Terminus Il posa la paume sur la barre, se hissa dans la cabine et, alors qu’il prenait place, sent…

Terminus

Il pose la paume sur la barre d’appui, se hisse dans la cabine et, au moment de sasseoir, sent son genou gauche le lancer douloureusement. Depuis ce matin, ça tiraille, et ce soir, cest comme si on avait coulé du plomb à lintérieur. La fin de service approche, il ne reste plus que deux boucles, mais cest toujours les derniers tours qui paraissent les plus longs.

Il senfonce sur son siège, vérifie les rétroviseurs dun geste mécanique, enclenche léclairage du bus, puis appuie sur le bouton lumineux de la destination. Le numéro de la ligne et la mention « Spécial Fête » saffichent sur le tableau de bord. Paris fête aujourdhui je-ne-sais-quel-événement on promet des feux dartifice à neuf heures. Ça lui est bien égal, à condition déviter les bouchons.

Il attrape son thermos, avale une gorgée de thé tiède, puis le repose à droite, près de la paroi, là où il le cogne toujours du coude sans faire exprès. Son collègue du matin lui a encore reproché de ne jamais changer sa place. Il a haussé les épaules. Chacun ses manies.

Dehors, près de larrêt, une petite file dattente se forme à peine cinq personnes. Il ouvre les portes. Lair froid envahit lhabitacle, accompagné de bruits de pas et de voix.

La première à monter est une femme en doudoune foncée, deux gros sacs au bout des bras. Les paquets frappent lourdement les marches et elle souffle entre ses dents en tendant sa carte.

Bonsoir, lance-t-il en validant la carte.

Elle acquiesce sans un regard et se fraye un chemin, serrant ses sacs contre elle. Une odeur de mandarines se mêle à celle du produit de nettoyage fraîchement passé sur le sol.

Derrière elle, deux adolescents, blousons noirs, sacs à dos. Le plus petit valide avec son portable, le second scrute la rue, lair dattendre quelquun.

Jusquà la place, marmonne le premier.

La place, très bien, répond-il, desserrant le frein.

Le bus tressaille, sélance. Dans le rétroviseur, il aperçoit ses propres yeux : veines rouges, cernes bleutés. Depuis combien dannées il conduit? Trente-sept ans, dont vingt-huit sur les bus. Chaque visite médicale annuelle se termine par un « Encore un an, on verra après ». Après Il a toujours repoussé cet « après ».

Il passe la vitesse, approche du feu. Au carrefour, derrière le pare-brise, un feu dartifice éclate déjà : une gerbe écarlate au-dessus des immeubles. Un passager siffle dadmiration.

Ça a déjà commencé, commente lun des ados.

Cest pas le vrai feu dartifice, grommelle son copain. Les gens sentraînent.

Il écoute dune oreille distraite. Le service du soir, cest toujours un film étrange qui se déroule entre ses murs; des bouts de vies qui sinstallent, rient, pestent, seffleurent. Lui, il est la rive, lendroit où lon saccroche un instant avant de repartir.

À larrêt suivant grimpe un vieil homme, bonnet de laine et manteau usé. Il a boutonné sa veste de travers, le col de travers, une vieille sacoche sur lépaule. Il sarrête au valideur, fouille ses poches nerveusement.

Elle est là marmonne-t-il.

La file derrière râle. La femme aux sacs soupire bruyamment.

Prenez votre temps, dit-il depuis la cabine. Le bus ne partira pas sans vous.

Le vieux finit par extirper un portefeuille élimé, une carte plastique.

Voilà, la voilà, souffle-t-il comme pour sexcuser.

Un bip vert, il avance lentement, main crispée sur la barre, marche prudente de patineur sur la glace. Il sassied près de la vitre, sac posé sur les genoux, fixe lobscurité.

