Oublier tout pour l’éternité

**Tout oublier pour léternité**

« Je ne tai jamais aimé », avoua mon ex-femme, me fixant avec un regard moqueur et glacial.
« Je men doutais, Hélène. Je le sentais », répondis-je calmement.
« Tu es étrange. Ça te suffisait, un amour à sens unique ? Je ne comprends pas », continua-t-elle.
« Je tai aimée et je taime encore. Pardonne-moi de tavoir fait souffrir. Tu as vécu avec un mari que tu détestais. Moi, jétais heureux avec toi. » Une boule amère me serrait la gorge.
« Heureux avec une garce ? » sétonna Hélène.
« Ça suffit. Adieu. Viens voir Antoine. » Je me levai brusquement du banc et partis.

Cette rencontre au parc eut lieu après notre divorce. Hélène, mon épouse adorée, nétait plus quun souvenir.
Avant elle, il y eut bien des candidates au mariage. Mais toutes étaient éphémères, sans profondeur. La rencontre avec Hélène bouleversa ma vie. Je tombai amoureux, irrémédiablement.

Je fonçais, aveuglé. À vrai dire, je ne métais même pas soucié de son avis. Quelle erreur
Nous préparâmes le mariage. Elle avait dix ans de moins que moi. Je crois quHélène ne comprit pas vraiment comment elle sétait retrouvée fiancée. Moi, je voulais crier au monde entier :
« Regardez la magnifique femme qui sera ma femme ! »

La cérémonie fut bruyante, joyeuse, pleine de vie. Jinvitai toute la famille, même ceux avec qui jétais brouillé. Comme pour dire : « Je pardonne tout au nom de mon bonheur futur. » Un « bonheur » qui venait tout juste davoir dix-huit ans. Une adolescente naïve, mais dune beauté à couper le souffle.

La marche nuptiale retentit
« Tu maimes, Olivier ? » demandait ma jeune épouse.
« Bien sûr, ma chérie ! Tu es mon air, ma lumière, ma vie ! » mextasiais-je devant ce bonheur conquis.
Il ne me vint même pas à lesprit de lui demander : « Et toi, quest-ce que tu ressens ? »

Quimporte ? Je laimais, jétais heureux avec elle. Que demander de plus ?
Peut-être avais-je peur de poser la question. Et si elle haussait les épaules, secouait la tête et murmurait : « Je ne sais pas si je taime »

Je me suis donné corps et âme pour Hélène. Je lai habillée de marques luxueuses, gâtée avec esthéticiennes, coiffeurs, massages. Le moindre caprice était exaucé en un clin dœil.
Jai acheté un appartement à sa mère, une femme revêche. Chaque année, « maman » partait en cure thermale.

Elle me mettait en garde sans cesse :
« Mon gendre, tu as une jeune épouse ! Attention à ce quon ne te la prenne pas. Protège ma Hélène. »
Je lai protégée, chérie, couvée.
Hélène sépanouissait, entrait avec grâce dans sa féminité, attirant les regards des hommes. En tant que mari, cela me flattait.

Puis notre fils, Antoine, naquit.
Lattitude dHélène envers le nouveau-né minquiéta aussitôt. Elle lignorait purement et simplement. Antoine fut confié à sa grand-mère. Hélène ne ressentait aucun amour pour lui. Elle faisait comme sil nexistait pas.

Mon cœur se serrait pour ce petit être rejeté par celle qui aurait dû laimer le plus.
Sa grand-mère ladora. Elle prit soin de lui. Moi, je me contentais dapporter largent. Je ne savais pas comment moccuper dun bébé.

Quand Antoine grandit, je décidai de mimpliquer. Sa grand-mère résista :
« Pourquoi le prendre ? Vous en aurez dautres. Antoine est ma joie. Ne me lenlevez pas. »
Hélène, elle, ne développa jamais daffection pour lui. Elle ne chercha pas à le ramener à la maison. Cela lui convenait. Son fils était bien gardé, sans tracas.

Puis un jour, Hélène perdit la tête pour un autre.
Je lui prêtais souvent ma voiture de fonction, avec son chauffeur. Cest en lui quelle tomba amoureuse. Dabord, je crus que cétait une passade. Quelle reviendrait, repentante. Mais non.
Cette histoire damour dura.

Le chauffeur, Romain, ne voulait pas partager Hélène. Même avec son mari. Il lui posa un ultimatum : « Cest lui ou personne. »
Hélène dut choisir. La sécurité financière ou cette passion brûlante. Elle hésita, me mentit, se mentit à elle-même. Mais on ne peut pas avoir le beurre et largent du beurre.

Je licenciai Romain et lui lançai :
« Hélène est un oiseau aux plumes dorées. Elle senvolera avant que tu ten rendes compte. Pourras-tu la garder ? »
« Avec toi, elle samusait. Avec moi, elle ne fera pas la folle. Je lui couperai les ailes », ricana-t-il.

Cest alors quHélène et moi nous retrouvâmes sur ce banc. Jentendis son aveu. Elle ne mavait jamais aimé. Elle avait supporté, rageant en silence.

Hélène épousa Romain et eut une fille. Lui la frappe parfois, boit trop, a des soucis dargent. Mais elle laime passionnément. Dans ses yeux gonflés de larmes, je vois un bonheur amer.

Ils vivent avec mon ex-belle-mère, dans son appartement. Nous sommes voisins. Antoine vit avec moi maintenant.

Jai le « bonheur » de revoir Hélène presque chaque jour. Elle promène sa fille dans la cour, hiver comme été, cachée derrière des lunettes noires.

La Terre est vaste, mais avec elle, jétouffe.
Un jour, je mapprochai delle, comme par hasard :
« Comment vas-tu ? »
« Très bien. Et toi ? » répondit-elle, indifférente.
« Ça va. » Je mentais.

Et nous nous éloignâmes.
Comment ai-je vécu sans elle ? Jai végété, sans joie, sans paix.

Dabord, je bus sans retenue. Je perdis la notion du temps.
Mon ex-belle-mère venait, soupirait devant mon état, emmenait Antoine.
Il y eut des femmes sans importance, des ivrognes qui traînaient, des types douteux qui voulaient macheter lappartement

« Papa, sers-moi un verre aussi », demanda Antoine. Il avait huit ans.
« Pourquoi, mon fils ? Lalcool est amer, tu naimeras pas », répondis-je, la gueule de bois.
« Toi, tu aimes bien », insista-t-il.

Je ne bus plus jamais après ça.

Des années de solitude. Jattendais quHélène revienne. Jétais prêt à laccueillir, même avec sa fille qui nétait pas de moi. Naïf. Elle mavait rayé de sa vie pour toujours.

Quand Antoine se maria et quitta la maison, je songeai sérieusement à refaire ma vie.
Hélène occupait toujours mon cœur. Je navais pas la force de len chasser.

Mais la vie continuait. Je décidai de trouver une femme, nimporte laquelle, pour apaiser ma douleur.

Une fiancée ne viendra pas frapper à ma porte. Je fis une rencontre sur Internet.

Suzanne était mariée. Elle vivait au fin fond de la campagne, à des heures de train

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Oublier tout pour l’éternité
Regrettant sa femme, il fait le retour en arrière.