Mon ex-belle-mère est venue nous rendre visite… sans savoir que nous avions divorcé.

Lex-belle-mère est venue nous rendre visite. Elle ne savait pas que nous avions divorcé.

«Tu te rends compte, Marie-Claire ne sait pas que Théo et moi, cest fini », murmura Élodie. Elle éteignit son téléphone et jeta un regard paniqué à son amie.

« Quoi ? sexclama Aurélie. Elle vient ici ? Dans cet appartement ? »

« Cest bien ça », soupira Élodie. « Elle est convaincue que son fils et moi sommes toujours ensemble. Elle dit quelle sennuie de ses petites-filles. »

« Et alors ? Pourquoi tu as peur ? Elle nest plus rien pour toi. »

« Facile à dire. Tu ne la connais pas. Cest une femme redoutable. Elle a des relations, tu sais ! Elle va croire que je lui ai caché la vérité exprès. Elle va me soupçonner de je ne sais quoi et chercher à se venger. »

« Elle ne ta pas appelée une seule fois en deux ans ? » sétonna Aurélie.

« On était fâchées. La dernière fois quelle est venue de Lyon, on sest disputées. »

« À cause de Théo ? »

« Pas seulement », répondit Élodie. « Elle naimait rien chez nous. Ni la façon dont on la reçue, ni léducation des enfants, ni enfin, tout. »

« Et alors ? »

« Quoi, “et alors” ? Elle a dit son mot, jai répondu. Un mot en amenant un autre, et voilà. Marie-Claire a juré quelle ne voulait plus me voir et est partie. Depuis, elle ne parlait plus quà Théo. »

« Et lui ? »

« Lui ? Ça larrangeait bien. Une excuse de plus pour maccuser de tout. Il ma dit que si je ne respectais pas sa mère, cest que je ne laimais pas non plus. Que cétait pour ça quil avait des problèmes au travail. Puis il est parti. Une semaine sans nouvelles. Et quand il a enfin appelé, il ma annoncé quil avait rencontré quelquun dautre et que cétait fini entre nous. »

« Donc Théo na rien dit à sa mère, » murmura Aurélie, pensive.

« Exactement. »

« Et il ne lui a pas dit non plus quil tavait pris la moitié de lappartement ? Quavec deux enfants, un chat et un chien, tu vivais maintenant en colocation ? »

« Cest bien ça. Elle croit que tout va bien. Elle ma dit quelle avait une affaire urgente à Paris et quelle allait rester chez nous une semaine. »

« Où ça, “chez vous” ? »

« Ici », répondit Élodie en regardant autour delle.

On sonna à la porte.

« Cest elle », chuchota Élodie, effrayée. « Que faire ? Comment lui expliquer ? »

« Dis-lui simplement la vérité. »

« Elle va encore tout me reprocher. Elle va crier. Jai peur. Et si je nouvrais pas ? »

« Ce serait pire. Elle soupçonnerait quelque chose de louche. »

On sonna de nouveau.

« Ouvre », dit Aurélie fermement. « Et ne crains rien. Quelle crie si elle veut. Tu nas rien à te reprocher. Et puis, je suis là. »

Élodie ouvrit la porte.

« Bonjour, Marie-Claire », dit-elle doucement.

« Pourquoi tu as mis si longtemps ? » demanda sévèrement Marie-Claire en entrant avec deux valises. « Tu cachais quelquun ? »

« Je ne cachais personne », répondit Élodie. « Je parlais avec une amie. »

« Quelle amie ? »

Aurélie apparut dans lentrée.

« Bonjour », dit-elle. « Je suis Aurélie. Une amie dÉlodie. »

Marie-Claire la toisa avec mépris.

« Théo est au travail ? » demanda-t-elle à Élodie.

« Peut-être », répondit Élodie.

« “Peut-être” ? Tu ne sais pas où est ton mari ? »

Élodie haussa les épaules, embarrassée.

« Il nest plus son mari ! » lança Aurélie, provocante.

Marie-Claire la regarda avec intérêt.

« Comment ça ? »

« Littéralement », répondit Aurélie, fière et courageuse.

*Jai toujours rêvé de dire ça à ma belle-mère*, pensa-t-elle. *Dommage que je naie pas pu le faire avec la mienne. Au moins, je me rattrape avec celle-ci.*

« Élodie et votre précieux fils ont divorcé il y a un an », continua Aurélie avec ironie. « Ils ont dû partager leur appartement de deux pièces, acquis pendant leur mariage. Théo a vendu sa moitié. Résultat : Élodie sest retrouvée en colocation avec ses deux enfants, un chat et un chien. Dautres questions ? »

Marie-Claire fixa Élodie.

