Ma femme, Camille, a toujours été d’une grande timidité. Lorsque nous étions entourés de nos amis à Paris, elle restait discrète et réservée. Jamais elle ne prenait la parole la première, n’intervenant dans la conversation que lorsqu’on l’y invitait. Camille ne créait jamais de drames, elle ne manifestait aucune jalousie. Pleine d’attention à mon égard, elle nimposait aucune condition, et elle acceptait, avec reconnaissance, tous les cadeaux que je lui offrais.
On aurait pu dire que notre vie de couple était parfaite. Nous n’avions aucun secret lun pour lautre, et nous réglions chaque problème ensemble, main dans la main. Lorsque je rentrais du bureau, je savais qu’un délicieux dîner, un sourire éclatant et un appartement impeccable mattendaient. Que pouvais-je demander de plus ?
Mais, comme souvent dans la vie, linsatisfaction sest immiscée. Malgré ce bonheur apparent, il me manquait un souffle daventure. Je nétais pas entièrement comblé, surtout à cause de notre intimité, ou plutôt de son absence. Cette situation me gênait profondément, au point de me pousser à prendre une maîtresse.
Camille a découvert la vérité. Nous nous sommes séparés.
Je suis alors parti vivre avec ma maîtresse, mais ce ne fut quà ce moment-là que jai compris lampleur de ma bêtise. L’appartement était constamment en désordre, et plus personne ne mattendait avec un plat chaud après une longue journée de travail. Nos discussions étaient creuses, et un malaise persistant sétait installé.
Pris de regret, jai souhaité retrouver Camille Trop tard. Elle avait déjà tourné la page et rencontré un autre homme.
Jamais je ne me pardonnerai davoir perdu cette femme exceptionnelle à cause de mon aveuglement. Jai appris, à mes dépens, quon ne doit jamais sacrifier ce qui compte vraiment pour une illusion passagère.