Le feu passe au vert, il redémarre. La douleur au genou revient. Il faudrait passer chez le médecin. Sa généraliste lui avait dit lan passé : « Il faudrait radiographier, au cas où » Il avait hoché la tête, noté ladresse sur un carnet, puis laissé la feuille glisser dune veste à lautre jusquà sa disparition.

Papa, tu repousses toujours, avait fait remarquer son fils au téléphone. Va consulter, cest pas compliqué.

Il navait rien répondu, avait bifurqué sur la routine: les collègues, les nouveaux bus quon promet depuis trois ans. Son fils sétait tu, puis, prétextant une urgence, avait raccroché. Depuis, ils se parlent peu. Pas de dispute, juste des vies séparées, rythmées autrement.

Il se ressaisit. Ce nest pas le moment de ressasser. Une jeune femme court vers larrêt, un enfant dans les bras. Il freine en douceur en anticipant.

Les portes souvrent, la jeune femme entre, essoufflée, tenant un garçon de trois ans coiffé dun bonnet à pompon. Lenfant se frotte les yeux du poing.

Merci de nous avoir attendus, souffle-t-elle, tendant sa carte. On sort de chez le médecin, on a pris du retard.

Pas de souci, réplique-t-il. Installez-vous.

Le garçon le fixe avec gravité.

Monsieur, yaura le feu dartifice, ce soir?

Oui, un peu plus tard, répond-il.

On ne verra pas, ajoute sa mère en avançant. Tant pis.

Il referme les portes. Dans le rétro, il observe la jeune femme vivre cet instant familier: installer le petit, arranger son écharpe, sortir des lingettes dune main tout en le maintenant de lautre. Une tendresse fatiguée mais obstinée, quil avait connue lui aussi, chez son ex-femme, quand leur fils partait à la maternelle.

Sa femme Aujourdhui, ils vivent comme des colocataires. Bonjour, qui achète du pain, qui descend les poubelles? Puis chacun retrouve sa chambre. Ça narrive pas en un jour. Petit à petit, il avait pris plus de services pour boucler les fins de mois. Puis il sétait habitué à nêtre quun invité à la maison. Et elle, à ne compter que sur elle-même.

Virage, marmonne-t-il, vérifiant son angle mort. Ne pas oublier le nid-de-poule.

La tranchée, entre la deuxième et la troisième voie, réapparaît; pas réparée depuis trois ans. Il la contourne en douceur, et ce simple automatisme de conduite lui apporte bizarrement un apaisement. Tant quil est au volant, tout est clair: un trajet, un horaire, des arrêts. Au dehors, plus de repères.

À larrêt suivant, une quarantaine dannées, un couple: lui téléphone bruyamment, gestes amples, elle marche derrière, gardant une pochette contre elle.

Je tai dit, demain! hurle-t-il presque dans lappareil. Pas ce soir. Pas possible.

Il valide leurs cartes, lhomme ne le regarde même pas. Elle lui adresse un discret sourire de remerciement.

Ils sassoient au milieu. Lhomme conteste toujours au téléphone, la femme serre la pochette, phalanges blanchies. Sur la tranche, il entrevoit un logo de clinique.

Lautobus bruisse de conversations. Les ados débattent sur lart de filmer le feu dartifice, le petit garçon multiplie les questions à sa mère, le vieux près de la fenêtre ne bouge plus que pour replacer sa sacoche.

Il conduit machinalement, lattention ailleurs. Chaque tour est un nouveau film, jamais le sien, qui défile pendant quil travaille.

Vers le milieu du trajet, la plupart sont descendus : centre commercial, marché. Restent les ados, le vieil homme, la jeune femme et son fils, le couple et dautres passagers de passage.

Il sarrête à un nouvel arrêt. Personne ne monte. Sur le banc, une femme au manteau rouge fume en consultant son portable; elle croise son regard, lui fait un signe de tête négatif. Il ferme les portes, poursuit.

Un éclat de voix retentit alors derrière lui.

Mais quest-ce que tu fais ?! crie lado plus petit à son ami. Assieds-toi correctement !

