« Je comprends tout… mais comprends-moi aussi » : la vérité qui a brisé les illusions

« Je comprends tout mais comprends-moi aussi » : la vérité qui brise les illusions
Ce jour-là, Chantal, comme d’habitude, préparait le déjeuner elle coupait des morceaux de viande pour un ragoût. Lodeur doignon flottait dans la cuisine, et le beurre crépitait dans la poêle quand soudain le téléphone sonna dans toute la maison. Son mari, Laurent, décrocha. Sa voix était posée :
Allô ?
Puis, un long silence. Comme si quelquun lui parlait sans sarrêter, pendant quil écoutait. Chantal sessuya les mains sur son tablier, puis sortit de la cuisine. Rien dans le couloir. Le fil du téléphone traînait vers la chambre des enfants. Son cœur se serra. Sans trop savoir pourquoi, elle marcha doucement sur la pointe des pieds, telle une voleuse.
Derrière la porte entrouverte, elle entendit son chuchotement. Un ton quil navait jamais employé avec elle.
Manon, sil te plaît, calme-toi Je comprends, vraiment. Mais comprends-moi. Jai une famille, je ne peux pas venir maintenant Je taime aussi. Beaucoup. Mais je ne peux pas parler, Chantal peut entrer à tout moment. Je vais tout lui dire, mais pas tout de suite Demain. Sil te plaît, ne mappelle pas ici à cette heure. Oui Je taime.
Comme un choc électrique, elle resta figée, la main suspendue devant la porte. Son cœur battait si fort quil lui devenait difficile de respirer. « Je taime ». Il venait de le dire à une autre. Pas à elle.
Chantal na pas fait de scène. La voix de sa mère résonnait en elle : « Ne prends jamais de décision sérieuse sous le coup de lémotion ». Dun effort surhumain, elle retourna à la cuisine. Elle reprit le couteau, mais sa main tremblait. Les morceaux de viande tombaient sans ordre sur la planche. À ses pieds, le chat frottait sa tête Chantal lui lança un petit morceau, geste automatique empreint de bonté.
« Je taime aussi »
Ces mots tournaient dans sa tête comme une incantation. Elle saccrochait à cette autre phrase : « Jai une famille ». Cela comptait encore ? Cela voulait dire quelque chose ?
Mais alors, qui était-elle ? Juste la mère de ses enfants ? La femme au foyer ? Une habitude ? La douleur lui serrait la poitrine. Pourtant, tout allait bien entre eux. Il était attentionné, prévenant. Aucun signe de détachement. Jamais il ne lui avait donné de raison de douter.
Vingt minutes plus tard, Laurent revint en cuisine, inspira les parfums du plat et sourit :
Quel délicieux parfum ! Ça sera prêt bientôt ?
Dans une demi-heure. La viande est bien découpée, ça cuira plus vite Qui ta appelé ?
Pardon ? comme sil navait pas compris. Ah, du boulot. Ils veulent que je vienne demain, réceptionner une livraison de bois.
On te demande souvent de travailler le week-end. Ça me déplaît.
Cest lété, tout le monde est en vacances
Mhm.
Tu sembles triste, Chantal.
Je suis juste fatiguée. Je pensais quon passerait le week-end ensemble, quon irait à la maison de campagne.
Mais toi aussi, tu travailles. On y ira ce soir.
Laurent
Oui ?
Est-ce que tu maimes ?
Bien sûr, voyons. Je taime, Chantal. Et jaime nos garçons aussi. Tu le sais la famille, cest tout pour moi.
Il sétira, la serra dans ses bras, lui embrassa la nuque. Mais pour la première fois, ce baiser lui sembla déplaisant.
Plus tard, elle sallongea sur le canapé, observant ses fils qui jouaient tout près. Le chat bondit sur son ventre, planta ses griffes remerciement pour le morceau de viande. Chantal prit délicatement ses pattes, enfouit sa tête dans le pelage doux.
Cette femme elle devait disparaître.
Chantal ne pouvait pas partager son mari. Impossible de dormir à côté de lui, sachant quil avait été avec une autre. Mais le perdre lui semblait insupportable. La décision simposa : se confronter à la maîtresse. Elle-même. Sans lui.
Le lendemain, tandis que Laurent amenait les enfants à lécole et se préparait à « aller travailler », Chantal téléphona à lentreprise, prétextant être malade, et resta chez elle. Pour passer inaperçue, elle emprunta à sa voisine un vieux manteau et un foulard « elle peindrait les murs de lusine ». Puis elle se dirigea droit vers le parc de la ville. Quelques minutes plus tard, Laurent apparut. Chantal le suivit, discrète dans les ruelles.
Il entra au marché, acheta du hareng et des fruits, puis se dirigea vers une zone résidentielle. Chantal comprit : cétait là quelle habitait. Laurent disparaissait derrière le portail.
Elle sassit sur un banc. Elle attendit. Puis il ressortit accompagné. Une grande blonde à côté de lui. Ensemble, ils prenaient le chemin du bois là où lui et Chantal avaient autrefois marché. Chantal rentra chez elle. Sa tête bouillait. Son âme à vif.
