Mes parents m’ont forcée à interrompre ma grossesse pour éviter la honte dans notre village. Ils n’ont pas tenu compte du fait que, plus tard, les médecins m’ont diagnostiquée avec une maladie grave. Pourtant, le destin a fini par punir sévèrement mon père pour avoir anéanti ma vie d’une façon si brutale.

Jétais une jeune femme quand je lai rencontré, ce salaud. Il menveloppait de mots doux, me couvrait de compliments, se montrait lhomme idéal sous tous les aspects. Pourtant, à peine avait-il assouvi ses désirs et disparu de ma vie sans prévenir, me laissant seule dans un silence assourdissant. Notre rupture me brisa profondément, mais je nenvisageais pas un seul instant les conséquences de notre histoire. Jai été abasourdie le jour où jai compris que jétais enceinte. Dabord, jai refusé de me confier à ma mère. Mais, voyant quil serait impossible de cacher la grossesse plus longtemps surtout à quatre mois déjà , jai pris mon courage à deux mains et je lui ai tout avoué. Aussitôt, elle en parla à mon père.

La seule chose que jai récoltée, ce furent des reproches acerbes de mon père et des regrets cruels de ma mère : « Jaurais préféré ne jamais tavoir mise au monde. »

Craignant plus que tout le quen-dira-t-on, la honte qui rejaillirait sur notre famille dans tout le village breton, mes parents mont forcée à interrompre la grossesse, peu importe les risques pour ma santé. Jai cédé, la mort dans lâme. Durant les jours qui suivirent, je me suis effondrée, sanglotant chaque nuit, me sentant la pire des traîtres envers lenfant que je portais. Je supplie encore Dieu de me pardonner cet acte. Ma vie sest figée à cet instant précis. Parfois, jaurais souhaité que tout sarrête, définitivement. Mais mes parents restaient froids, indifférents ; leur seule obsession était leur réputation, pas ma souffrance.

Peu de temps après, ne supportant plus leur maison étouffante, jai trouvé la force de fuir. Deux ans à peine après, javais quitté la Bretagne. Jai poursuivi mes études à Paris, bâti une carrière brillante, atteint des sommets que je naurais même pas osé imaginer autrefois.

Jai pu goûter à toutes les réussites matérielles, mais une chose manquait, une chose que ni mon salaire, ni mon adresse chic du 7ème arrondissement, ni mes voyages à travers lEurope ne pouvaient acheter : une famille à moi. Cétait le rêve inaccessible. Devenue stérile, jai compris que javais perdu à jamais la chance dêtre mère. Jai rencontré des hommes, accepté des demandes en mariage, mais à chaque fois que la vérité sur mon infertilité éclatait, ils disparaissaient, sans un mot.

Je ne pardonnerai jamais à mes parents. Ils sont responsables de tout cela. Ils mont volé la possibilité de découvrir la joie dêtre mère. Je néprouve plus ni désir, ni besoin de leur parler, encore moins de les voir. Lorsque mon père a subi un infarctus et que ma mère ma suppliée de laider, jai refusé sans hésiter. Ils mont trahie, et je porte ce fardeau quotidiennement. Par pure conscience, je leur envoie de largent chaque mois un virement en euros, cest tout ce quils méritent désormais.

Mais jai fait un serment : jamais, ô grand jamais, je ninfligerai à ma propre fille une telle blessure. Un parent doit soutenir son enfant, le relever dans ses coups durs, pas lui tourner le dos comme on claque une porte. Mes parents nont jamais compris à quel point le bonheur quils mont arraché était immense et irréparable.

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Mes parents m’ont forcée à interrompre ma grossesse pour éviter la honte dans notre village. Ils n’ont pas tenu compte du fait que, plus tard, les médecins m’ont diagnostiquée avec une maladie grave. Pourtant, le destin a fini par punir sévèrement mon père pour avoir anéanti ma vie d’une façon si brutale.
– Vous n’avez pas réussi à bien élever vos enfants. Regardez, chez les Dubois, le petit Nicolas…