Une mère crie : « Tu m’as trahie ! » alors que le père s’efface dans l’ombre

Une mère vocifère: «Tu mas trahie!», tandis que le père sévanouit.
La mère hurlait: «Tu mas trahie!», alors que le père séclipsait sans un mot.
Élodie somnolait profondément quand le téléphone déchira le silence nocturne. Elle attrapa le combiné, le cœur battant la chamade dans sa poitrine.
Élodie! la voix de sa mère tremblait dangoisse. Viens! Tout de suite!
Maman, que se passetil? Elle se réveilla brusquement, tentant de contenir son panique. Encore une dispute avec papa? Vous avez vécu ainsi toute votre vie, débrouillezvous!
Il ne reste plus personne à qui se disputer! sécria sa mère, la voix brisée. Ton père nexiste plus!
Maman Papa est mort? Élodie se figea, le sang glacé dans ses veines.
Viens, tu verras de tes propres yeux! lança sa mère. Ce nest pas une discussion à tenir au téléphone!
Voir quoi? Elle faillit crier, perdue.
Viens! sa mère raccrocha.
Tremblante, Élodie se prépara en hâte. Elle fonça vers la maison familiale en banlieue lyonnaise, incapable dimaginer ce qui lattendait.
Élodie! Viens! la voix de sa mère retentissait comme un glas.
Quoi encore? murmuratelle, frottant ses yeux somnolents.
Quoi encore!? Je suis au bord du gouffre, et elle pose encore des questions! Sa mère sanglotait presque.
Maman, il est sept heures du matin, cest samedi, tentatelle de raisonner, malgré linquiétude qui croissait. Jai des projets, les enfants, mon mari. Dismoi ce qui se passe, sinon je ne viens pas.
Tu ne viens pas? Sa mère sindigna. Je ne compte plus pour toi! Tu te moques de ma peine!
Maman, vous vous êtes disputés toute votre vie, interrompit Élodie. Je suis fatiguée dêtre votre médiatrice.
Ton père nest plus là! hurla sa mère avant que la ligne ne se coupe.
Questce que cest? grogna son mari, Théo, se retournant dans le lit.
Quelque chose de grave, apparemment, réponditelle dune voix encore choquée. Il faut que jy aille.
Ils sont insupportables! sexclama Théo. Ta mère ne comprend pas que tu as ta propre famille? Jeux familiaux
Théo, ne recommence pas. On ne choisit pas ses parents, soupiratelle. Je dois partir. Désolée, mais tu toccuperas des enfants seul.
Comme si cétait la première fois, grognatil. Dis à ta mère que si elle rappelle comme ça, je demanderai le divorce.
Élodie leva un sourcil :
Sérieusement?
Non, bien sûr, il fit un sourire crispé. Mais il faut leffrayer. Peutêtre quelle comprendra.
Elle ne comprendra pas, secouatelle la tête en rassemblant ses affaires.
Toute sa vie, la maison familiale avait été un champ de bataille. Sa mère, HélèneMarie, criait sans cesse, tandis que son père, JeanLuc, restait muet, les lèvres serrées. En apparence, il feignait lindifférence, mais Élodie savait que, sous la surface, il bouillait.
Les disputes avaient commencé quand elle était adolescente. Dabord rares, elles étaient devenues quotidiennes. Sa mère, dune voix de mégère, déclenchait des scènes qui réveillaient tout limmeuble. Même les vieux du banc du bas hochaient la tête: «Comment il fait pour vivre avec ça? Pauvre homme.»
Personne ne demandait comment Élodie survivait à cet enfer. De lextérieur, la famille paraissait idéale: son père dirigeait un laboratoire universitaire, gagnait bien sa vie, sa mère ne travaillait pas, soccupant du foyer et de sa fille. Mais «soccuper» était un grand mot. HélèneMarie commandait tout: son mari, Élodie, même la femme de ménage que son père avait engagée pour lalléger. Une tentative vaine.
Les querelles se poursuivaient, publiques, cruelles. Élodie nétait plus quun meuble supplémentaireses sentiments étaient inexistants. Elle rêvait de fuir. Et elle le fit. Elle partit étudier à Lyon, quittant le petit village, ne revenant que rarement. Mais chaque visite était souillée par leurs cris.
Un jour, son père, excédé, lui lança: «Questce que tu veux, Hélène? La lune?» Sa mère, stupéfaite quil ose linterrompre, éclata de rire avant de se taire. Bref.
À leur mariage, sa mère avait surpassé lhorreur. Elle tirait sur son père, critiquait tout, et lorsquon proposa à JeanLuc un toast, elle bondit: «Je le ferai! On ne peut pas lui confier quelque chose dimportant!» Les invités échangèrent des regards, Élodie brûlait de honte.
Après les noces, son père lui offrit discrètement un appartement à Lyon, lui demandant de ne rien dire à sa mère. Elle garda le secret, le partageant seulement avec Théo. «Sacrée surprise! sexclamatil. Jespère que nous naurons pas de secrets comme celuici.» «Jamais, sourittelle. Je tiens de mon père que je ne supporte plus les conflits.»
Ces souvenirs lassaillèrent pendant le trajet. Elle sattendait aux plaintes habituelles, aux yeux fatigués de son père. Mais la réalité fut pire.
Sa mère ouvrit la porte en gémissant: «Je lui ai tout donnéma jeunesse, ma vie! Et il ose!»
Maman, où est papa? Élodie la saisit par les épaules.
Ton père a quitté la maison cette nuit! sécria sa mère, les larmes aux yeux.
Quitté? Le sol sembla se dérober sous ses pieds.
Il est parti pendant que je dormais! Il a ramassé ses affaires et il est parti!
Tu las appelé?
Bien sûr! Il ne répond pas! Appellele, toi, il ne veut plus me parler!
Élodie composa le numéro. Son père répondit immédiatement, la voix étrangement posée: «Je sais pourquoi tu appelles. Jai mérité de ne plus voir ta mère. Je reste chez un ami. Si tu as besoin, je suis là. Pour toi.»
Papa, où estu? demandatelle, sentant le regard perçant de sa mère.
À la campagne. Pour le moment. On verra plus tard. Daccord?
Daccord, murmuratelle.
Questce que tu lui as promis? sécria sa mère. À ce traître!
Maman, ça suffit! Papa nest pas un traître. Il est épuisé par tes drames.
Cest ce quil ta dit?
Non, cest moi. Il est chez un ami. Il reviendra, ne tinquiète pas.
Il ne revint jamais. Sa mère découvrit ladresse, sy précipita. Elle frappa, hurla, personne nouvrit. Elle appela sans relâche silence. Elle crut à une maîtresse. Nen trouvant pas, sa colère se décupla: «Comment osetil me quitter sans raison? Je ne suis rien?» sanglotaitelle.
Un jour, Élodie craqua: «Maman, il ne veut pas ton pardon. Il ne divorce pas, il te verse son salaire, ne te reproche rien. Il veut seulement la paix. Il en a assez.»
Cest lui qui en a assez? sécria sa mère. C Cest moi qui ai tout enduré! sanglotatelle, seffondrant enfin, comme si cette vérité lavait transpercée dune lame invisible.

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Une mère crie : « Tu m’as trahie ! » alors que le père s’efface dans l’ombre
Vouloir implorer le pardon, mais il est déjà trop tard