Un jour, j’ai été témoin d’une conversation entre le propriétaire de notre magasin et un adolescent maigre, vêtu de vêtements usés.

Je suis témoin dune conversation entre le propriétaire de notre épicerie, Monsieur Dubois, et un adolescent maigre, Lucas Martin. Lucas porte des vêtements usés mais soigneusement ajustés. Il se tient devant le rayon, examinant un pot de confiture de framboises quand Monsieur Dubois sapproche :

Bonjour Lucas, comment ça va ?
Ça va, monsieur, pas mal
Ta mère, elle travaille déjà ?
Non, elle est encore au lit, elle ne se sent pas bien
Tu voulais acheter de la confiture ?
Je regarde juste, ma mère adore la confiture de framboises, mais on na pas les moyens den acheter maintenant.
Alors donnemoi ton bracelet, celui que tu as tissé toimême ?

Au poignet de Lucas pend un bracelet fait maison, tressé de fils de téléphone multicolores.
Oui, monsieur, mais il est trop petit pour vous.
Je lachète pour mon neveu. Quen ditesvous ?
Je ne pense pas récupérer assez dargent pour ce bracelet
Juste le prix du pot de confiture, ça vous coûtera le temps que vous avez mis à créer ces motifs complexes !
Jai passé trois nuits dessus
Cest conclu alors ! Le bracelet est à moi, la confiture est à toi, ou plutôt à toi et à ma mère !
Merci, vous êtes très gentille.

Le jeune adolescent, le sourire aux lèvres, attrape le pot de confiture, enlève son bracelet et le tend au vendeur.
Bonne journée, monsieur !
On se revoit plus tard, Lucas !

La femme de Monsieur Dubois, Capucine Dubois, est à la caisse. En entendant ce dialogue, elle sourit. En remarquant mon regard surpris, elle explique :

Dautres adolescents viendront bientôt, leurs familles sont trop pauvres pour acheter des produits de qualité, mais Joseph les aide en échangeant ce quil peut. Une fois, il ma demandé de lui vendre un lancepierre et il ma payé avec une saucisse de bonne qualité

Je quitte le magasin, impressionné par la bonté de Joseph. Jamais je naurais imaginé que celui qui pèse toujours chaque gramme à la balance et retire le poids dès que laiguille dépasse, puisse aider ainsi les familles démunies !

Joseph est bien connu dans notre quartier, son magasin est apprécié et, lors des achats, lui et sa femme demandent toujours aux clients réguliers comment ils vont, gardent une bonne humeur et sefforcent de les servir rapidement.

Le temps passe rapidement, douze années sécoulent comme un fleuve. Joseph, maintenant âgé, quitte ce monde Son enterrement rassemble de nombreuses personnes. Parmi elles, trois officiers se tiennent à lécart, puis savancent vers lépouse du défunt, lui embrassent la main et lui offrent leurs condoléances.

Ce sont les mêmes jeunes que Joseph soutenait. En me séparant de lépave, je remarque dans le cercueil plusieurs objets denfant, dont le bracelet tressé qui ma fait découvrir la véritable générosité du commerçant. Il savait que les garçons deviendraient des hommes, alors il ne leur a pas seulement donné de la nourriture, mais a créé lillusion dun échange commercial bienveillant.

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Un jour, j’ai été témoin d’une conversation entre le propriétaire de notre magasin et un adolescent maigre, vêtu de vêtements usés.
— Maman, j’ai bien dix ans aujourd’hui, n’est-ce pas ? — demanda soudain Misha en rentrant de l’école. — Oui, et alors ? — Maman le regarda avec étonnement. — Comment “et alors” ? Tu as oublié ce que tu m’avais promis avec papa quand j’aurais dix ans ? — Promis ? Qu’est-ce qu’on avait promis d’autoriser ? — D’avoir un chien. — Non ! — s’écria maman, paniquée. — Tout ce que tu veux, sauf ça ! On t’achète une trottinette électrique, la plus chère, si tu ne prononces plus jamais le mot “chien”. — Ah, c’est comme ça… — bouda son fils, vexé. — Et vous dites qu’il faut tenir sa parole, mais la vôtre, vous l’oubliez… Bon, d’accord… Le garçon s’enferma dans sa chambre jusqu’au retour de son père. — Papa, tu te souviens de la promesse que vous m’aviez faite, maman et toi… — commença-t-il, mais son père l’interrompit. — Maman m’a déjà appelé au sujet de ton envie ! Mais pourquoi un chien ? — Papa, je rêve d’un chien depuis si longtemps ! Vous le savez… — Oui, oui… Tu as trop lu de contes sur Le Petit Nicolas et ses aventures, tu es encore trop petit ! Tu sais combien coûte un chien de race ? — Mais je ne veux pas un chien de race, — s’exclama Misha. — Un chien abandonné me suffirait. J’ai lu des articles sur les chiens errants sur Internet, ils sont si malheureux. — Non ! — coupa son père. — Un chien de race, jeune, sinon rien. Si tu en trouves un beau, abandonné, nous verrons… mais c’est tout ! — Tu promets ? — fit Misha, dubitatif. — Oui ! Tu devras t’en occuper, l’éduquer, faire des concours canins… D’accord ? Une vieille, ça ne s’éduque plus. Trouve une belle jeune de race abandonnée, et on discutera. — D’accord… — soupira tristement le garçon. Car des chiens de race abandonnés, il n’en avait jamais vus. Mais il voulait essayer. Le dimanche, il appela son copain Valentin, et ensemble, ils parcoururent la moitié de la ville à pied. Aucune trace de chien de race abandonné. Les beaux chiens croisés étaient tous en laisse avec leurs maîtres. — On laisse tomber — dit Misha, épuisé. — Comme je m’en doutais… — Viens dimanche prochain au refuge — proposa Valentin. — Il y a parfois des chiens de race. Mais il faut trouver l’adresse… Les garçons s’assirent sur un banc, rêvant ensemble d’adopter un magnifique chien du refuge. Soudain, Valentin tira Misha par la manche. — Regarde là-bas ! Misha vit un petit chiot sale, blanc et tacheté, qui boitait drôlement sur le trottoir. — Un corniaud… — dit Valentin, en sifflant doucement. Le chiot, à l’appel, s’approcha mais s’arrêta à deux mètres. — Il doit avoir peur des humains — diagnostiqua Valentin. Misha approcha la main, siffla doucement à son tour. Le chiot renifla timidement sa main, puis agita nerveusement sa queue. — Allez, viens, Misha ! Toi, tu veux un chien de race, pas ça. Ce genre de chien, on ne leur donne que des noms rigolos comme “Bouton”. — Valentin s’éloigna. Misha caressa encore un peu le chiot, puis, triste, suivit son ami. Mais soudain, derrière lui, le chiot jappa. Misha se retourna ; ses yeux croisèrent ceux, noirs et brillants, tristes, du chiot. Son cœur se serra. Il le prit dans ses bras, tout contre lui. Il se fit une promesse : si ses parents refusaient d’accueillir ce chien, ce soir il fuguerait… avec lui. Heureusement, les parents avaient eux aussi le cœur tendre. Le lendemain, en rentrant de l’école, Misha trouva non seulement sa maman et son papa… mais aussi une petite “Bouton” toute propre, blanche et joyeuse dans la maison. — À dix ans, j’ai eu le droit de rêver… et de tenir parole : l’histoire de Misha, qui voulait adopter un chien, ses parents réticents, une quête à travers la ville, un chiot abandonné et une promesse familiale qui change tout