Bonjour. Je m’appelle Adam. Je pense être votre fils. Elle venait tout juste d’avoir dix-huit ans. Au travail, on lui dit qu’elle n’était pas à la hauteur et on la renvoya sans ménagement. Ce jour-là, elle rentra à la maison plus tôt que d’habitude et surprit son jeune homme au lit avec une fille inconnue. Elle partit chez sa mère. Le soir même, celle-ci lui fit comprendre qu’elle ne voulait plus de sa fille à la maison : son compagnon souhaitait profiter de la vie sans enfants. Le lendemain matin, le test de grossesse révélait sans équivoque deux bandes lumineuses. Neuf longs mois passèrent comme dans un brouillard. Elle dut s’héberger chez des amis, parfois dormir dans des gares. Elle acceptait tous les petits boulots qu’elle trouvait. Le pire fut l’hiver, où elle en vint, un jour, à mendier devant une église. L’enfant naquit dans la nuit du 13 décembre. Un petit garçon magnifique, fragile et radieux de bonheur. Elle écrivit sur un bout de papier : « Mon fils, je t’aime et je te souhaite de trouver une famille aimante ! » Elle déposa le mot à côté du berceau et partit. À Paris, tout le monde préparait le Nouvel An : des guirlandes et des flocons de neige ornaient vitrines et fenêtres. À chaque coin de rue sonnait un carillon. Julia descendit de sa voiture rouge et élégante, garée seule sur le parking désert. Elle était, encore une fois, la première arrivée. Le vigile lui ouvrit la porte dans la hâte. Julia lui offrit un sourire, claqua des talons sur le couloir désert, gagna son bureau, alluma son ordinateur, sortit ses dossiers et tourna machinalement la page du calendrier de bureau. Treize. Il y a encore quelques années, elle se serait peut-être effondrée. Désormais, ses poings se serraient simplement. — Julia, votre café, comme d’habitude ! — sa secrétaire entra, tasse fumante à la main. — Vous avez un visiteur, mais il n’a pas pris rendez-vous. Il a dit que c’était très important. Julia se regarda dans le miroir, ajusta ses cheveux, puis demanda qu’on le fasse entrer. Un jeune homme d’une vingtaine d’années entra, hésita sur le seuil, dévisagea Julia, s’avança timidement puis s’arrêta. — Bonjour, répondit Julia, la première. — Que puis-je faire pour vous ? — Bonjour, Julia. Je m’appelle Adam. Je pense… Je pense être votre fils. Julia en eut le souffle coupé. Lui, croyant qu’elle n’était pas heureuse de cette révélation, se justifia : — Je n’en suis pas certain. Je suis né le 13 décembre. Mes parents m’ont dit que ma mère biologique avait dix-huit ans et s’appelait Julia. Ah, et… ils ont gardé ceci. Il sortit, nerveux, un vieux bout de papier de sa poche. Julia reconnut aussitôt le mot qu’elle avait écrit à son bébé. Les larmes lui montèrent aux yeux. Pas un seul jour, depuis dix-neuf ans, Julia n’avait cessé de penser à son petit garçon, s’imaginant sa vie d’adulte. À travers ses larmes, elle tentait d’observer ce jeune homme beau et accompli, mais elle ne voyait que son bébé, celui qu’elle avait été contrainte d’abandonner. Julia retrouva, en le regardant, les traits et ce parfum unique du bonheur perdu… et enfin retrouvé.

Bonjour. Je mappelle Adam. Je pense être ton fils.

Elle vient tout juste de fêter ses dix-huit ans. Au travail, on lui a dit quelle nétait pas à la hauteur et, sans sourciller, ils lont mise à la porte. Ce jour-là, elle est rentrée chez elle plus tôt que dhabitude, et a surpris son petit ami au lit avec une fille inconnue.

Elle est allée chez sa mère. Le soir venu, sa mère lui a fait comprendre quelle ne désirait pas vraiment de sa présence à la maison, car son compagnon souhaitait profiter de la vie sans enfants.

Le lendemain matin, le test de grossesse affiche deux traits bien marqués, ne laissant place à aucun doute.

Les neuf mois suivants défilent comme dans un brouillard. Elle doit dormir chez des amis ou dans des gares. Elle accepte chaque petit boulot quelle trouve. Lhiver est le pire. Un soir, elle en arrive même à mendier devant une église.

Lenfant naît dans la nuit du 13 décembre. Cest un superbe petit garçon, tout fragile, paisible, rayonnant de bonheur. Elle écrit sur un morceau de papier : Mon fils, je taime et je te souhaite de trouver une famille qui prendra soin de toi !. Elle le dépose à côté du berceau et senfuit.

