Relations familiales – « Mamie, est-ce que je peux vivre chez toi quelque temps ? » sanglota Dasha…

Relations familiales

Mamie, est-ce que je peux venir habiter chez toi pour un moment ? sanglota Aurélie. Je nen peux plus de vivre avec lui.
Bien sûr, ma chérie, reste autant que tu voudras, répondit tendrement Geneviève et prit sa petite-fille dans ses bras. Il ta encore fait du mal ?
Oui, soupira Aurélie. Maman ne veut pas que je le quitte, elle a trop peur de se brouiller avec ses parents. Mais je nai plus la force de supporter ça.
Depuis longtemps, Geneviève ne portait pas son ancienne belle-fille, la mère dAurélie, dans son cœur. Froidement calculatrice, elle plaçait toujours son propre intérêt et le paraître avant les sentiments des autres. Elle avait même poussé Aurélie à épouser François uniquement parce que le père de celui-ci occupait une haute fonction à la mairie.
François lève la main sur toi ? demanda Geneviève.
Oui répondit Aurélie en fondant en larmes.
Tes parents sont au courant ? Geneviève fronça les sourcils.
Ils savent, souffla Aurélie à travers les sanglots.
Ils savent et ils ne veulent pas que tu partes ? sétonna la grand-mère.
Oui. Ils disent que si je pars, on va avoir honte devant tout le monde. Et que cest ma faute, que je dois être plus conciliante. Mais comment faire quand il est si dur, si violent ? Je ny arrive plus, mamie.
Dans ce cas, tu ne dois pas vivre avec lui, la rassura Geneviève en lissant ses cheveux. Reste ici, je parlerai à ta mère et à ton père.
Quest-ce que ça veut dire elle a quitté son mari ?! hurla Nelly, la mère dAurélie, quand Geneviève lui raconta la situation. Quelle rentre immédiatement à la maison !
Ne crie pas, coupa sèchement Geneviève. Aurélie ne retournera nulle part.
Mais vous savez combien deuros nous avons dépensé pour ce mariage ?! sénerva Nelly. Sa famille est respectée, et voilà quelle nous ridiculise !
Cest toi qui nous fais honte, et pourtant on te supporte, répliqua Geneviève. Je nai plus rien à te dire. Jespère que tu as compris.
Geneviève raccrocha, pendant que Nelly, rouge de rage, lança son téléphone contre le mur et couvrit sa belle-mère dinjures. Geneviève, elle, appela tout de suite son fils :
Tu savais que ce salaud frappe ta fille, Gaspard ? demanda-t-elle dun ton dur.
Eh bien marmonna Gaspard. Jen ai entendu parler, mais bon, ce nest peut-être pas vrai. Aurélie a tendance à tout exagérer
Tu es sérieux ou tu joues à limbécile ? gronda Geneviève. Ta fille se fait battre par son mari et toi tu tergiverses ?
Mais, quest-ce que tu veux que je fasse ? répondit Gaspard, désemparé. Cest son mari.
Ce que tu devrais faire ? Tu devrais lui casser la figure à lui, pour quil se souvienne à jamais quon ne touche pas à notre fille ! Il doit savoir quAurélie nest pas seule, quil y a quelquun pour la défendre !
Ne ten mêle pas, ils régleront ça entre eux, répondit Gaspard avec agacement.
Cest ça, jai compris, sénerva Geneviève. Vous avez sacrifié votre propre fille pour votre bien-être !
Deux jours plus tard, toute la famille débarqua chez Geneviève : le mari dAurélie et ses parents.
Aurélie doit retourner chez son mari ! lança Nelly dès lentrée.
Aurélie ne doit rien du tout ! rétorqua Geneviève. Vous vous comportez comme si elle nétait pas votre propre fille ! Quelle tristesse davoir des parents pareils.
Cest votre influence néfaste ! laccusa sa belle-fille. Je ne supporterai pas que, pour ses caprices, on se brouille avec Monsieur Jacques Lefèvre !
Eh bien, que Monsieur Lefèvre commence par apprendre à son fils à ne pas lever la main sur une femme, répliqua Geneviève en fixant François.
François baissa les yeux, Nelly prit sa défense :
Il ne la pas frappée si fort, voyons ! Et puis, les amoureux, ça se dispute, cest normal.
Gaspard, tu es de cet avis ? demanda Geneviève à son fils.
