Un jour, lors d’un de nos cours, notre professeure s’est comportée de manière profondément méprisante.

Il était une fois, lors dun de nos cours, notre professeure sest comportée de façon particulièrement méchante.

Nous étions tous dans la même classe quun garçon nommé Pierre. Il était comme tout le monde, rien de spécial ne le distinguait : des notes moyennes et une vraie passion pour les jeux vidéo il en était fou. De temps en temps, Pierre participait à des concours en ligne, et il gagnait même des prix. Sa mère travaillait comme femme de ménage dans notre collège, et son fils laidait toujours après la classe : il portait des seaux deau, lavait la vaisselle et faisait le ménage. Au début, tout le monde se moquait de lui, mais cela ne le gênait pas. Puis, les remarques ont cessé et on a commencé à le traiter comme un camarade normal.

Notre professeure, Madame Lefevre, était respectée, mais uniquement par les élèves qui avaient de bonnes notes. Les autres lappelaient en cachette par des sobriquets peu flatteurs et ne laimaient pas beaucoup. Elle parlait toujours poliment avec moi et mes amis, mais Pierre, qui navait jamais ses devoirs, se sentait mal à laise avec elle.

Une fois, pendant un cours, la professeure a été vraiment cruelle. Elle a dit à Pierre que toute sa vie, il ne ferait rien dautre que laver le sol et la vaisselle comme sa mère, car il n’était bon à rien dautre.

Quelques années plus tard, nous avons décidé daller voir notre ancienne professeure, Marie. Plusieurs anciens élèves étaient là et lavaient invitée, même si elle ne nous enseignait plus. Elle semblait un peu surprise, mais au fond, sa personnalité navait pas changé. Rapidement, elle sest mise à poser des questions indiscrètes sur la vie privée de chacun. Arrivée près de Pierre, Marie lui a demandé ce quil faisait et a lâché : « Tu dois sûrement encore faire le ménage quelque part. » Il a répondu dun ton détaché : « Je travaille comme concierge. » La professeure a alors ajouté : « Hmm, comme je le pensais tu nas rien accompli. »

Pierre a alors glissé discrètement : « En fait, jai ma propre entreprise, jen suis le patron. »

Je me souviendrai toujours du changement sur le visage de la professeure, qui ne savait plus où se mettre. Ce nétait pas fini. Lorsque Marie a dû quitter le café, Pierre a appelé son chauffeur pour quil la raccompagne chez elle dans une luxueuse Mercedes. Elle sest assise à larrière, les sourcils froncés, visiblement choquée par ce quelle venait dapprendre.

