Je me souviens encore du jour où le fils de mon exmari issu de son second mariage a été diagnostiqué dun cancer. Lancien époux, Pierre Dubois, ma alors imploré une aide financière. Jai simplement refusé.
Jai trentesept ans aujourdhui, mais cela fait déjà dix ans que je suis divorcée, depuis que mon premier mari, Alain Moreau, ma trompée. Jamais je ne lui ai pardonné. Aujourdhui il vit avec sa nouvelle compagne, Maëlys, quil a épousée après quelle soit tombée enceinte de son enfant, Lucas.
Javais vendu la maison que javais héritée de ma grandmère à SaintÉtienne, argent qui se comptait désormais dans mon compte en euros. Ce nétait pas le moment de partager, et je pensais déjà à macheter une belle voiture, même si je ne savais toujours pas conduire. Le montant était conséquent, mais je navais aucune envie de men séparer.
Une semaine auparavant, Pierre est réapparu dans ma vie, alors que nous navions plus eu aucun contact depuis des années. Il était venu, le visage blême, me dire que le diagnostic de cancer de son fils entraînerait des frais médicaux exorbitants. Lui et Maëlys navaient pas les moyens, alors il ma demandé de prêter de largent.
Je lui ai demandé pourquoi il ne se tournait pas vers la banque. Il a crié, ma supplié, a même proposé de se mettre à genoux, mais je nai pas voulu le rabaisser davantage. Javais déjà été trahie par lui, il mavait laissée de côté au profit de sa nouvelle famille. Lors du partage des biens à la liquidation de notre mariage, il avait déclaré que tout servirait à sa nouvelle vie, même la petite maison que javais achetée avant le mariage. Cela mavait sauvée de la ruine.
Il a juré de me fournir tous les papiers justificatifs, de rembourser chaque centime, et a même parlé du coût de la rééducation de Lucas. Jai douté que tout cela lui revienne un jour. « Pourquoi ne pas demander un prêt à la banque? » aije rétorqué. Il sest emporté, a menacé, mais je ne voulais pas me mêler de ses affaires.
« Vous ne comprenez pas notre détresse! » sécriaitil, sans jamais penser à mes sentiments. Il a même échangé mon argent contre le sien sans la moindre hésitation. Cest là que jai compris que je ne partagerais jamais mon argent avec lui. Je garde mes économies pour moi, et je ne veux plus jamais croiser son chemin. Il ma promis de revenir lorsqu«jaurais réfléchi», mais il ny a rien à réfléchir.
Certains diront que je suis sans conscience, mais je préfère gérer mon argent comme je lentends, sans le dilapider pour ceux qui mont trahi. Après cette scène, je garde un léger pincement au cœur, mais je reste ferme. Leur besoin daide restera une leçon pour eux, et le prix de leurs fautes sera payé par leurs propres épaules.







