Une vieille femme creusait la terre chaque nuit : un jour, ses voisins décidèrent de la suivre et découvrirent une terrible vérité.
La nuit, le village dormait paisiblement, mais un bruit sourd persistait dans un jardin isolé : le son répétitif dune pelle enfonçant le sol.
« Tu entends ? » murmura un voisin.
« Oui elle creuse encore », répondit un autre.
Quand les fenêtres séteignaient et que seuls quelques chiens aboyaient dans lobscurité, on entendait ce grattement régulier venant du vieux potager. La voisine, une femme dune soixantaine dannées au sourire doux mais las, sortait chaque soir et commençait à creuser. La lune éclairait sa silhouette entre les plates-bandes et la clôture usée, tandis que le sol se transformait peu à peu en un enchevêtrement de trous.
Au début, les villageois échangeaient des regards et des murmures près de lépicerie. Les hypothèses allaient bon train.
« Peut-être quelle replante des pommes de terre ? » suggéra lun.
« En novembre ? Dans lobscurité ? Il y a anguille sous roche. »
« Je vous jure quelle cache quelque chose. »
« Mais quoi ? » sinterrogeaient-ils.
Un soir, poussés par la curiosité, deux voisins se cachèrent derrière une vieille grange et lobservèrent pendant des heures. La femme, haletante, creusait avec acharnement, sagenouillant parfois comme pour écouter quelque chose sous la terre. Horrifiés, ils comprirent enfin pourquoi elle creusait avec tant dardeur.
La vérité leur fut révélée par hasard. Lun des voisins, sous prétexte de lui apporter un pot de confiture, lui rendit visite en plein jour.
Autour dune tasse de thé, la vieille femme avoua : avant de mourir, son mari, Édouard, lui avait confié quil avait enterré des objets précieux dans le jardin il y avait bien longtempsdes bijoux anciens, des pièces dor, même une bague de famille.
Affaibli, il navait pu lui indiquer lemplacement exact.
Dabord, la veuve, prénommée Colette, pensa oublier cette histoire. Mais chaque nuit, lidée de ce trésor la hantait. Armée dune pelle, elle se mit alors à chercher.
Trou après trou, carré après carré, mais toujours rien. Pas la moindre pièce, pas le plus petit éclat dor. Seulement cette terre noire et humide dont lodeur imprégnait désormais sa maison.
On raconte quelle creuse encore. Et personne ne sait si cest seulement lespoir de retrouver lhéritage de son mari ou sil y a autre chose, enfoui dans ce jardin, quil na jamais osé lui dire.






