Elle a poursuivi son propre fils en justice et l’a expulsé de leur appartement

Tu vas pas croire ce qui sest passé chez ma tante Marie à Lyon. Franchement, cest comme une scène sortie dun vieux film français Ça faisait des mois quelle me racontait quelle nen pouvait plus avec son fils, Jérôme. Toujours à crier, à tout casser dans lappart, comme si le monde entier lui devait quelque chose.
Ce dimanche matin-là, Marie se réveille encore au son de verres qui sentrechoquent et dassiettes qui volent dans la cuisine. Elle regarde le réveil: il est 6h30. Génial, le seul jour où elle pouvait dormir tranquille Et devine quoi? Jérôme, vingt-cinq ans et toujours chez maman, gueule déjà à travers la porte: «Maman! Où tas foutu mon verre? Cest pas possible, faut toujours que tu changes tout de place!»
Marie souffle. Cinquante-deux ans, épuisée, des cernes profondes, les cheveux poivre et sel décoiffés. Elle attrape son peignoir, se regarde vite fait dans la glace et se demande quand elle a vieilli comme ça.
En entrant dans la cuisine, elle le trouve au beau milieu du bazar des morceaux de porcelaine partout. Jérôme, haut comme une armoire, bras croisés, toujours aussi boudeur. Un vrai gamin!
Elle lui tend son fameux verre bleu, avec marqué «Meilleur fils» (acheté il y a des années, à lépoque où elle croyait encore quil finirait par devenir quelquun).
« Pourquoi tu touches à mes affaires? Jai déjà dit, je veux MON verre sur la table, comme DHABITUDE!»
Elle essaie de se justifier, il linterrompt, attrape le verre dun geste brusque.
Cest à ce moment-là quapparaît Pauline, la petite sœur, toute discrète dans son pyjama usé. Dix-neuf ans à peine, mauvaise mine, mais toujours polie et prête à aider. Elle étudie pour devenir institutrice, tu vois? Il faudrait quelle tienne le coup, malgré lambiance de la maison.
« Maman, il se passe quoi?
Rien, ma puce. Jérôme a juste cassé une assiette»
Jérôme ricane: «Ouais, elle sest jetée toute seule par terre, cest ça»
Pauline, douce, prend linitiative de ramasser les bouts avec la balayette. Même pas un merci, alors que ça lui paraît limite normal, comme si cétait la routine du dimanche matin.
« Touche pas à ça! Jai pas demandé ton aide!» râle Jérôme.
« Mais qui va le faire, alors?» répond Pauline tout bas.
« Pas tes oignons!»
Marie sassoit sur une chaise, la tête dans les mains. Elle se demande combien de temps elle pourra encore supporter tout ce cirque.
Tu sais, son mari est parti il y a dix ans, une crise cardiaque. Enfin au fond, cest pas étonnant, vu la pression à la maison. Jérôme, il avait déjà du mal à finir le lycée technique. Il a laissé tomber, un boulot ici, un autre là, mais ça tenait jamais: le patron était «inutile», les collègues «nuls», les horaires «intolérables». Bref, jamais de sa faute.
Au début, Marie espérait, puis elle la soutenu, puis encouragé, puis supplié. Au final, elle a fini par tout accepter. Mais lui, il na fait quempirer. Il lui reproche tout à elle, sa mère. Si ça va pas, cest parce quelle la mal élevé. Que cest à elle de tout lui donner.
Il sinstalle à table, lair de dire, «Quest-ce quon mange ce matin?»
« Une omelette, de la bouillie, il reste un peu de fromage
Encore cette bouillie dégueulasse? Tpeux pas acheter des céréales un peu?
Jérôme, jen ai acheté hier, tas déjà tout englouti
Tu te débrouilles, cest pas mon problème!»
Marie regarde dans le frigo. Encore sept jours avant sa paie. Il reste trois œufs, un bout de comté, un fond de pain. Pauline fait ce quelle peut le week-end, distribue des flyers vers Bellecour pour gratter vingt euros par jour, juste de quoi payer son bus et le sandwich à la fac.
Marie propose de préparer une omelette.
Tout de suite, Jérôme râle: «Sans jambon, cest même pas la peine!»
Il claque sa chaise violemment, la renverse.
Pauline essaie de le calmer, il lui aboie dessus: «Me donne pas dordres, toi la miss fac de sciences, tu crois que tu vaux mieux que moi hein?»
Marie sinterpose. Il explose encore: «Vous me faites chier toutes les deux! On se croirait en taule, dans ce taudis!»
Et là, Marie craque: «Personne te retient ici, tu sais»
Un silence de plomb tombe.
Il se retourne tout raide: «Tas dit quoi là?
Rien du tout.
Tu veux que je me casse, cest ça?
Jérôme, je veux juste»
Il la coupe: «Cest aussi chez moi ici, jai mon mot à dire!
Il est à mon nom, cet appartement.
Et alors? Jsuis ton fils, jai des droits!
Et des devoirs aussi, tes un adulte maintenant»
Tu vois le truc? Et là, tout explose. Quelques semaines après cette scène, elle nen pouvait plus. Elle a pris un avocat, engagé une procédure dexpulsion contre son propre fils. À la fin, Pauline et Marie se sont retrouvées toutes les deux, serrées dans le silence. Pour la première fois depuis des années, cest la pluie sur les vitres, et plus les cris de Jérôme, qui brisent la tranquillité de lappartement.

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Elle a poursuivi son propre fils en justice et l’a expulsé de leur appartement
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