« Cest vrai ? »

« Oui », répondit Élodie. « Nous avons divorcé lautomne dernier. »

« Pas ça. Il ta vraiment pris lappartement ? »

« Oui. Il en avait le droit. Cétait notre bien commun. Et puis, il est déjà remarié. »

« Remarié ? »

« Théo dit quelle attend un enfant. Il ma demandé de ne pas le harceler pour la pension. Il promet de tout me rembourser plus tard. Il a des problèmes au travail, paraît-il. »

« Et tu las cru », intervint Aurélie. « Naïve. Il ne te donnera rien. Il na sûrement aucun problème, et ce bébé, cest une invention pour tattendrir. Elle nest même pas sa femme. Juste une compagne. »

« Pourquoi ne ma-t-il pas dit quil avait divorcé ? » murmura Marie-Claire, pensive.

« Peut-être quil ne voulait pas vous inquiéter », suggéra timidement Élodie.

« Peut-être », admit Marie-Claire.

En réalité, Théo avait une autre raison de ne rien dire à sa mère.

*Quelle croie quÉlodie et moi sommes encore ensemble*, songeait-il. *Ça marrange. Maman déteste Élodie, mais elle adore ses petites-filles. Grâce à elles, elle maidera à acheter un appartement.*

Chaque mois, au téléphone, il se plaignait de leur manque de place dans leur deux-pièces. Il envoyait des photos des enfants, sachant combien sa mère les adorait. Il affirmait que tout allait bien, mais quune plus grande demeure leur manquait pour être heureux.

« Laînée entre bientôt à lécole », soupirait-il. « Et nous navons même pas la place dun bureau. Si seulement nous pouvions acheter plus grand. Mais avec mon salaire, cest impossible. Les filles ont même écrit au Père Noël pour quil leur offre un appartement près du métro Porte de Versailles. Elles sont si drôles. Elles parlent souvent de toi. Elles demandent : “Comment va mamie ?” Mais ne tinquiète pas, maman. Nous nous débrouillerons. Au pire, elle fera ses devoirs dans la cuisine. »

Théo savait exactement ce quil faisait. Il était sûr que sa mère céderait.

*Elle trouvera une solution*, pensait-il. *Et pour laider, je lui soufflerai une idée.*

« Bien sûr », continuait-il, « on pourrait vendre ta maison de campagne en Provence. Avec cet argent, on achèterait un quatre-pièces à Paris, près du métro Luxembourg. Jai vérifié les prix, ça correspond. Les filles auraient chacune leur chambre. Mais je ne veux pas ty forcer, maman. Je sais combien tu aimes cette maison. »

Et maintenant, arrivée de Lyon, Marie-Claire découvrait la vérité.

« Je vois », dit-elle. « Et les filles, où sont-elles ? »

« À la crèche. »

« Tu travailles ? »

« En télétravail. »

« Et tes colocataires ? »

« Une voisine. Une femme gentille. Elle a accepté le chat et le chien. Elle aussi vient de divorcer. Elle est au travail. »

« Gentille, vraiment ? » ricana Marie-Claire. « Bon, très bien. Je men vais. »

Elle sortit sans un mot de plus.

« Ça sest bien passé », soupira Élodie en refermant la porte. « Je craignais quelle ne crie. »

Deux mois plus tard

*Ça fait longtemps que je nai pas appelé maman*, pensa Théo. *Il faut que je lui rappelle ma situation difficile.*

« Allô, maman ? Comment vas-tu ? Tant mieux. Je suis content pour toi. Nous ? Comme dhabitude. Entassés à quatre dans un deux-pièces. Tiens, justement Jai une idée. Et si on vendait ta maison de Provence, comme tu lavais suggéré ? Tu te souviens ? Hein ?

Comment ça, tu nas plus la maison ? Maman ! Quoi ? Elle a brûlé ? Non ? Ouf. Alors ? Tu las vendue ? Et largent ? Tu las dépensé ? Attends, je ne comprends pas. Pour quoi ? Tu as acheté un quatre-pièces ? À qui ? Aux enfants ? Quels enfants, maman ? Les miens ? Mais ils sont trop petits ! Cest possible ?

Pourquoi tu ne mas pas consulté ? Oui, jai demandé. Oui, jai dit quil leur fallait des chambres. Mais tu aurais pu men parler. Et acheter lappartement à moi, pas à mes enfants. Tu ne las pas fait parce que je nétais pas là quand tu es venue ? Quand ça ? Je vois. Et lappartement, il est où ? Métro Montparnasse ? Attends, maman Jai comme un voile noir Non, non, ça va. Cest lémotion. Merci beaucoup. »

Dès le lendemain, Théo se présenta chez Élodie dans le nouvel appartement.