Quelques jours plus tard, elle put enfin mieux observer Manon superbe, malgré la trahison. Environ trente ans. Puis, coup de chance : elle vit Manon avec une amie. Celle-ci, sans rien savoir, raconta tout.
Manon ? Elle élève seule un enfant malade, mari parti. Elle a un amoureux maintenant. Un homme marié. Il lui aurait promis de quitter sa femme pour elle, chuchota lamie, et dans le cœur de Chantal, la vengeance prit feu.
La vie parfois nous force à regarder en face ce que nous refusons de voir. Parfois, comprendre ne suffit pas, il faut aussi sécouter, et accepter que rien ne dure éternellement. Chantal comprit alors : Il est mieux de se respecter soi-même que de poursuivre une illusion, car lamour, comme la vérité, demande le courage dêtre honnête, avant tout envers soi-même.

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« Je comprends tout… mais comprends-moi aussi » : la vérité qui a brisé les illusions
– Inutile de préciser que tout est de ma faute ! – La sœur de mon compagnon éclate en sanglots. – Jamais je n’aurais pu imaginer que pareille chose arrive ! Et maintenant, je ne sais plus du tout comment avancer. Je ne sais même pas comment gérer tout ça sans perdre la face. La sœur de mon compagnon s’est mariée il y a quelques années. Après le mariage, on a décidé que les jeunes époux iraient vivre chez la mère du mari. Ses parents possèdent un grand appartement de trois pièces et n’ont qu’un fils. – Je garde une chambre et le reste est pour vous ! – déclara la belle-mère. – Nous sommes tous des gens bien élevés, donc je pense qu’on s’entendra très bien. – On peut partir quand on veut ! – a alors rassuré le jeune homme à sa femme. – Je ne vois pas de mal à essayer de vivre sous le même toit que ma mère. Et si jamais ça ne marche pas, on trouvera un appartement à louer… C’est exactement ce qui s’est passé. Vivre ensemble s’est révélé être tout sauf simple. Belle-fille comme belle-mère ont voulu faire des efforts, mais chaque jour la situation empirait. La rancœur s’accumulait, les scènes de ménage devenaient de plus en plus fréquentes. – Tu avais dit que si on ne pouvait plus vivre avec ta mère, on partirait ! – dit un jour la jeune femme en larmes. – Eh bien, on n’en est pas là, répondit sa belle-mère avec condescendance. – Pour des broutilles, ce serait stupide de faire ses valises… Un an après leur mariage, la jeune femme tomba enceinte et donna naissance à un petit garçon en pleine santé. La naissance du petit-fils coïncida avec une période où la belle-mère venait de quitter son emploi, sans en retrouver un autre, les employeurs ne souhaitant pas embaucher une femme proche de la retraite. Belle-mère et belle-fille se sont donc retrouvées à vivre ensemble, 24 heures sur 24, sans la possibilité de s’aérer l’esprit. L’atmosphère à la maison se dégradait de jour en jour. Le mari, lui, haussait simplement les épaules et écoutait les plaintes, car il était le seul à travailler. – On ne peut pas laisser ma mère seule sans revenus. Je ne peux pas la délaisser, ni payer à la fois un loyer et l’aider financièrement. Dès qu’elle aura un travail, nous partirons ! Mais la patience de la jeune femme s’épuisait. Elle fit ses valises, prit son fils et s’installa chez sa propre mère. En partant, elle annonça à son époux qu’elle ne remettrait jamais les pieds chez sa belle-mère ; s’il tenait à sa famille, il devait trouver une solution. Elle pensait que son mari, attaché à sa famille, ferait tout pour la reconquérir. Mais elle se trompait lourdement. Voilà plus de trois mois qu’elle vit chez sa mère, et son époux n’a pas fait le moindre geste pour la faire revenir. Il reste chez sa mère et communique avec sa femme ainsi que leur enfant par visioconférence le soir, et leur rend visite le week-end chez sa belle-mère. L’homme profite ainsi de l’attention et des soins de deux femmes en même temps, tout en laissant à la belle-famille le soin du petit garçon que la mère a laissé derrière elle sous le coup de la colère, et ne doit presque rien assumer au quotidien. Le mari s’en sort à merveille ! Quant à la belle-mère, sa vie est loin d’avoir changé, et elle n’a pratiquement rien perdu ! La jeune femme, elle, est bouleversée par la situation. Elle aime encore beaucoup son époux, même si elle sait qu’il n’agit pas correctement. – À quoi t’attendais-tu en partant ? – lui demande son mari. – Tu peux revenir si tu veux. Mais il est fort probable que la jeune femme ne souhaite pas quitter sa mère ni chercher un logement à louer. En congé parental, elle n’a tout simplement pas les moyens de vivre ailleurs. Est-ce vraiment la fin de cette famille ? À votre avis, a-t-elle la moindre chance de revenir chez sa belle-mère et de s’en sortir la tête haute dans cette histoire ?