Confortablement installée sur le canapé d’un café parisien, elle attendait sa commande en savourant son cappuccino et son éclair préférés, pour égayer sa matinée avant le travail.

Confortablement installé sur un canapé dans un petit café parisien, je patientais en attendant ma commande, savourant mon cappuccino préféré accompagné dun éclair avant dattaquer la journée de travail.
Élodie, comme à son habitude, sétait installée au fond de la salle, là où elle venait souvent pour déguster un cappuccino avec un éclair au chocolat. Cela la réconfortait avant dentamer la longue journée de bureau. Dehors, la neige tombait doucement sur les pavés de la rue Saint-Antoine. Élodie prit une longue gorgée de café, appréciant la chaleur. Deux jeunes femmes étaient assises à la table voisine, des amies à l’évidence.
Figure-toi, jai croisé la copine de mon ex lautre jour. Pour tout te dire, elle na vraiment rien dexceptionnel. Quest-ce quil lui trouve?
Peut-être quelle cuisine une blanquette de veau à tomber? Ou alors, cest une magicienne sous la couette, qui sait? répondit lautre en riant.
Sérieusement, regarde ses photos sur Instagram! Rien de bien captivant
Elles éclatèrent de rire. Je restai songeur, immobile. Le souvenir des mots de ma mère me revint en mémoire, des années plus tôt: “Tu vois, notre petite Élodie nest pas une beauté, mais sa gentillesse et son ardeur au travail la rendent précieuse.”
Élodie avait appris à soigner son apparence au fil des ans, sans jamais réussir à se trouver belle. Ma mère répétait toujours: “Accroche-toi, ma fille. Si tu ne plais pas par la beauté, alors brille par ton intelligence. Travaille, ne reste jamais seule.”
Au lycée, elle nosait pas se montrer, complexée par sa silhouette juvénile et ses traits simples. À la fac, elle avait appris à shabiller avec goût, à se maquiller avec discrétion. Elle avait même eu un petit ami qui, pourtant, ne pouvait sempêcher de plaisanter sur ses épaules larges et ses pieds trop grands. Élodie sétait persuadée que, même en étant brillante, il était difficile dêtre aimée. Alors, elle sétait résignée et poursuivi sa route.
Après avoir terminé son café et son éclair, Élodie filait au bureau. À midi, elle devait passer chez son amie Camille, pour nourrir le chat et arroser les plantes. Camille était partie deux semaines à Marseille, et son mari, souvent en déplacement, ne rentrait que rarement. “Même sils se croisent, il ne remarquera même pas Élodie”, avait pensé Camille en partant en vacances.
Arrivée chez Camille, Élodie donna dabord à manger au chat Pompon qui dormait encore, puis soccupa des plantes. De lautre côté de la cloison, la musique résonnait doucement. Elle reconnut la mélodie et se mit à fredonner: “Une étoile inconnue brille, et je suis loin de chez moi” Subitement, elle se sentit bien, dans cette chanson, entourée de fleurs. Légère, elle tournoya doucement, laissant la musique la porter.
Tout à coup, des voix résonnèrent derrière elle.
Se retournant, elle aperçut deux hommes. Paul! Le mari de Camille. Et un ami à lui. Les deux paraissaient surpris. “Quelle honte!”, pensa Élodie.
Bonjour, Élodie. Je te présente mon ami Hugo. On venait chercher des papiers. Tu dansais si joliment, on na pas osé interrompre. On espère ne pas tavoir dérangée.
Cest Camille ma demandé de passer
Troublée, elle pressa la porte. Sans voir Pompon couché sur le chemin, elle trébucha, tomba lourdement, et lobscurité lenveloppa.
Elle se réveilla à lhôpital, dans une chambre claire.
Bonjour, comment vous sentez-vous? Je suis Violette, votre voisine de chambre. Une légère commotion, mais rien de grave, le médecin dit que vous serez vite rétablie. Vous avez eu la visite dun coursier et dun jeune homme avec des fleurs, ajouta-t-elle avec un sourire complice.
Merci murmura Élodie.
Prudemment, elle se leva et ouvrit le sachet laissé sur la petite table. Il contenait des fruits, du jus de fruits et ses douceurs préférées, des éclairs au chocolat. Sans doute pensés par Camille et Paul.
En saisissant le bouquet de fleurs, Élodie découvrit un mot. “Élodie, bon rétablissement. Une femme aussi charmante que vous na rien à faire dans un hôpital. Jaimerais vous inviter à lexposition florale. Une réponse négative est impossible. Hugo.”
Le visage plongé dans le parfum des chrysanthèmes blancs, Élodie ferma les yeux de bonheur. Elle se retourna, le sourire aux lèvres, pour enlacer sa voisine de chambre
La beauté nest pas forcément éclatante ni tape-à-lœil. Chacune possède la sienne, parfois discrète et pourtant rayonnante. Souvent, elle vient du fond du cœurDans le reflet du vase, Élodie aperçut son visage, éclairé d’une lumière nouvelle. Pour la première fois, elle se trouva belle non par contraste, mais parce que la tendresse et lattention quelle venait de recevoir faisaient éclore en elle une douce certitude: elle valait bien plus que le miroir des autres.
Au fond du couloir, des pas feutrés approchaient: Hugo, son bouquet de chrysanthèmes entre les mains, cherchait timidement la chambre. Élodie se leva, le cœur battant, et lui ouvrit la porte avec un éclat dans les yeux quelle ne se connaissait pas.
Il lui tendit maladroitement une fleur. Leurs mains se frôlèrent, et un silence léger sinstalla, complice.
Je suis heureux que vous alliez mieux, Élodie.
Elle sourit, accueillant le compliment comme on laisse entrer le printemps. Ils échangèrent un regard rempli de promesses, et, dans la blancheur apaisante de la chambre, le monde sembla un instant suspendre sa danse.
La neige ne tomba plus jamais avec la même légèreté sur la rue Saint-Antoine, car désormais, Élodie savait que parfois, il suffit dun pas de danse, dun bouquet inattendu et dun éclat de musique pour que la lumière choisisse enfin de sarrêter sur soi.

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