MARGOT, le Voyage Inoubliable à travers la Provence et ses Secrets Enchanteurs

Eh, ma fille, si tu te jettes à la porte, tu vas te faire envoyer loin dici, rappelletoi ce que ma mère ma toujours dit à mon petitbonnet.
Je nattendais rien de plus de la vieille, mais elle narrêtait pas de marmonner que la mère de Clémence était trop volage.
Depuis quelle était toute petite, elle entendait dire que la mère de Clémence aimait sébrouer.
Cinq ans avec Michel, pas denfants, puis elle sest enfuie à la mer, a ramené du sable et des souvenirs, lançait la grandmère sans scrupule, sans même choisir ses mots.

Tous les arguments qui prouvaient que la mère était partie trois ans avant la naissance de Clémence, quelle était allée avec la fille de la grandmère, Nadine, loncle de Clémence, ne servaient à rien. La grandmère ne cessait de répéter que Clémence était indisciplinée.

Le père, tel un loup, surveillait la mère et, chaque jour, on lui rappelait que la bonne femme élevait ses enfants comme il fallait. Ainsi vivaient-ils tous les trois, la grandmère au milieu deux. La maison était grande, le père, lorsquil sest marié, nest jamais quitté le foyer ; il devait prendre soin des parents.

La bellemère naimait pas du tout sa bru ; le fils lui tombait aux pieds : «Enlèvela, je ne supporte plus ses alléesretours, son assise, tout mirrite.» Mais le fils sobstinait, il déclarait laimer.

Même la petitefille de la bellemère nétait pas aimée, bien quelle ait grandi sous leurs yeux, elle restait étrangère. En revanche, la petitefille de la fille était une perle : jolie, douce, aimée du cœur. Cette autrefoisjeune femme, la «vieille», était rude comme un loup qui crache du poison, ce qui faisait battre le cœur de tout le monde.

Quand la petitefille arriva en courant, la caressant dun surnom affectueux, la grandmère la regarda dun œil froid, comme une sangsoude. Elle ne savait pas où la placer, quoi lui donner à manger.

Ma chérie, voici des concombres,
Je nen veux pas, ils sont amers,
Daccord, répondit la grandmère, ils sont amers, ça ne te convient pas, ma petite, paresseuse qui arrose les champs. Marie, Marie, nourris lenfant affamé.
Voilà, ma chère, du yaourt frais avec du pain.
Le pain est dur, répliqua la jeune fille,
Oui, dur comme la pierre, dit Marie. La grandmère ne cessait dobserver sa petitefille, la poussant à secouer ses hanches, à se débattre.

Il y aura une maison pour ma petite, mon unique petitefille, déclara la grandmère. Sinon je laisserai le sangfroid sans toit. Que tes parents soccupent delle, ou bien occupetoi toimême, tout est prêt.

Voilà comment vivait Clémence. Un jour, elle décida daller en ville, de sinscrire à luniversité, et la grandmère lui lança ces mots davertissement.

Clémence étudia rapidement, avec enthousiasme. Tout lui plaisait à Paris : les filles en robes élégantes, les hommes galants. Elle voulait montrer à sa mère toute la splendeur de la ville, mais comment ly emmener? La grandmère et le père refusaient, une vieille sorcière saccrochait à elle, buvant le jus de la colère. Ainsi, Clémence ne venait que quand sa mère lautorisait.

Elle se lia damitié avec la directrice du foyer, AnneAndrée. Cette dernière avait un fils déjà installé dans le Nord, deux petitesnièces. Elles vivaient avec leur bellefille, qui restait toujours à la maison.

Clémence devint proche dAnneAndrée, qui prétendait quune réunion de parents était imminente. «Un an de lycée et les parents sont absents, alors on peut emmener la mère en ville.» Le père grogna, la grandmère lança une remarque moqueuse, insinuant que la fille tournait avec les garçons au lieu détudier.

Sa mère craignait les reproches, mais les professeurs louaient la fille, et la mère se sentit revigorée. Clémence montra le foyer à sa mère, et rencontra AnneAndrée, les femmes se lièrent immédiatement.

Ne soyez pas timide, Madame Marie, Macha
Toute la nuit, les dames partagèrent un thé, et Macha raconta tout.
Ah, Anne, jai passé ma vie à servir, à part ma fille, je nai jamais eu denfants. Le père et la mère ne sont pas malades, ils ont besoin dun enfant, même sans.

Je ne suis que la septième voix qui parle, mais jai toujours eu des cinq! Je voulais vivre en ville, fréquenter la bibliothèque, mais le destin en a décidé autrement. Merci à ma fille de mavoir fait découvrir la ville, je navais jamais quitté le quartier.

Vraiment, Clémence, tu seras heureuse?
Oui, si elle reste en ville. Sinon, elle passera toute sa vie à attendre quun bon mari arrive.

Et vous, que faitesvous, Macha?
Je suis comptable, ça fait plusieurs années que je travaille sur les comptes.
Vous êtes donc lettrée? Pardon pour la question.
Bien sûr, je suis lettrée, jai étudié à la campagne, toujours rêvé de la ville

Quy atil, Macha? Déménagez, simplement, dit AnneAndrée.
Ah, Anne, tu dis toujours que je devrais étudier

Les femmes chuchotaient encore.

Marie rentra à la maison, sa bellemère la critiquait, le mari la regardait comme un loup, deux fois laiguillait au nez et à lœil. Elle se précipita au travail, masquant les bleus sous son uniforme.

Le mois suivant, elle repartit à la réunion de Clémence.