Maman, ils doivent régler ça entre eux, répondit Gaspard. Aurélie est tellement susceptible, elle devrait changer.
Alors Geneviève asséna une gifle à son fils, puis une baffe à Nelly et enfin à François. Tous trois restèrent bouche bée, pendant que Geneviève leur dit :
Cest avec amour, bien sûr. Un petit jeu. Quoi ? Ce nest pas agréable ? Ça pique un peu ? Eh bien, votre problème, cest juste votre caractère ! Allez, rentrez donc chez vous et changez de caractère.
Elle les poussa vers la sortie :
Partez, allez, emmenez votre précieux François avec vous. Et dites à Monsieur Lefèvre quil aurait mieux fait déduquer son fils ! Toi, Nelly, si tu veux vraiment plaire à Jacques Lefèvre, épouse-le toi-même, son fils !
Je ne remettrai plus jamais les pieds ici ! beugla Nelly en descendant les escaliers.
Parfait ! lança Geneviève. Comme belle-fille, tu vaux pas grand-chose, et comme mère, tu nes vraiment pas terrible.
Geneviève ferma la porte et frotta les mains, en appelant Aurélie, qui attendait dans la chambre, ayant eu peur de sortir :
Ma petite Aurélie, il faut apprendre à défendre tes droits. Tu verras, la vie te mettra dautres obstacles. Et vivre uniquement pour les autres, cest se condamner. De toute façon, on ne te remerciera jamais.
Comme tu veux, mais il faut que tu dises à ta folle de mère de ne plus simmiscer dans notre vie ! hurlait ensuite Nelly à son mari. Tu te rends compte de ce que les gens vont penser ? Le mariage dAurélie nous ouvrait les portes des hautes sphères, mais si elle divorce, cest la catastrophe !
Mais pourquoi tu veux coûte que coûte entrer dans ces sphères ? demanda Gaspard, las. Il te manque quelque chose ?
Oui ! Oui ! cria Nelly dune voix hystérique. Il me manque largent, le statut, la reconnaissance ! Je veux quon me regarde de haut, quon menvie !
Gaspard soupira lourdement. Sa tête bourdonnait des cris de Nelly ; il aurait voulu senfermer quelque part. Ces derniers temps, sa femme semblait être devenue folle. Il avait envie de lui hurler : Tais-toi !, mais il se contenta de dire :
Calme-toi, je parlerai à ma mère.
Je parlerai à ma maman, se moqua Nelly. Quelle lavette !
Gaspard quitta la pièce sans répondre. Il avait toujours eu horreur des disputes, préférant se taire plutôt que de défendre son opinion.
Le lendemain, Gaspard retourna chez sa mère.
Même pas la peine de demander ! lança Geneviève à peine la porte ouverte.
Je ne comptais pas le faire, répondit calmement Gaspard.
Alors, pourquoi es-tu venu ? demanda-t-elle, méfiante.
Est-ce que je peux habiter quelque temps chez toi ? demanda-t-il.
Elle ta vraiment poussé à bout ? dit-elle, compatissante.
Je nen peux plus de ses crises, soupira Gaspard. On dirait quelle est possédée.
Cest de ta faute, répliqua Geneviève. Tu nas jamais su poser tes limites ni défendre tes droits. Au lieu de mettre les choses à plat dès le début, tu as tout accepté. Voilà pourquoi tu es devenu un âne docile pour elle.
Gaspard acquiesça, et Aurélie, assise à côté, posa la tête sur son épaule. Elle savait trop bien que sa mère avait toujours écrasé son père, doux et discret, incapable de lui tenir tête.
Heureusement quAurélie a quitté ce genre de relation, dit tendrement Geneviève. Vous êtes responsables de vos vies, à vous de prendre les décisions. Et seule la qualité de vos choix détermine la qualité de votre existence. Vous comprenez, les enfants ?
Aurélie et Gaspard hochèrent la tête. Geneviève soupira :
Il vous reste encore beaucoup à apprendre
Ce même jour, Gaspard prit ses affaires et annonça à Nelly quil partait. Elle réagit comme à tout imprévu : crise de nerfs, vaisselle cassée, jets de toutes sortes de choses dans sa direction.