Détends-toi, répond lautre. Tes pas ma mère.

Dans le rétro, il voit ce dernier debout sur la marche arrière, une main à la barre, lautre tenant son portable en mode selfie. Sa jambe gêne le passage.

Jeune homme, lance-t-il dans le micro. Merci de reculer, ne restez pas sur la marche.

Le jeune hausse les épaules vers sa caméra.

Tiens, le patron sy met, lance-t-il, sans bouger.

Ce nest pas pour plaisanter, reprend le conducteur. Vous pouvez tomber.

Je suis pas maladroit, réplique lado.

Le petit garçon observe la scène, la mère reste tendue sans intervenir, le vieux lève la tête.

Un vieux réflexe de lassitude lenvahit. Il en a vu dautres. Dhabitude, tant que ça ne met personne en danger, il laisse courir. « Moins tu te fais remarquer, plus tu tiens longtemps », disait un ancien. Mais là, la porte, le virage, une chute tout peut vite dégénérer. Et cest lui le responsable.

Je répète: soit vous descendez de la marche, soit je navance plus.

Silence. Lado toise la cabine.

Tarrêtes le bus, cest ça?

Exactement, répond-il calmement.

Il ralentit, met les warnings et sarrête sur le bas-côté. Dans le rétro, il voit des regards échangés. La femme aux sacs lève les yeux au ciel. Lhomme au dossier râle auprès de sa compagne.

Viens, laisse tomber, glisse le premier ado à son copain. On sassoit.

Avec une exagération théâtrale, lautre consent enfin à quitter la marche.

Ça va, tes content ? grommelle-t-il, passant près de la cabine.

Satisfait de te savoir entier, répond le chauffeur en repartant.

La tension met du temps à retomber. Dans le rétro, le petit garçon lobserve comme dans un film daventure. Il détourne les yeux. Il na rien dun héros, juste envie déviter un rapport de plus à écrire.

Encore deux arrêts. Dehors, Paris étincelle et le ciel crache çà et là des fusées. Les reflets traversent les vitres des immeubles.

Soudain, le vieux près de la fenêtre bouge. Il se penche, tente dattraper la barre, ses doigts glissent. Sa sacoche tombe, il saffaisse, tête renversée, yeux révulsés, comme une poupée molle.

Dans le rétro, il perçoit la scène, pile sur le frein. Un cri dans le bus.

Monsieur! sécrie la jeune maman. Il va mal!

Il sarrête sur le bas-côté, warnings. Sa main court vers le micro, mais il se reprend: dabord voir ce quil en est.

Il ouvre la cabine, se lève douloureusement, traversant le couloir formé par les voyageurs. Le vieil homme gît, tête penchée, la femme aux sacs serre ses paquets, démunie.

Monsieur, vous mentendez ? demande-t-il en se penchant.

Pas de réponse.

Appelez le SAMU ! souffle quelquun.

Bien sûr, sexclame la jeune mère. Il fait sûrement un malaise.

Il sort son téléphone de la poche de sa chemise. Ses doigts tremblent. Il compose le 15.

SAMU, que se passe-t-il? répond une voix féminine.

Bus sur la ligne il donne le numéro, larrêt. Un monsieur âgé a perdu connaissance.

Est-il conscient, respire-t-il ?

Il approche loreille. La poitrine se soulève faiblement.

Oui mais très faiblement.

Restez sur place, léquipe arrive. Si son état empire, rappelez.

Il coupe. Tous les regards sont braqués sur lui.

Les secours arrivent, annonce-t-il. Quelquun sait prendre la tension?

Jai un tensiomètre, intervient la femme aux sacs, je travaille en clinique.

Déposant ses sacs, elle manie lappareil, gestes sûrs. Elle serre le brassard sur le bras du vieil homme, lit lécran.

Sa tension est très basse, informe-t-elle. Il faut attendre les médecins.

Un peu deau? propose quelquun.

