**Journal de Lucas 12 octobre**
Ce matin, ma belle-mère, Édith, était plantée devant ma porte avec une valise, lair de sattendre à ce que je linvite à prendre le thé. Comme si douze ans de mariage et un divorce pénible ne comptaient pas.
« Mon petit Lucas, tu sais bien que je nai nulle part où aller. Thomas a emménagé avec cette Sophie. À mon âge, je ne vais pas les gêner, nest-ce pas ? »
Jai soupiré en la laissant entrer. Que pouvais-je faire ? La mettre à la rue ? Après tout, ce nétait pas sa faute si Thomas avait trouvé le bonheur dans les bras dune collègue de vingt-cinq ans. Mais pourquoi devrais-je en subir les conséquences ?
« Édith, vous avez votre propre appartement à Montpellier, non ? »
Elle sest installée sur mon canapé avec un sourire suffisant. « Oh, cest si petit là-bas. Ici, à Lyon, cest spacieux. Thomas ma dit que tu vivais seul dans ton deux-pièces »
Bien sûr. Mon ex avait tout prévu : sa nouvelle vie avec Sophie, et sa mère chez moi. Pratique.
La première semaine, jai joué le jeu. Petit-déjeuner partagé, courses, ménage. Édith laissait traîner ses affaires, regardait des séries à volume maximum et exigeait sans cesse de largent.
« Lucas, chéri, ma pension est si maigre Tu pourrais mavancer cent euros pour mes médicaments ? »
Jai cédé. Une fois. Puis deux. Puis pour des « petits gâteaux » qui narrivaient jamais.
Un mois plus tard, jai osé protester. « Édith, il faut vivre selon ses moyens. »
Ses yeux ont étincelé. « Comment oses-tu ? Je tai traité comme un fils ! Et voilà comment tu me remercies ? »
Elle a hurlé, ma traité dégoïste, a menacé de tout raconter aux voisins. Jai appelé Thomas.
« Viens chercher ta mère. »
Il a ri. « Allons, Lucas. Je commence une nouvelle vie. Elle est âgée, elle a besoin de calme. »
Jai raccroché.
Ce soir-là, jai compris quÉdith se voyait déjà comme la maîtresse des lieux. Alors jai pris une décision.
Le lendemain, pendant quelle était chez le médecin, jai changé les serrures.
À son retour, son visage sest décomposé. « Lucas ! Ouvre cette porte ! »
Je suis sorti, impassible. « Prenez vos affaires. Un taxi vous attend. »
« Tu nas pas le droit ! »
« Si. Cest chez moi. »
Thomas a été stupéfait de nous voir débarquer. « Quest-ce qui se passe ? »
« Ta mère a décidé de vivre avec toi. »
Sophie, en peignoir, a pâli. « Mais nous navons pas la place ! »
« Ce nest plus mon problème. »
Édith a pleuré, menacé, sest agrippée le cœur. Je suis parti sans un regard.
À mon retour, jai réservé un vol pour la Grèce. Largent économisé pour un nouveau meuble ? Deux semaines de soleil.
Thomas a appelé, furieux. « Tu es devenu cruel. »
Jai souri. « Non. Juste libre. »
Maintenant, assis dans lavion, je lève mon verre de champagne. À moi. À cette vie où je décide qui mérite ma patience.
Édith hurle peut-être chez Thomas. Lui se démène pour plaire à Sophie. Moi ? Je vais nager dans la mer Égée.
Le téléphone reste éteint.
**Leçon du jour :** Parfois, dire « non » est la seule manière de se respecter.