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Un jour, lors d’un de nos cours, notre professeure s’est comportée de manière profondément méprisante.
Lettre à soi-même Elle écarta du bord de la table son assiette de sarrasin refroidi et se redressa. La télévision, dans le salon, ronronnait à propos du concert du Nouvel An sur France 2 ; les paillettes traversaient l’écran, les animateurs souriaient, mais le son était presque au minimum. Dans la cuisine, l’horloge murale tictaquait, l’aiguille s’approchait de minuit. Anne Dufresne posa devant elle une feuille blanche à carreaux, puis ses épaisses lunettes à monture plastique. Un stylo, cadeau de son fils pour le Noël dernier, était posé à côté. Elle enclencha le capuchon d’un geste sec, ressentant la petite pointe d’angoisse familière, comme à la veille d’un examen. Alors ma vieille, pensa-t-elle, écris. Tu te l’es promis. L’idée avait germé une semaine plus tôt : elle avait vu un psychologue à la télévision conseiller d’écrire une lettre à son futur soi. Elle avait trouvé ça enfantin mais intriguant. Ce soir, dans le silence, l’idée ne lui semblait plus ridicule. Elle se pencha, posa sa paume sur le papier pour l’empêcher de trembler, et écrivit en haut : « 31 décembre 2024. Lettre à moi-même pour le prochain Nouvel An ». Sa main était fébrile, mais les lettres étaient régulières, appliquées. L’habitude de la rigueur, rapportée de ses trente ans comme comptable. « Bonjour Anne, qui a 73 ans », écrivit-elle, puis s’arrêta. Ce chiffre ‑ 73 ‑ lui fit mal. Elle avait 72 maintenant, et sursautait encore parfois en y pensant. Elle se sentait toujours quelqu’un avec un chiffre plus petit. Elle s’écouta. L’estomac tiraillait de faim et d’inquiétude, son dos la lançait depuis la séance de ménage de la journée. Son cœur battait normalement, mais, en sourdine, s’élevait la même peur : battrait-il encore ainsi dans un an ? Elle se pencha à nouveau sur la feuille. « J’espère très fort que tu es vivante et que tu peux lire ces mots. Que tu marches seule, sans canne. Que ta main n’est pas paralysée, que tes jambes tiennent, que tu n’es ni hospitalisée ni à la charge de qui que ce soit… » Elle relut sa phrase et grimaça. Trop sombre. Mais elle ne la raya pas. C’était honnête. « J’espère que tu n’es pas un fardeau pour tes enfants. Que tu vas seule faire les courses, que tu paies toi-même les factures, que tu gères tes médicaments, que tu ne les appelles pas dix fois par jour pour des riens ». Elle posa son stylo et regarda le téléphone sur le rebord de la fenêtre. Sa fille avait appelé une heure plus tôt de Belgique, à la va-vite, entre deux choses, lui avait montré par visio le sapin et sa petite-fille toute scintillante. Son fils avait écrit : « Maman, bonne année d’avance, on est chez des amis, j’appelle demain ». Elle avait répondu avec un emoji sourire et un cœur, comme il lui avait appris. « Que tu ne les embêtes plus avec ta solitude », écrivit-elle, puis souffla. Le mot « solitude » resta en suspens, lourd comme une pierre. Elle regarda la cuisine. Sur une chaise, sa robe de chambre était posée, les chaussettes de laine séchaient sur le radiateur. Il y avait deux assiettes sur la table : elle en posait toujours une en face d’elle, par habitude, bien qu’elle sût que personne ne rentrerait « juste une minute ». Cela la rassurait. Elle reporta son attention sur la feuille. « Cette année, tu dois – elle souligna le mot – vraiment apprendre à bien vivre. Marcher au moins une demi-heure par jour. Arrêter de grignoter le soir. Ne plus ressasser ta tension artérielle à qui veut l’entendre. Trouver une occupation. Peut-être aller à la gymnastique pour seniors ou rejoindre un club. Parler davantage avec les autres, ne pas rester enfermée. Être calme, gentille, sans râler ni donner de conseils aux enfants. Être une mamie facile, agréable à côtoyer ». Elle relut ce passage, sentit son cœur se serrer. « Mamie facile » – on dirait une pub. Mais c’est ça qu’elle rêvait d’être : soignée, souriante, discrète, solide. Elle ajouta encore : « Et surtout, n’aie pas peur de l’avenir. N’attends pas tout le temps que le malheur arrive. Va voir les médecins en temps voulu. Prends bien tes médicaments. Mais évite de passer des heures sur Internet à lire sur les maladies. N’appelle pas ta fille à chaque douleur. Tu es adulte, tu peux t’en sortir ». Sa main fatigua. Elle s’adossa sur sa chaise, ferma les yeux. Dans le couloir, une autre pendule offerte pour son départ à la retraite tictaquait doucement. Dans le salon, le concert continuait silencieusement, les artistes ouvraient la bouche dans un chant muet. À la fin, elle écrivit : « Puisses-tu cette année avoir au moins une amie pour partager un thé et discuter. Et puisses-tu cesser de te sentir toujours de trop ». Elle souligna « de trop » deux fois, puis effaça un trait. Signature : « Anne, 72 ans ». Elle plia la feuille, trouva au fond du tiroir une enveloppe avec des motifs de sapin, glissa la lettre. Elle écrivit : « À ouvrir le 31.12.2025 » et tint ces chiffres