Non, il ne faut pas, tranche-t-elle.

Le petit à pompon saccroche à sa mère, qui lui caresse le dos en murmurant des mots doux.

Les ados demeurent dans un coin, déconcertés. Celui qui chahutait regarde le vieux, coupable, comme si tout était de sa faute.

Il sent monter en lui la vieille tentation de se réfugier derrière la cabine, « ils sen occuperont ». Mais il reste là, à compter les respirations du vieux.

Vous connaissez un proche ? questionne la soignante improvisée.

Non, il a juste validé sa carte, répond-il. Rien d’autre.

Il se souvient de la fouille fébrile du vieil homme. Dans un portefeuille, il découvre un bout de papier, numéro inscrit: « Fils».

Il compose le numéro.

Allô? demande une voix méfiante.

Bonjour, je suis le conducteur de bus. Votre père a fait un malaise, les secours sont en route, nous sommes à larrêt Il faudrait venir.

Long silence.

Jarrive tout de suite. Gardez-le là, sil vous plaît.

Nous attendons, promet-il.

Il replace le portefeuille précautionneusement.

On va rester là? râle un passager.

Oui, répond-il. Ceux qui sont pressés peuvent descendre, le prochain bus ne va pas tarder.

Quelques passagers sengouffrent vers la sortie. En descendant, lun deux glisse :

Bon rétablissement à lui.

Il hoche la tête.

Dans le bus, il ne reste quune poignée: la femme au tensiomètre, la mère et son fils, les ados, le couple, un homme isolé. Tous resserrés au centre, comme autour dune frontière invisible.

Il retourne en cabine, coupe le moteur, mais laisse la lumière. Le temps sétire, pesant. Sur lhorloge, il calcule : il finira en retard ce soir, le régulateur va ronchonner, peut-être demander un rapport. Mais pouvait-il faire autrement?

Il se rappelle, il y a quinze ans, avoir dû laisser un asthmatique en détresse sur un arrêt, pressé par lhoraire. Il sétait promis de ne plus recommencer. Longtemps le visage cyanotique de lhomme lui était revenu en mémoire.

Aujourdhui, impossible de repartir.

Le SAMU arrive dix minutes plus tard; gyrophares aperçus dans le rétro. Deux urgentistes montent une femme, un homme. Ils sagenouillent auprès du patient, installent un goutte-à-goutte. Efficaces, sobres.

Tension trop basse, annonce la médecin. On lemmène.

Un coup de main ? demande lambulancier.

Il aide à porter le vieux, léger comme un enfant. Dehors, le froid saisit, ils déposent le brancard, roulent vers lambulance.

Le fils a été averti? questionne la femme.

Oui, il arrive.

Nous lemmenons à lhôpital Saint-Antoine. Transmettez-lui.

Lambulance séclipse, laissant derrière elle une impression de vide et une traînée sur lasphalte mouillé. Il reste debout à la porte du bus, respirant lentement.

Vous avez bien fait de vous arrêter, souligne la femme au tensiomètre, en sortant. Tout le monde naurait pas eu ce réflexe.

Que faire dautre? Cest un être humain, rétorque-t-il.

Elle acquiesce et séloigne, les sacs traînants. Les ados se jettent un regard, puis sortent calmement. La jeune femme sapproche avec son petit.

Merci, murmure-t-elle. Davoir attendu.

Le garçon pose sa question gravement:

Le monsieur, il va survivre?

On espère, répond-il. Les médecins vont tout faire.

Petit hochement de tête, comme sil acceptait la promesse.

Le couple se prépare à descendre. La femme hésite sur la marche.

On allait voir ma belle-mère à lhôpital, glisse-t-elle. Jespérais être à lheure. Mais au fond, je me dis que si elle avait un souci, jaimerais quon fasse pareil pour elle. Merci.

Il hoche la tête, incapable de répondre.