La fille ne travaille pas, elle se laisse aller, comme ma petite Loulou, si sage, si belle, si obéissante. Mais elle court aux hommes, Michel laira dans les bras.

Cette foisci, Michel frappa Marie si fort quelle eut peur, non pas pour elle, mais pour Michel. Elle courut au commissaire, portait du saucisson, du sang, même un morceau de lard.

Elle suivait la bellefille, et Michel tournait en rond autour de sa femme.

Marie séchappa, regarda son mari, la cour, la maison qui nétait pas la sienne, même après vingtcinq ans defforts. Elle décida décrire une lettre, de quitter sans préavis. Tous furent sous le choc, elle fut libérée.

Clémence sauta de joie.

Maman, cest toi?
Oui, ma petite, je nai plus de force, mon corps est couvert de bleus.
Oh, maman, pleura la fille.
Ça ira, Anne taidera.

Maman, reviendrastu?
Non! dit Marie, en pressant les lèvres, non, pour toi, que tu aies une vie meilleure.

Marie trouva un poste à lusine, toujours comptable, on lui donna une chambre au foyer, elle recommença à sépanouir. Le soir, elle se promenait avec Clémence.

Quelquun du village les vit, et Michel fut averti. Il arriva, lair sombre, et dit : «Marie, je viens te chercher.»

Je ne partirai pas avec toi, répondit-elle, jen ai assez souffert.

Michel grinça des dents, siffla, mais Marie navait plus peur, elle était devenue autre.

Ne fais pas lidiote, Macha, sinon je te pardonnerai.
Pars, Michel, sinon jappelle la police.

La police?
Michel, on nous a trompés il y a un mois.
Comment ça?
Tu nas pas reçu la lettre?
Non, réponditil, désolé.
Alors, excusemoi.
Mais Macha, je taime.
Tu es comme ce loup qui a aimé une brebis, tu ne sais pas ce que lamour signifie.

Cest de ta faute, grogna-til.
Pars
Tu ne reviendras pas?
Non.
Tu le regretteras.
Pars.
Jirai, mais ne pense pas revenir, je ne taccepterai plus, Maroussia.

Il pleura alors.

Reviens, ma chère? Maman est trop vieille, on ne la supporte plus
Non, secouatil la tête, je ne reviendrai pas.

Comment?
Tu as bu tout le sang de ma mère, ma fille a grandi orpheline, pourquoi astu laissé ma mère souffrir ainsi?
Pardon, Mariane, les choses changeront, reviens

Non, Michel, pars. Je veux vieillir en paix.

Michel revint comme une tempête, cria contre sa mère, chercha de lalcool, en acheta et but.

Maman
Quoi, Michel?
La lettre étaitelle arrivée avec le sceau à mon nom?

Il ferma les yeux, mordit ses lèvres, ne savait plus où poser ses mains.

Maman
Je ne sais pas, Michel, il y a eu

Une semaine plus tard, Michel but encore, puis ramena à la maison Katerine Yalymkina, ils se promenèrent, la mère ignorait tout.

La nouvelle bellefille organisa rapidement la maison, ce nétait plus la douce Macha. La grandmère craignait de la voir.

Puis arriva Loulou, la petitefillebelle, si jolie, mais le destin la trahit. Un escroc la trompa, la fit souffrir, la conduisit à la misère.

Macha était la cause de tous les malheurs, elle ne voulait pas que Michel lamène, mais la vilaine Katia la dirigeait désormais.

On raconte que Macha vit en ville, une veuve qui a épousé un homme volage. Elle aurait même épousé, et la petitefille na plus de chance. Elle laissa son fils Nadine, partit à la ville, espérant y trouver le bonheur.

Macha était une vraie sorcière, tout à cause delle. Katia, elle, dirige tout, Michel se soumet à elle

Ce serait la faute de Macha, elle vit là Si elle venait, elle brûlerait la vieille dame dans le sauna, la respecterait enfin, mais Katia ne fait que déchirer les vêtements, jusquaux bleus.

Clémence aussi, petitefille, ne montre pas son nez. Elle na même pas invité la grandmère à son mariage ; elles sont maintenant citadines, on na plus besoin delles

Ce qui est bien, cest que la mère a troqué son sang contre une femme aux cheveux fouettés, peu importe comment Macha soit, elle reste respectueuse, alors que

Nadine est aussi bonne, prendsla, il ny a plus de temps pour elle, cest le jeu, pas la maison.

Oh! Peutêtre quelquun ira à cette ville, verra Marie, lui transmettra un message, Macha est gentille, elle pleurera la vieille.

Nous avons vécu ensemble, âme à âme.

Katia, la femme aux cheveux fouettés, est apparue de nulle part, a tout ramassé pour elle, quelle créature.

Macha était une vraie femme, une bonne grandmère habile, tout brûlait dans ses mains, le pain, les gâteaux!

Et celle qui venait des enfers, quand elle cuisine, on peut se casser les dents, elle ne prépare que des potages pour les porcs, où est Macha, la petitefille, Clémence.

Michel a eu un arrièrepetitenfant, ils voudraient le voir au moins une fois.

Loulou, la petitebête, pleine de fougue

Oh! Macha, petitefille Clémence Leurs visites à la grandmère, elle essuie les larmes qui coulent sur sa peau parcheminée, sans comprendre pourquoi la vie la ainsi traitée.

Toute sa vie, elle a été douce avec les gens.

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MARGOT, le Voyage Inoubliable à travers la Provence et ses Secrets Enchanteurs
Mon ami, 42 ans, s’est enfin marié : il dit qu’elle est une fée du logis et une excellente cuisinière, et que le reste ne l’intéresse pas