Mes parents ne méritent que le mépris : je regrette d’être née dans une famille aussi démunie et sans avenir

Mes parents ne méritent que du mépris. Jaimerais ne jamais être née dans une famille pareille.

Je suis bien consciente que je ne vais pas récolter beaucoup de « likes » en disant ça, et quau contraire, on va sûrement me clouer au pilori. Mais tant pis, jai besoin de vider mon sac. Sérieusement, vous pouvez mexpliquer pourquoi des gens pauvres, qui nont strictement rien accompli dans la vie, décident de faire des enfants ? Dans quel but ? Pour perpétuer la misère ? Pourquoi personne ne réfléchit jamais à ce qui attend ces enfants ?

Moi, je viens justement de ce genre de famille mes parents nont absolument rien construit dans leur existence. Aucun diplôme, aucun métier, même pas de maison à eux. Leur unique exploit a été de mettre au monde cinq filles, dont moi. Pourquoi, sérieux ? Oui, clairement, je ne saute pas de joie à lidée dêtre en vie. Mais cest la situation.

Pendant toute mon enfance, on ne ratait pas une occasion de me faire sentir que jétais pauvre : ma mère était femme de ménage, mon père fait tout (enfin surtout pas grand-chose). À lécole, on me disait que je finirais sur un quai de gare ou dans la rue, parce que, forcément, « les chiens ne font pas des chats ». Et quai-je bien pu faire pour mériter ça ? Ah oui, avoir des parents pas comme il faut. Cest pour ça que je leur en veux, et donc que je ne leur adresse plus la parole.

Malgré tout, jai pris mon courage à deux mains : jai bossé dur, jai fait des études, jai payé mes frais de scolarité toute seule. Aujourdhui, jai réussi à me faire une place ; ce que je possède, je lai gagné. Mais mon passé trempé dans la galère me colle à la peau.

Et pour couronner le tout, mon fiancé vient dune famille parisienne blindée, avec des parents cultivés et élégants qui citent du Victor Hugo pendant le repas. À côté deux, jai limpression dêtre une intruse à la fête de la Truffe. Jai même honte de les rencontrer. Franchement, je ne sais pas comment me sortir de là. Jai la pauvreté imprimée dans le cerveau, et les souvenirs grisâtres des jours où on me montrait du doigt…

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Mes parents ne méritent que le mépris : je regrette d’être née dans une famille aussi démunie et sans avenir
J’ai 66 ans et, depuis début janvier, j’accueille chez moi une jeune fille de 15 ans qui n’est pas ma fille. Elle est la fille de ma voisine, qui nous a quittés pour rejoindre le ciel quelques jours avant le Nouvel An. Avant cela, elles vivaient toutes les deux dans un petit studio en location, à trois maisons de chez moi. Leur logement était exigu : un lit pour deux, une cuisine improvisée, une petite table qui leur servait à la fois pour les repas, les devoirs et le travail. Je ne les ai jamais vues profiter du moindre luxe ou confort, elles n’avaient vraiment que le strict minimum. La mère de la jeune fille était malade depuis des années, mais elle continuait à travailler chaque jour. Pour ma part, je vendais des produits à domicile et faisais la tournée des livraisons. Lorsque cela ne suffisait pas, elle installait un stand devant l’immeuble et vendait des quiches, des céréales et des jus. Sa fille l’aidait après l’école – elle préparait, servait, rangeait. Souvent le soir, je les voyais rentrer tard, épuisées, compter des pièces au centime près pour voir si elles pourraient s’en sortir le lendemain. Sa maman était très fière, travailleuse et n’a jamais demandé de l’aide. Quand je le pouvais, je leur achetais des courses ou leur apportais des plats cuisinés, mais toujours discrètement pour ne pas lui faire perdre la face. Je n’ai jamais vu de visiteurs dans leur appartement, aucun parent n’y venait jamais. La mère ne parlait pas de frère, sœur, cousin ou parents. Sa fille a grandi comme ça – seule avec sa mère, habituée très jeune à aider, à ne rien demander, à se débrouiller avec ce qu’elle avait. Aujourd’hui, avec du recul, je me dis que j’aurais peut-être dû insister pour les aider davantage, mais à l’époque, je respectais la frontière qu’elle imposait. Le départ de sa mère a été brutal. Un jour au boulot, et quelques jours après, elle n’était plus là. Pas d’au revoir, aucun proche qui s’est manifesté. La jeune fille s’est retrouvée seule dans ce petit appartement – avec un loyer à payer, des factures à régler et le lycée à reprendre bientôt. Je me souviens de son visage à cette époque : elle tournait en rond, perdue, inquiète de devoir quitter son logement, ne sachant pas si quelqu’un viendrait la prendre en charge ou si elle finirait dans un endroit inconnu. Alors, j’ai décidé de l’accueillir chez moi. Pas de grandes réunions, ni de grands discours. Je lui ai simplement dit qu’elle pouvait rester avec moi. Elle a rassemblé ses affaires dans des sacs – le peu qu’elle possédait – et elle est venue. Nous avons fermé son appartement, pris contact avec le propriétaire qui a été compréhensif. Aujourd’hui, elle vit avec moi. Elle ne pèse pas, elle n’est pas là comme quelqu’un pour qui il faudrait tout faire. Nous avons réparti les tâches : je cuisine et gère les repas, elle aide au ménage – elle fait la vaisselle, son lit, balaye et range les parties communes. Chacune sait ce qui lui revient. Pas de cris, pas d’ordres. Tout se discute. Je prends en charge ses dépenses : vêtements, cahiers, fournitures scolaires, goûters quotidiens. Le lycée est à deux rues de chez nous. Depuis qu’elle est chez moi, c’est devenu plus difficile financièrement. Mais cela ne me pèse pas. Je préfère ainsi que de savoir qu’elle est seule, sans soutien, à revivre cette insécurité qu’elle a connue auprès de sa mère malade. Elle n’a personne d’autre. Et moi, je n’ai pas d’enfants à la maison. Je pense que tout le monde aurait agi comme moi. Qu’en pensez-vous de mon histoire ?