devant ses yeux, comme pour vérifier si elle croyait elle-même y arriver. Puis elle alla poser l’enveloppe dans le buffet, entre une pile de vieilles cartes postales et une boîte de photos, ferma la porte, tourna la clé. Quand la télévision lança le compte à rebours, elle était à la fenêtre avec sa coupe de champagne, regardant quelqu’un tirer des feux d’artifice dans la cour. Elle appuya une main sur sa poitrine, ressentant le battement de son cœur, et souffla dans la nuit : — D’accord, nouvelle année. Pas trop fort, s’il te plaît ? *** Un an plus tard, elle retrouva l’enveloppe alors qu’elle cherchait d’anciennes quittances. C’était mi-décembre, pas encore tout à fait la fête, mais les mandarines s’empilaient en pyramides dans les supermarchés, et un ouvrier montait déjà la carcasse du futur sapin dans la cour. Anne Dufresne était assise par terre, une boîte de papiers ouverts devant elle. Elle triait les chemises « Factures », « Santé », « Administratif », pour ranger avant la venue de l’assistante sociale qui devait l’aider avec les dossiers de remboursement. L’enveloppe glissa d’une vieille pochette et tomba sur ses genoux. Elle reconnut tout de suite son écriture. Son cœur se tirailla une seconde. « À ouvrir le 31.12.2025 ». — Eh bien, murmura-t-elle. Il restait deux semaines jusqu’à la date. Elle pensa à la reposer, à attendre comme prévu. Mais la curiosité l’emporta. — Quelle importance, marmonna-t-elle. Deux semaines plus tôt ou plus tard… Elle s’aida du canapé pour se relever, s’installa à la table. Ses ongles étaient coupés courts, une trace d’iode ornait son pouce – elle s’était entaillée en ouvrant un pot de cornichons. Elle ouvrit l’enveloppe, déplia la feuille jaunit aux plis. Dessus, l’appel : « Bonjour Anne, qui a 73 ans ». — Soixante-treize… répéta-t-elle, s’écoutant prononcer ce chiffre. En un an, c’était devenu plus familier. Elle le disait au médecin sans hésitation, mais s’étonnait toujours d’un visage ridé dans la glace. Elle commença à lire. « J’espère très fort que tu es vivante et que tu peux lire ces mots. Que tu marches seule, sans canne… » Elle jeta un regard machinal vers le couloir. Là, contre le mur, trônait la canne noire à poignée caoutchoutée, achetée le printemps dernier après une chute sur les marches du centre de santé. Ce jour-là, il faisait glissant ; elle pressait le pas vers la cardiologue, ses analyses dans un sac. Elle avait trébuché à la sortie, heurté la hanche. Aux urgences, ils l’avaient gardée deux heures, passé une radio : os intacts, mais le médecin avait prévenu : — Il vous faudrait une canne, madame Dufresne. Et moins de précipitation dans les escaliers… Elle avait pleuré dans le couloir. La canne lui paraissait une déclaration de vieillesse. Puis, la douleur passant mal, elle l’avait achetée en pharmacie. En lisant « sans canne » dans la lettre, la honte lui serra la poitrine, comme un défi raté. « …que ta main n’est pas paralysée, que tes jambes tiennent, que tu n’es ni hospitalisée ni à la charge de qui que ce soit… » Elle se revit en avril, la tension si haute qu’elle avait eu la nausée. Sa voisine du dessous, Mme Lambert, l’avait trouvée mal et appelé le SAMU. Elle était restée cinq jours à l’hôpital, écoutant les histoires d’opérations et de petits-enfants. Sa fille n’avait pas pu venir, son fils était passé une fois. Elle avait compris alors qu’on pouvait laisser s’écouler la vie sans être toujours aux commandes. « Que tu vas seule faire les courses, que tu paies toi-même les factures… » Elle sourit. Son fils lui avait installé l’appli pour payer en ligne. Elle avait résisté, puis pris le pli, et même aidé un voisin. Les médicaments étaient rangés en rang d’oignons dans la cuisine, le suivi des prises dans un cahier. « Que tu ne les appelles pas dix fois par jour… » Elle se rappela son post-it sur le frigo : « Appeler les enfants une fois par jour ». Tenu une semaine. Mais finalement, ils étaient là, à leur façon. Il y eut un passage sur la solitude — elle sentit remonter la culpabilité. Elle se souvenait d’avoir craqué au téléphone, sa fille, lasse, lui répondant : « Maman, je fatigue aussi, je ne t’appelle pas à chaque coup de mou… ». Les froids de trois jours, puis la réconciliation honnête : parler de son mal-être sans accabler l’autre. Pour la marche quotidienne, elle se revoyait en mai, marchant autour de l’immeuble, puis avec Nadine, une retraitée locale sortie promener son chien. Très vite, elles avaient ri ensemble sur tout et rien, partagé un thermos de thé, des souvenirs, des complices de marche. « Arrêter de grignoter le soir » : parfois elle craquait, mais ce n’était plus systématique. Et ces petits écarts la consolaient, lui rappelaient qu’elle n’était pas qu’un dossier santé à optimiser. « Trouver une occupation, parler aux autres, sortir, être facile à vivre… » Elle pensa à l’atelier de « yoga sur chaise » à la Maison des seniors, où, un peu tremblante, elle avait osé entrer, mis à l’aise par la prof jeune et chaleureuse, avait bu un thé après avec deux dames du quartier. Sur