Pendant vingt minutes, il arpenta les lieux en silence, inspectant chaque détail.

*Tout cela aurait pu être à moi*, songeait-il. *Rien quà moi. Si Élodie navait pas manipulé maman. Comment a-t-elle réussi à sen faire une alliée ? Quimporte, tout nest pas perdu. Je lépouse à nouveau, puis je marrangerai pour quelle disparaisse. Elle a sa chambre, quelle y reste.*

« Élodie », annonça-t-il solennellement après sa visite, « après tout ce qui sest passé, nous pouvons reprendre notre vie commune. Ma mère ta pardonnée. Sinon, elle ne nous aurait pas acheté cet appartement. »

« Elle ne la pas acheté pour nous. »

« Comment ça ? Pour qui alors ? »

« Pour nos filles. »

« Cest la même chose. Et maintenant, tu vas redevenir ma femme. »

« Je vais ? »

Théo la fixa, sévère.

« Tu nas pas compris », dit-il. « Je ne te demande pas ton avis. Je tinforme. Après-demain, à 10 heures, devant la mairie. Tu te souviens du réverbère, à droite de lentrée ? »

« Je men souviens. On noublie pas ces choses-là. »

« Et ne sois pas en retard. Tu sais comme je déteste ça. »

« Je ne serai pas en retard », promit Élodie.

Bien sûr, après-demain, Élodie ne vint pas. Théo, furieux, lappela. Elle prétendit avoir oublié. Ils reportèrent au lendemain. Mais le lendemain, même scénario.

« Comment ça, Élodie ? cria-t-il au téléphone. Pourquoi encore ? »

« Désolée, répondit-elle. Jai encore oublié. »

Ils reportèrent à la semaine suivante. Et encore une fois, Élodie ne se présenta pas. Mais Théo ne renonça pas.

Six mois plus tard, il continuait despérer. Il fixait sans cesse de nouvelles dates, toujours repoussées. Et chaque fois, il arrivait à lheure, sous le réverbère.

Les employés de la mairie ladmiraient.

« Voilà ce quon appelle un amour véritable ! se disaient-ils. Il est là, quil pleuve ou quil vente. Vous vous souvenez de la tempête lhiver dernier ? Les arbres déracinés ? Même ce jour-là, il était là. Si un jour il ne vient plus, nous devrions lui ériger une statue. Un symbole de persévérance masculine ! »

Et la morale de cette histoire ?

*Les mensonges finissent toujours par se retourner contre ceux qui les tissent. Et parfois, la vie récompense ceux qui savent attendre sans jamais céder à la pression.*

