L’homme de mes rêves a quitté sa femme pour moi, mais je n’aurais jamais imaginé comment tout cela finirait.

Le gars de mes rêves ma quitté sa femme pour moi, mais je naurais jamais deviné comment le scénario allait se dérouler.

Je le surveillais depuis mes années à la fac de Lyon. On dirait bien que javais succombé à un amour inconditionnel naïf et aveugle. Quand il a enfin posé les yeux sur moi, jai perdu la tête. Pour être honnête, cela sest produit quelques années après mon diplôme: on sest retrouvés dans la même boîte, la même spécialité, alors cétait assez fréquent. Mais moi, jai vu le destin.

Il semblait être lhomme de mes rêves. À lépoque, je me fichais complètement quil était déjà marié. Jamais je navais été femme et je ne savais pas ce que ça faisait quun mariage se fissure. Donc je nai pas eu la moindre honte quand François a décidé de quitter son épouse pour moi. Qui aurait pensé que ça me plomberait le moral? On dit vrai: on ne peut pas bâtir le bonheur sur le malheur dautrui.

Quand il ma choisie, jétais aux anges, prête à tout pardonner. En réalité, au quotidien, il nétait pas le prince charmant quil affichait en public. Les affaires traînaient partout dans lappartement et il refusait catégoriquement de faire la vaisselle. Toutes les corvées retombaient sur mes épaules, mais à ce momentlà, je men moquais.

Il a vite laissé tomber son précédent mariage. Pas denfants, et finalement, cétaient les parents de son ex qui avaient insisté pour le noces. Avec moi, tout était différentdu moins, il me le répétait.

Mon bonheur a duré jusquà ce que je découvre que jétais enceinte. Au départ, François était aux petits oignons à lidée davoir un bébé. Nous avons même organisé une grosse réunion de famille pour fêter ça. Tout le monde nous a souhaité amour et santé pour le futur petit.

Cette soirée reste lun de mes plus beaux souvenirs, et je ne le regrette pas. Mais à partir de ce moment, mon amour aveugle a commencé à pâlir.

Plus mon ventre grossissait, moins je voyais François. En congé maternité, nos rencontres se limitaient aux petites heures du soir. Il restait tard au bureau, enchaînait les afterworks et les cocktails dentreprise. Au début, ça ne me dérangeait pas, puis ça a commencé à me ronger. Les tâches ménagères devenaient un calvaire, impossible de se pencher pour ramasser les chaussettes éparpillées.

Je me suis souvent demandé si nous navions pas précipité larrivée du bébé.

Je savais que les sentiments se refroidissent, mais je ne mattendais pas à ce que ce soit si rapide. François continuait dapporter fleurs et chocolats, mais je voulais simplement quil soit présent.

Finalement, il était clair que ses soirées dentreprise nétaient pas sans raison. Un jour, autour dun café, une collègue a mentionné quun(e) nouveau(elle) recruté(e) avait rejoint notre service. On était déjà en souseffectif, et mon départ en congé avait tout compliqué. Quelle ironie.

Je nétais pas sûre que ce fût elle, mais mon mari navait plus une minute de libre: réunion, affaire, ou encore soirée à ne pas rater. Un matin, jai trouvé un petit papier dans la poche de sa veste, signé dinitiales inconnues. Sans savoir pourquoi, je lai remis en place et fait comme si de rien nétait.

Cétait terrifiant dêtre seule au septième mois de grossesse, pendant que mon mari me traitait dirrationnelle. Chaque dispute se terminait par un soupir déçu de sa part. Jai compris que parler du sujet me laisserait seule. La peur de le perdre était si forte que je narrivais plus à réfléchir. On dit que trop craindre quelque chose le fait arriver.

Aussi charmant que François ait été au début, il nétait guère un gentleman. Les pires mots que jai entendus furent: «Je ne suis pas prêt pour les enfants» et «Jai quelquun dautre». Je ne me souviens même plus de la façon dont il les a prononcés, mais à cet instant, jai eu limpression de perdre la tête.

Jamais je naurais cru pu trouver la force de demander le divorce. Il ne sattendait pas à ce que je ne supporte plus son comportement, ni à ce que jexpulse toutes ses affaires le lendemain. Jai été soulagée que lon louait lappartement: au moins, aucune division de biens à négocier.

«Et le bébé? Pense au bébé. Comment vastu le subvenir?»
«Je trouverai un travail à domicile. Mes parents ont toujours proposé de maider. Ma mère disait depuis longtemps quil était volagejaurais dû lécouter.»

Peutêtre que la responsabilité envers mon fils ma donné du cran. Seule, je naurais sans doute jamais franchi le pas. Mais je me suis aussi rendue compte que je ne voulais pas élever un enfant avec un père comme lui.

Sa trahison était tellement ignoble que je nen voulais plus rien. Cétait comme si le voile sétait levé de mes yeux.

Les premiers mois après le divorce, y compris laccouchement, ont été un vrai calvaire. Jai repris le toit parental, où mes parents, surtout les grandsparents, étaient aux anges. Je ne peux pas dire que je ne pensais pas du tout à François, mais jai essayé de ne pas y penser. Au fond, jétais convaincue davoir fait le bon choix et que je pourrais offrir à mon fils tout ce dont il avait besoin.

Une fois remise, jai cherché du travail. Javais déjà fait des traductions juridiques en freelance, et je les ai transformées en activité à temps plein depuis chez moi. Bien sûr, il y a eu des mois sans revenu, mais mes parents mont soutenue. Rapidement, jai bâti une clientèle stable et je nai plus eu besoin deux.

Mon petit a grandi à toute vitesse, et je nai même pas vu les premières années filer. Je nai réalisé que lorsquil a eu besoin de sa propre chambre. Mes parents ne voulaient pas que lon parte, mais javais besoin dun espace à nous. Il me fallait un bureau à domicile, lui une petite chambre détude. À ce moment, je pouvais enfin me permettre de louer un appartement.

Depuis, tout sest mis en place. La maternelle a laissé place à lécole, la première à la cinquième, et, pour la première fois depuis longtemps, je ressentais à nouveau du bonheur et de la liberté. Puis, soudain, il a refait surface.

Notre ville nest pas gigantesque, et dans le droit, tout le monde se connaît. Pas difficile pour François de dénicher mon adresse de bureau. Jai regretté de ne pas avoir déménagé avec mon fils dans une autre ville. Il paraît quil sest finalement installé, quil regrette amèrement ses actes, quil était trop jeune et stupide. Il na jamais connu son fils et insiste pour le rencontrer.

La loi ninterdit pas à un père de voir son enfant, et je sais que sil le veut vraiment, il finira par trouver un moyen. Mais lidée me terrifie. Cela fait plusieurs semaines que notre entretien a eu lieu. Je lui ai dit que jy réfléchirais, mais en vérité, je narrive pas à digérer la situation. Je veux empêcher mon fils de rencontrer son père.

Je me demande si tout cela nest pas une sorte de punition pour moi, la conséquence davoir attiré François loin de sa première épouse. Peutêtre devraisje vraiment déménager ailleurs?

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L’homme de mes rêves a quitté sa femme pour moi, mais je n’aurais jamais imaginé comment tout cela finirait.
J’ai 45 ans. Et je n’accueille plus d’invités chez moi.