François appelait Aurélie chaque jour pour la supplier de revenir. Puis, les supplications devinrent des ordres, puis des menaces. Aurélie tint bon : elle refusait de retourner à son ancienne vie. Elle avait déjà de nouveaux projets pour lavenir.
Une semaine plus tard, Jacques Lefèvre débarqua en personne, tonitruant dans le couloir :
Mais vous êtes devenus fous ici ou quoi ? Une qui senfuit de chez son mari, lautre de chez sa femme ! Remettez-vous immédiatement dans le droit chemin ! Et vous, Geneviève, cessez de couver ces gamins mal élevés !
Aurélie et Gaspard neurent pas le temps de répondre. Geneviève, les bras croisés, répondit avec insolence :
Et toi ? Tu crois mapprendre la vie ? Occupe-toi déjà de ton fils, apprends-lui comment se comporter !
Je lui ai déjà parlé, balbutia Jacques, plus calme. Il ne recommencera plus, cest promis.
Fallait lui parler plus tôt, lâcha Geneviève.
Pourquoi vouloir compliquer la vie de cette jeune fille ? reprit Jacques, plissant les yeux. Mon François laime, il va changer. Ne prenez pas le risque de ruiner notre réputation à cause dun divorce, sinon, je risque aussi de salir la sienne En racontant que cest elle qui la trompé ou quelle est une fainéante je peux trouver de quoi nuire.
Jacques, ne me menace pas, répondit calmement Geneviève. Je peux aussi entacher ta réputation. Par exemple, dire que tu mouillais encore tes culottes à lécole. Tu crois que les journaux préfèreraient quoi : que ta merveilleuse réputation tombe parce que ton fils est incapable dêtre un vrai homme, ou que le grand Monsieur Lefèvre ait été le risée des cours décole ?
Jacques blêmit, balbutia :
Vous ne raconteriez tout de même pas ça ?
Geneviève avait été son institutrice à lécole primaire, et si elle lavait dit, tout le monde laurait crue. Peu importe que ce soit vrai ou pas ; cela marquerait les esprits.
On ne sait jamais répondit-elle dun ton grave. Tout dépendra de ton attitude.
Un instant, Jacques se sentit redevenir un écolier face à Geneviève. Puis il se reprit :
Jai compris, dit-il.
Eh bien voilà ! répondit Geneviève, satisfaite. À présent, vous nous devez une semaine de séjour dans un bon centre de cure, à Aurélie et moi, pour soigner les blessures de lâme. Et tu expliqueras à tout le monde quAurélie est simplement partie aider sa grand-mère.
Jacques hésita, mais malgré tout son statut, il navait jamais cessé de considérer Geneviève comme sa première maîtresse décole. Encore une fois, cest elle qui avait le dernier mot, avec chacun ; parfois la carotte, parfois le bâton parfois le chantage.
Daccord, vous aurez droit au meilleur centre de cure, promit Jacques. Excusez-moi, et excusez aussi mon grand dadais de fils. Je lai mal élevé.
On est bien daccord, dit Geneviève. Va donc le rééduquer, et souviens-toi dun conseil, Jacques : Vis selon ta conscience, pas selon le quen-dira-t-on. Si la justice est de ton côté, personne ne te jugera.
Jacques hocha la tête et sen alla. Il tint parole quant au centre de cure. Cette histoire navait pas terni le respect quil portait à Geneviève. Il appréciait même beaucoup Aurélie et avait profondément regretté léchec du mariage de son fils.
Le divorce dAurélie et François neut lieu quun an plus tard. À cette époque, tous deux avaient déjà refait leur vie, si bien que la séparation se déroula dans le calme. Aurélie sest remariée, vit heureuse avec son nouveau mari et leurs deux enfants. Elle a accueilli sa grand-mère chez elle, comme celle-ci lavait fait autrefois.
Quant à Gaspard, il na jamais divorcé, mais il vit toujours chez sa mère.

Rate article
Add a comment

;-) :| :x :twisted: :smile: :shock: :sad: :roll: :razz: :oops: :o :mrgreen: :lol: :idea: :grin: :evil: :cry: :cool: :arrow: :???: :?: :!:

6 + 10 =

Relations familiales – « Mamie, est-ce que je peux vivre chez toi quelque temps ? » sanglota Dasha…
Ton mari est à moi maintenant” – murmura mon amie au téléphone