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Mon ex-belle-mère est venue nous rendre visite… sans savoir que nous avions divorcé.
Je ne veux pas que ton fils vive avec nous après le mariage : quand l’amour d’un père triomphe sur les ultimatums de sa future épouse — Tata Hélène, tu peux m’aider avec les maths ? demanda timidement Alexis, plein d’espoir, à la compagne de son père. Demain j’ai un contrôle, et papa rentre tard du travail. — Désolée, chouchou, j’ai pas le temps, répondit la jeune femme sans lâcher son ordinateur. Le mariage est dans deux semaines, tout n’est pas prêt. Tu veux qu’on ait une cérémonie parfaite, non, Alexis ? — Oui, bien sûr… répondit l’enfant d’un ton perdu, se repliant tristement dans sa chambre. Alexis ne l’aimait déjà pas beaucoup, mais son père rayonnait de bonheur auprès d’elle. Pour lui, il fallait supporter. La mère d’Alexis était gravement malade, incapable de s’occuper de son fils. Un enfant de huit ans ne devrait pas être témoin de la souffrance de sa propre mère ! Avec ces mots, Jérôme, le père d’Alexis, avait récupéré son garçon. Sa fiancée n’était guère enchantée, mais elle n’avait rien dit. Un conflit, à quelques jours du mariage, ne lui paraissait pas une bonne idée. Hélène s’efforçait de paraître attentionnée et compréhensive — du moins quand Jérôme était là. Dès qu’il partait au travail, elle ignorait complètement Alexis. Ce gamin n’était pas le sien, elle n’en voulait pas. Quelques jours avant la noce, l’ordinateur de Jérôme tomba en panne. Il utilisa le portable d’Hélène. Il voulait juste envoyer un mail… mais il consulta, par curiosité, l’historique de navigation. Son visage se ferma peu à peu. Il referma brusquement l’ordinateur et se dirigea vers le salon où sa presque-femme regardait la télévision. — C’est quoi ces recherches à propos d’un internat pour mon fils ? demanda Jérôme, essayant de contenir sa colère. — De quoi tu parles ? Tu avais dit que tu n’ouvrirais que ta boîte mail… Tu t’es permis de fouiller partout ? Tu n’as pas honte ? — Je veux une réponse. Qui t’a donné le droit de décider du sort de mon enfant ? — Justement, CE n’est pas MON enfant ! rétorqua Hélène en lâchant la télécommande. On aura nos propres enfants, à nous. Alexis ne fera que nous gêner. Il est nul à l’école, toujours entre 7 et 9… Quel exemple pour les nôtres ? — Le gosse est en plein cauchemar ! Sa mère est à l’agonie, il a quitté tout ce qu’il connaît ! Et toi, plutôt que de l’épauler, tu mijotes des plans pour t’en débarrasser ! Jérôme criait, hors de lui, espérant qu’Alexis soit déjà à l’école. — Ne me crie pas dessus ! Je ne suis pas obligée d’élever ton fils. Sa grand-mère peut très bien s’en charger, si tu refuses mon idée. — Et tu comptais m’annoncer ça quand, ce plan génial ? Une semaine après le mariage ? Un mois ? — Dans deux jours, affirma Hélène sans une once de remords. Pas la peine d’attendre, j’ai déjà un contact à l’Aide sociale à l’Enfance. Tout ira vite. Alexis sera mieux là-bas. — Mets-toi ça dans la tête, répondit Jérôme, d’un calme glaçant : je n’abandonnerai jamais mon fils. Je l’aime plus que tout. — Et moi alors ? s’indigna Hélène. Tu ne m’aimes pas ? C’est décidé : je ne veux pas que ton fils vive avec nous après notre mariage. C’est lui ou moi, Jérôme. Choisis. — Lui. répondit simplement Jérôme, sans l’ombre d’une hésitation. Trouver une femme, c’est facile. Mais il n’y a qu’UN fils. — Une autre femme ? Tu rêves ! Qui voudra de toi et de ton mioche ? Ne sois pas ridicule ! Personne ne veut s’occuper de l’enfant d’un autre ! — Tu as une heure pour faire tes valises et quitter cet appartement. Tu peux aussi emporter tes cadeaux de mariage, ça m’est égal. ajouta Jérôme, la voix posée. Je ne veux plus jamais te voir. Si tu croyais que j’étais fou de toi, tu t’es trompée. Je voulais juste une nouvelle maman pour Alexis, c’est tout. — Attends, Jérôme, et le mariage alors ? bredouilla Hélène, persuadée qu’il finirait par lui demander pardon. Mais il la mettait dehors. — Tu n’as toujours pas compris ? s’étonna Jérôme. Il n’y aura pas de mariage. J’ai fait mon choix, et ce n’est pas toi. Prépare-toi à partir. Si je reviens et que tu es encore là, je ne serai pas tendre. La porte claqua, laissant Hélène désemparée. Pour elle, l’appartement était déjà acquis, elle ne voulait rien lâcher. La sonnette retentit. Pensant que Jérôme revenait sur sa décision, elle ouvrit avec un grand sourire… mais ce n’était qu’un livreur, qui lui tendit un colis. — Une livraison, madame. Signez ici, s’il vous plaît ! Furieuse, Hélène faillit briser le stylo. Le livreur s’éclipsa en la regardant de travers. Dans la boîte se trouvait la superbe robe blanche de mariée, l’étiquette encore dessus. D’un geste rageur, elle la balança et la piétina. Elle appela sa meilleure amie en larmes. — Il n’y aura pas de mariage ! Je fais ma valise… Tu viens me chercher ? — Attends… Il t’a fait du mal ? interrogea l’amie. — Oh oui ! Et elle raconta tout. Silence à l’autre bout. — Tu écoutes ? — Tu voulais vraiment te débarrasser du petit ? — Évidemment, qu’est-ce que j’en aurais fait ? rétorqua Hélène. — Tu sais quoi… Je ne te reconnais pas, murmura la copine. Je ne veux même plus te parler. — Tant pis, j’appelle un taxi… *********************************************** Jérôme récupéra Alexis à la sortie de l’école. Ensemble, ils allèrent au parc nourrir les canards. Alexis, heureux de ce moment avec son père, osa demander : — Tu dois pas aider tata Hélène avec les préparatifs du mariage ? Un peu anxieux, Jérôme répondit : — Non. Le mariage n’aura pas lieu. Tu seras fâché si Hélène ne vit plus avec nous ? — Non, papa ! Pas du tout, dit le garçon, radieux. Elle ne m’aimait vraiment pas. — On va vivre tous les deux pour l’instant, serra tendrement son fils Jérôme. Et, un jour, on trouvera une femme formidable, qui t’aimera comme si tu étais son propre fils.