le conseil aux enfants, elle sourit tristement. Elle se revit, lors du passage de son fils et de ses petits-enfants : la remarque sur les écrans, la réponse cinglante, la porte de la cuisine qui claque. Elle s’était sentie de trop. Il lui avait rappelé qu’ils faisaient de leur mieux, qu’ils n’étaient pas ses adversaires. Depuis, elle avait essayé de mordre sa langue, de ne plus donner tous ces conseils non demandés. Sur son rapport à l’inquiétude et à la santé, elle repensa à cette douleur inquiétante résolue par un rendez-vous médical, sans dramatisation, puis racontée à sa fille avec humour. À la recherche d’une amie, elle leva les yeux sur la cuisine : la veille, Nadine avait partagé un gâteau au chou, et elles avaient ri de leurs aventures d’escaliers. Le mot « de trop » prenait moins de place. Des soirées seules subsistaient, mais il y avait aussi la voix d’une petite-fille sur WhatsApp, des appels de Ghislaine pour les courses, la voisine qui venait pour un souci d’ordinateur : « Vous êtes la spécialiste ! » Elle posa la lettre sur la table, le cœur plein d’un mélange de honte et de gratitude. Elle contempla sa main à la peau marquée, veinée, qui tenait la canne, faisait la vaisselle, caressait la tête de sa petite-fille en été. J’ai voulu devenir commode, pensa-t-elle, et voilà le résultat… Elle relut le début, « ne pas être un fardeau ». Mais elle se souvenait d’un été où sa fille était venue une semaine, et, épuisée, elle avait accepté d’être aidée, pour monter un escalier. « Tu n’es pas une valise, maman, tu es une personne. C’est normal d’aider », lui avait alors soufflé sa fille. Cette phrase la marqua plus que tout le reste. Lentement, elle avait compris. Elle constata maintenant que sa lettre était pleine d’ordres : « doit », « ne pas faire », « arrête », « sois ». Comme si elle était sa propre directrice. Elle se leva, alla chercher un carnet tout neuf offert par Ghislaine, « pour écrire des recettes ou des pensées ». Elle s’assit, hésita, regarda la vieille lettre. L’instinct voulait dresser encore une liste de règles, mais une voix plus douce lui chuchotait d’essayer autre chose. Finalement, elle écrivit : « 31 décembre 2025. Lettre à moi-même pour l’an prochain ». Puis raya la date pour : « Décembre 2025. Message à soi ». « Bonjour Anne. Tu as 73 ans. Tu es assise dans ta cuisine, ta lettre de l’an passé devant toi. Tu n’as pas tout fait : tu grignotes encore parfois le soir, tu râles sur la tension, tu as adopté la canne, tu as pleuré au téléphone avec ta fille, tu t’es disputée avec ton fils, tu n’es pas la mamie idéale des publicités. Mais cette année, tu as réussi à appeler le médecin toute seule. Tu as séjourné à l’hôpital et tu es restée forte. Tu t’es liée d’amitié avec Nadine et Ghislaine, tu as participé à des ateliers, parfois en rechignant, tu as ri, tu as laissé ta place dans le bus à plus faible que toi. Tu te sens encore parfois de trop, mais parfois utile aussi. Ce n’est déjà pas mal. Je ne vais plus te dire ce que tu dois faire. Pour l’année qui vient, sois simplement plus indulgente avec toi-même. Si tu veux marcher, marche. Si tu es fatiguée, repose-toi. Si tu as peur, appelle quelqu’un : ce n’est pas grave. Je te souhaite de continuer à avoir autour de toi des personnes avec qui partager un thé. D’accepter sans honte ta canne. De ne pas te définir uniquement comme un problème à résoudre. Tu n’es pas une liste de tâches. Tu es toi. » Elle s’arrêta, relut, sentit les larmes monter. Cette fois, non de tristesse, mais de soulagement. Dehors, on installait les planches pour le sapin. La télé, en sourdine, parlait des chutes de neige annoncées. Anne referma le carnet, posa la vieille lettre dessus, joignant d’une paume deux versions d’elle-même. Elle se releva, aperçut à la fenêtre Nadine assise sur le banc du jardin, sa chienne remuant la queue dans la fraîcheur. Anne enfila sa parka, prit sa canne, hésita sur le pas puis revint à la table, ouvrit le carnet et ajouta : « Aujourd’hui, je vais marcher avec Nadine. Juste parce que j’en ai envie. Ce soir, j’appellerai ma fille, non pour me plaindre, mais pour prendre de ses nouvelles ». Elle rangea le carnet non dans le buffet, mais dans le tiroir avec les stylos, sans inscription « à ouvrir quand ». Si elle voulait le lire, elle le ferait n’importe quel jour. Elle ferma la porte, descendit l’escalier, sa canne tapant doucement chaque marche. Sa jambe la lançait un peu, mais elle tenait bon. L’air dehors était frais, mordant. Nadine leva la main : — Anne, on fait un tour ? — l’appela-t-elle. — On y va, répondit Anne Dufresne, ressentant quelque chose s’élargir en elle. Elles firent le tour du jardin, à leur rythme. La chienne traçait des empreintes sur le sol. Anne écoutait Nadine parler de sa petite-fille, tout en pensant que, dans deux semaines, ce serait encore le Nouvel An. Sans grandes promesses ni plans stricts. Juste une nouvelle année, à vivre du mieux possible. Avec respect pour ses forces… et ses faiblesses. Et c’était, il lui sembla, déjà suffisant.