Le bus vide, il ne reste quune bouteille en plastique oubliée et un vieux ticket froissé. Il les ramasse, direction la poubelle.

Un homme dune quarantaine dannées arrive près du bus, veste, bonnet, visage fatigué.

Cest vous qui avez appelé? demande-t-il sans monter.

Oui. Cétait votre père?

Oui.

Les secours lont emmené. Tension basse, mais il respirait encore.

Lhomme ferme brièvement les yeux.

Merci davoir attendu. Je nai pas toujours du temps pour lui. Le boulot Il préfère voyager seul, ça lui donne limpression dêtre encore utile.

Il comprend parfaitement ce « pour garder lhabitude ».

Je file à lhôpital, merci encore.

Il regarde lhomme séloigner et pense: une course, un arrêt, un appel tout est fragile.

De retour à son poste, assis, le genou plus douloureux que jamais, il relance le contact, consulte lheure. Il aura du retard pour ses deux derniers tours.

La radio crache:

Cinq, pourquoi tes arrêté? voix sèche du régulateur.

Malaise passager, jai appelé le SAMU, réponse brève. Je reprends.

Rapport au dépôt. Ne téternise pas au terminus.

Reçu, marmonne-t-il, mais son « reçu » sonne comme une protestation intérieure.

Il referme la cabine, saisit le volant. Les mains tremblent, puis se calment. Il aperçoit son téléphone, à côté du thermos. Deux appels manqués de sa femme. Il na rien entendu.

Il rappelle. Sonnerie longue. Enfin:

Tu es où? Jai appelé plusieurs fois!

Encore sur la ligne. Un passager a eu un malaise, jai dû attendre les pompiers.

Tu vas bien, toi?

Il allait répondre par mécanique, puis sarrête.

Jai mal au genou, depuis ce matin. Et puis je suis crevé.

Un silence, puis:

Tu devrais vraiment voir un médecin demain. Tu avais une ordonnance, non?

Je lai perdue mais je vais en demander une autre.

Il sentend prononcer ces mots, non comme une fuite, mais une promesse.

Prends-la, insiste-t-elle. Je peux venir avec toi si tu veux.

Il serre le volant.

Daccord. Mais il faut que je termine ma tournée.

Je sais. Je tattends.

Il raccroche. Reste un instant, face à la vitre sombre, où son reflet saffiche: visage fatigué, cerné, celui dun homme toujours en fond des histoires des autres.

Il pense au vieil homme, au col de travers, à la sacoche contre lui. Au fils, trop pris. À lui-même, souvent absent. Au petit garçon, à sa question sérieuse. À la femme soignante. À lado bravache, puis désemparé.

Il passe la vitesse, lâche le frein. Le bus roule, les sièges vides tanguent doucement. Nouvelle montée, dautres passagers, une carte bip, une question sur larrêt du marché. La vie reflue dans la lumière du bus.

Il pense: demain, après le service, il névitera pas la maison de santé. Il verra la généraliste, prendra un rendez-vous, appellera son fils. Non pour se plaindre, juste comme on pose un acte.

Au loin, le terminus approche lentement. Descendre les derniers passagers, éteindre le panneau, remplir le carnet, saluer le régulateur. La routine. Mais, caché dans ces automatismes, le geste de sécouter enfin un peu.

Il ouvre à larrêt suivant. Une femme entre, portant un bouquet. Elle lui sourit en tendant sa carte.

Belle fête à vous.

À vous aussi, répond-il.

Il referme les portes, repart, sentant confusément, tout au fond, quun léger mouvement intérieur a démarré; discret, sans fanfare. Un infime virage, cette fois vers lui-même.

Dehors, Paris explose en lumières colorées. Dans le rétro, des paillettes dansent. Il garde le bus dans sa file, sachant quil y a dautres arrêts, dautres trajets. Mais certain, ce soir, que quelque chose ne sera plus comme avant.

Le terminus est encore là-bas, mais ce nest plus seulement un point sur la ligne.

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