Comment réagir lorsque votre épouse se transforme en véritable “cochonnet” à la maison

Ma femme et moi, nous sommes ensemble depuis douze ans ce nest tout de même pas une mauvaise histoire de famille, nest-ce pas ? Au début, tout semblait parfait : javais mon travail, ma femme soccupait de la maison et ma donné deux enfants formidables une fille et un garçon.

Récemment, jai obtenu une promotion à mon bureau et nos revenus ont considérablement augmenté. On croirait que cest le bonheur parfait. Pourtant, les galères ont surgi de là où je ne my attendais pas. Ma femme sest soudainement prise de passion ou plutôt sest retrouvée accro aux feuilletons télévisés. Ce qui est étrange, c’est quelle regarde de tout : des polars français, des histoires damour espagnoles, jusquaux dramas sud-coréens dont jai compris l’existence seulement récemment.

Quelle se détende ainsi, à la limite, ça ne me pose aucun problème, chacun a besoin de ses soupapes. Mais avec le temps, ces séries ont littéralement envahi tout son emploi du temps. Ma femme ne fait presque plus de ménage ni à manger. Quand je lui fais la remarque, elle me propose toujours de commander des plats cuisinés du moment quon peut se le permettre. Peut-être, mais ce nest pas une solution de donner ça chaque jour à nos enfants

En plus de tout, elle a commencé à prendre du poids, probablement parce quelle passe le plus clair de son temps devant lécran, à grignoter sans arrêt. Jai bien tenté de la distraire, de lui proposer quon sinscrive ensemble à une salle de sport, ou daller nager, mais jai droit systématiquement au même refrain : « Je suis fatiguée. » Mais fatiguée de quoi, je vous le demande ? Un jour, dans un élan de provocation, jai engagé une femme de ménage qui a tout briqué dans lappartement. Ma femme y a vu loccasion de ne plus avoir la moindre tâche domestique. Même soccuper des enfants nest plus toujours sa priorité : elle est trop absorbée par ses précieuses séries.

Je me retrouve désemparé : comment renouer le dialogue avec elle ? Elle qui débordait de vie, qui était si intéressante, celle dont je suis tombé amoureux, est devenue une femme enfermée dans sa bulle, obsédée par le destin des personnages à la télévision. Il marrive souvent de quitter le travail en courant pour charger la machine à laver ou faire les devoirs avec les petits. Ma belle-mère, bien sûr, est entièrement du côté de ma femme elle qui, autrefois, trouvait que je nétais pas assez bien pour sa fille. Je ne peux donc rien attendre delle non plus. À force, je me dis que la séparation est peut-être la seule issue. Ça me fend le cœur pour les enfants, ce sont eux qui pâtissent le plus de cette situation, évidemment. Je ne sais plus quoi faire, ni sil existe encore une solutionUn soir, pris au dépourvu par un sentiment de solitude trop grand, jai coupé le courant du salon sans prévenir. Ma femme, furieuse, ma demandé ce que je fabriquais. Pour la première fois depuis longtemps, nos regards se sont vraiment croisés. Il ny avait plus déchappatoire : ni feuilletons, ni tâches à fuir, ni silence justifiable. Les enfants, intrigués par labsence soudaine de lumière, sont venus sasseoir autour de nous.

Je lui ai dit tout simplement : « Tu me manques. Nous nous manquons, tu ne trouves pas ? » Mon aveu, sans reproche, sans colère, a résonné dans la pièce plongée dans une lumière tamisée. Les enfants, silencieux, se sont blottis contre elle.

Elle na rien dit au début. Puis, sans un mot, elle a pris ma main, comme on saccroche à une bouée dans une tempête. Une larme silencieuse a tracé sa route le long de sa joue jusquà lépaule. Ce soir-là, nous navons pas rallumé la lumière, ni la télévision. Nous avons mangé des restes froids, ri avec les enfants et raconté des souvenirs à la lueur dune bougie retrouvée par hasard.

Il ny a pas eu de solution magique. Les jours suivants nont pas été faciles. Mais, petit à petit, ma femme a recommencé à émerger de son cocon. Un dimanche, elle a proposé une promenade en famille ; un autre soir, elle a éteint la télévision avant le générique final, juste pour venir membrasser.

Je ne sais pas ce que lavenir nous réserve. Mais nous avons retrouvé ce fil minuscule et précieux, ce courage de se parler et de sécouter. Peut-être est-ce ça, le vrai dénouement des histoires damour : pas la perfection, mais la volonté farouche de refaire équipe, même quand tout semble perdu. Ça, je le crois, cest une assez belle histoire de famille.

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