et moi avons eu deux enfants ensemble et bâti notre cocon familial. Jules, le fils de Dimitri, vient souvent nous voir. Ma fille, d’une première union (qui n’en fut jamais vraiment une), vit à l’étranger. Je m’étais laissée séduire jeune, croyant en une promesse d’éternel amour, mais la mélodie n’a jamais résonné. Je ne regrette pourtant rien. Quant à Aurélie, elle s’est remariée deux fois, a eu un fils avec un inconnu de passage, un fils atteint de troubles psychiques. Elle n’en a jamais pris soin, restant froide et distante. Il a grandi seul, sans gêner sa mère. À sa mort, il a été placé en institution. Aujourd’hui, Dimitri et moi sommes vieux, mais nous nous aimons plus que jamais. Nous avançons main dans la main, savourant chaque jour, chaque regard, chaque souffle…
Maman s’est retrouvée à la rue avec ses trois enfants ! Notre père a volé l’argent de la vente de notre appartement puis s’est enfui.