La bellemère a suggéré que nous emménagions chez elle et que nous mettions notre logement en location. Nayant guère dalternative, nous avons accepté. Tant que mon mari restait à la maison, tout le monde se montrait sympathique, mais dès quil sortait, la dynamique changeait. On me remettait aussitôt « à ma place » et on minterdisait même de mapprocher du frigo.
Je pleurais souvent devant mon mari, tentant de lui décrire la situation, mais il ne me croyait pas. Il soutenait que sa mère et sa sœur ne pouvaient pas agir ainsi. Son scepticisme grandissait quand je racontais quelles avaient collé une substance gluante sur ma brosse à cheveux. Je ne sais pas combien de temps jaurais pu tenir si rien dextraordinaire ne sétait produit.
Dordinaire, nous partions le matin tous les deux: lui au travail, moi pour accompagner les enfants à la crèche. Ce matin-là, Paul ne se sentait pas bien et avait choisi de rester à la maison. Je suis sortie faire quelques courses et, en revenant, je suis tombée nez à nez dans lentrée avec Marc, le compagnon de ma bellesœur Claire.
Hé, va chercher de la bière, vite!
Tu plaisantes? aije répliqué, étonnée.
Questce que je viens de dire? Vite! Tu veux que je répète?
Ma bellemère a surgi de la cuisine:
Exactement! Quelle fasse au moins quelque chose dutile, cette bonne à rien! Et quelle aille aussi sortir les poubelles!
À ce moment, la porte de notre chambre sest ouverte et Paul est apparu. Un silence lourd a envahi la pièce. Ma bellemère sest précipitée dans la cuisine, tandis que mon mari sest dirigé vers Marc, la saisi par le col et la jeté dans les escaliers en hurlant quil ne devait plus jamais mettre les pieds ici.
Claire a voulu intervenir, mais sest contentée de hausser les épaules. Ma bellemère a tenté dattiser la dispute, mais Paul la interrompue avant quelle ne puisse finir sa phrase. Il a aussitôt appelé les locataires et leur a signifié que ce serait leur dernier mois dans lappartement. Puis il sest tourné vers sa mère et sa sœur et a déclaré fermement:
**«Si dici la fin du mois vous prononcez encore la moindre parole insultante à lencontre de ma femme, considérez que vous navez plus de fils.»**
Un mois plus tard, nous avons regagné notre propre logement. Pourtant ce cauchemar ma longtemps poursuivie. Ma bellemère et mon beaupère ont renié Paul, ce qui ne la ni touché ni dérangé. Il a même annoncé quil ne voulait plus jamais les voir ni entendre parler deux.




