Aujourdhui, je prends le temps de poser mes souvenirs sur papier. La première fois que jai rencontré Camille, cétait lors dune soirée à Paris organisée chez des amis communs dans le Marais. Dès le début, une attirance profonde sest installée entre nous ; mon cœur battait la chamade devant sa beauté et sa gentillesse. Notre relation sest intensifiée rapidement. Pourtant, mon père restait soucieux. Il ma prévenu : « Guillaume, fais attention. Camille pourrait nêtre attirée que par ton argent. » Jai pris sa remarque à la légère, un peu vexé, car je navais jamais parlé de la fortune familiale à Camille. Mon père ma néanmoins conseillé de rester prudent et de garder cette partie de ma vie secrète pour un temps, le temps de découvrir la vraie nature des sentiments de Camille.
Après réflexion, jai considéré que cette idée nétait pas si mauvaise. Je navais rien à perdre, bien au contraire ; cela me permettrait de massurer, sans aucun doute, de la sincérité de la femme que jespérais épouser. Nous avons organisé un mariage simple, à la mairie du 5ème arrondissement, et nous nous sommes installés dans un petit appartement hérité de ma grand-mère, rue Mouffetard. Pendant les six premiers mois de notre vie commune, nous avons mené une existence modeste. Je travaillais dans ladministration publique et mon salaire ne dépassait pas 2 000 euros par mois ; Camille gérait les dépenses et faisait en sorte de tenir le budget chaque mois.
Au bout de six mois, jai décidé quil était enfin temps de révéler la vérité et de commencer à vivre sans mensonge. Jai acheté un bouquet de pivoines, les préférées de Camille, et me suis préparé à lui avouer tout. Mais en entrant dans lappartement ce soir-là, je lai trouvée en train de faire ses valises. Elle ma dit, dun ton sec : « Guillaume, mes amies mavaient parlé de ta fortune, cest la raison qui ma poussée à accepter ta demande. Mais finalement, tu nes quun fauché. Je ne veux pas vivre ainsi, alors je pars avec quelquun de plus riche. »
Interloqué, je suis resté silencieux au milieu de la pièce, flou par la déception. Après un instant, je lui ai répondu dune voix glaciale : « Tes amies avaient raison. Jai voulu te tester, et tu viens de montrer que tes intentions tournaient uniquement autour de largent. Mon père avait raison sur toute la ligne. » Malgré ses supplications et ses tentatives pour obtenir mon pardon quand elle sest rendue compte de son erreur, je suis resté ferme dans ma décision de ne pas la reprendre.
Aujourdhui, je comprends limportance découter ceux qui ont de lexpérience et de toujours chercher la vérité dans les sentiments des autres, même au prix de quelques illusions perdues.






