Je suis tombé sur mon ex-femme deux ans après le divorce. À ce moment-là, j’ai tout compris, mais elle a juste souri et secoué la tête quand je lui ai proposé de recommencer…

Je croisai mon ex-femme deux ans après notre divorce. À cet instant, je compris tout, mais elle se contenta de sourire et de secouer la tête lorsque je lui proposai de recommencer

Lorsque notre deuxième enfant naquit, Camille cessa de se soucier de son apparence. Autrefois, elle changeait de tenue plusieurs fois par jour, toujours élégante, soignée, chaque détail parfaitement harmonisé. Mais après son retour de la maternité, elle semblait avoir oublié quil existait dautres vêtements dans son armoire quun vieux t-shirt et un pantalon de jogging usé.

Elle les portait toute la journée, et souvent même pour dormir. Quand je lui demandais pourquoi, elle répondait que cétait plus pratique pour se lever la nuit et soccuper des enfants. Cela pouvait se comprendre, mais quétaient devenues ces paroles quelle répétait sans cesse : « Une femme doit rester une femme, peu importe les circonstances » ? Elle ne les prononçait plus. Pas plus quelle ne parlait de son institut de beauté, de la salle de sport ou de son coiffeur. Et oui pardonnez-moi ce détail parfois même, elle oubliait de mettre un soutien-gorge le matin et traversait la maison sans la moindre gêne.

Son corps aussi avait changé. Sa taille, son ventre, ses jambes ce nétait plus les mêmes. Ses cheveux, autrefois brillants et disciplinés, nétaient plus quun fouillis de boucles indisciplinées ou un chignon hâtif doù séchappaient des mèches rebelles. Et pourtant avant, quand nous nous promenions dans les rues de Paris, les hommes se retournaient pour la regarder. Jétais fier. Belle. Mienne.

Mais cette femme-là nexistait plus.

Notre maison reflétait son état desprit. La seule chose que Camille continuait de faire à la perfection était la cuisine. Jamais elle ne négligeait cela, et ses plats étaient un véritable régal. Mais pour le reste cétait désolant.

Jessayai de lui faire comprendre quelle ne pouvait pas sabandonner ainsi. Quelle devait redevenir elle-même. Elle se contentait de sourire tristement et murmurait quelle ferait des efforts. Les mois passaient, et chaque jour, javais devant moi une femme que je ne reconnaissais plus.

Jusquà ce que jen aie assez.

Je pris une décision : le divorce.

Il ny eut ni cris ni scènes. Elle tenta de me faire réfléchir, mais voyant ma résolution inébranlable, elle soupira et murmura dune voix éteinte :

Fais comme tu veux Je croyais que tu maimais

Je ne répondis pas. À quoi bon discuter de ce quétait lamour ou non ? Je me rendis au tribunal, et peu après, nous signâmes les papiers.

Je ne sais pas si je fus un bon père. Je me contentai denvoyer la pension alimentaire, rien de plus. Je ne voulais pas la voir. Pas comme ça. Pas sous les traits de cette femme quelle était devenue.

Deux ans plus tard
Cétait un après-midi dautomne à Lyon. Je marchais sans but, perdu dans mes pensées, quand soudain, je laperçus.

Il y avait quelque chose dans sa démarche, une assurance qui attirait le regard. Son pas était léger, élégant, empreint de confiance. Et lorsquelle fut assez près, mon cœur sarrêta.

Cétait Camille.

Mais pas celle que javais quittée.

Cette femme était plus éblouissante encore que lorsque je lavais connue. Talons hauts, une robe qui soulignait ses courbes, une coiffure impeccable, un maquillage discret mais envoûtant. Et ce parfum celui qui me rendait fou autrefois.

Je dus rester bouche bée, car elle éclata de rire.

Quy a-t-il ? Tu ne me reconnais pas ? Je tavais dit que je changerais, mais tu ne mas pas crue.

Je laccompagnai jusquà la salle de sport où elle sentraînait désormais chaque jour. Elle me parla des enfants, de leur bonheur, de leur épanouissement. Delle-même, elle ne dit pas grand-chose, mais ce nétait pas nécessaire. Son regard, sa posture, son allure parlaient pour elle.

Et moi

Je me souvins.

Je me souvins de ces matins où sa tenue négligée magaçait, de ces jours où sa fatigue mexaspérait. Je me souvins de linstant précis où javais décidé de partir, où mon égoïsme mavait fait croire quelle ne me suffisait plus.

Et je me souvins quen la quittant, javais aussi abandonné mes propres enfants.

Avant de nous séparer, je rassemblai mon courage et lui demandai :

Je peux tappeler ? Jai tout compris Peut-être pourrions-nous réessayer.

Camille me regarda avec sérénité. Puis elle sourit, secouant la tête.

Cest trop tard, Julien. Prends soin de toi.

Et elle sen alla.

Je restai là, immobile, la regardant disparaître dans la foule.

Oui.

Javais compris.

Mais trop tard.

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Je suis tombé sur mon ex-femme deux ans après le divorce. À ce moment-là, j’ai tout compris, mais elle a juste souri et secoué la tête quand je lui ai proposé de recommencer…
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