À Paris, la ville entière prépare le Nouvel An : guirlandes et flocons de neige décorent toutes les vitrines et les fenêtres. À chaque coin de rue, on entend des grelots. Juliette sort de sa voiture, quelle verrouille à distance. Sa voiture rouge, élégante, trône seule sur le parking désert. Une fois de plus, elle arrive la première.

Le gardien accourt pour lui ouvrir la porte. Elle lui adresse un sourire poli, le bruit de ses talons résonne dans le couloir vide, elle rejoint son bureau, sassied devant son ordinateur, sort ses dossiers et tourne machinalement la page de son calendrier. Le treize. Quelques années plus tôt, elle aurait peut-être fondu en larmes, mais aujourdhui, elle serre simplement les poings.

Juliette, votre café, comme vous laviez demandé ! La secrétaire entre avec la tasse. Vous avez un visiteur, il na pas pris rendez-vous mais il dit avoir quelque chose de très important à vous dire.

Juliette croise son reflet dans la glace, se recoiffe rapidement et me fait signe dentrer.

Un jeune homme dune vingtaine dannées franchit la porte du bureau. Il hésite un instant, observe attentivement Juliette, sapproche timidement, puis sarrête.
Bonjour, dit Juliette la première. En quoi puis-je vous être utile ?
Bonjour, Juliette. Je mappelle Adam. Je crois être votre fils.

Juliette retient son souffle. Devant son silence, il essaie dexpliquer :
Je ne suis pas sûr Je suis né le 13 décembre. Mes parents mont dit que ma mère biologique avait dix-huit ans, quelle sappelait Juliette. Et puis ils ont gardé ceci. Il cherche dans sa poche, visiblement nerveux. Bientôt, la femme reconnaît un vieux morceau de papier, la note manuscrite quelle avait laissée pour son fils. Les larmes inondent son visage. Durant toutes ces années, pas un jour ne sest écoulé sans que Juliette ne pense à ce petit garçon. Maintes fois, elle l’a imaginé grandir.

A travers ses larmes, elle tente dapercevoir lhomme accompli et beau quil est devenu. Pourtant, cest son bébé quelle voit, celui auquel elle avait dû renoncer dix-neuf ans plus tôt. Juliette scrute ses yeux, les traits de son visage, elle y trouve sa ressemblance. Elle le reconnaît. Juliette respire enfin ce parfum unique de bonheur, celui quelle pensait perdu à jamais.

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Bonjour. Je m’appelle Adam. Je pense être votre fils. Elle venait tout juste d’avoir dix-huit ans. Au travail, on lui dit qu’elle n’était pas à la hauteur et on la renvoya sans ménagement. Ce jour-là, elle rentra à la maison plus tôt que d’habitude et surprit son jeune homme au lit avec une fille inconnue. Elle partit chez sa mère. Le soir même, celle-ci lui fit comprendre qu’elle ne voulait plus de sa fille à la maison : son compagnon souhaitait profiter de la vie sans enfants. Le lendemain matin, le test de grossesse révélait sans équivoque deux bandes lumineuses. Neuf longs mois passèrent comme dans un brouillard. Elle dut s’héberger chez des amis, parfois dormir dans des gares. Elle acceptait tous les petits boulots qu’elle trouvait. Le pire fut l’hiver, où elle en vint, un jour, à mendier devant une église. L’enfant naquit dans la nuit du 13 décembre. Un petit garçon magnifique, fragile et radieux de bonheur. Elle écrivit sur un bout de papier : « Mon fils, je t’aime et je te souhaite de trouver une famille aimante ! » Elle déposa le mot à côté du berceau et partit. À Paris, tout le monde préparait le Nouvel An : des guirlandes et des flocons de neige ornaient vitrines et fenêtres. À chaque coin de rue sonnait un carillon. Julia descendit de sa voiture rouge et élégante, garée seule sur le parking désert. Elle était, encore une fois, la première arrivée. Le vigile lui ouvrit la porte dans la hâte. Julia lui offrit un sourire, claqua des talons sur le couloir désert, gagna son bureau, alluma son ordinateur, sortit ses dossiers et tourna machinalement la page du calendrier de bureau. Treize. Il y a encore quelques années, elle se serait peut-être effondrée. Désormais, ses poings se serraient simplement. — Julia, votre café, comme d’habitude ! — sa secrétaire entra, tasse fumante à la main. — Vous avez un visiteur, mais il n’a pas pris rendez-vous. Il a dit que c’était très important. Julia se regarda dans le miroir, ajusta ses cheveux, puis demanda qu’on le fasse entrer. Un jeune homme d’une vingtaine d’années entra, hésita sur le seuil, dévisagea Julia, s’avança timidement puis s’arrêta. — Bonjour, répondit Julia, la première. — Que puis-je faire pour vous ? — Bonjour, Julia. Je m’appelle Adam. Je pense… Je pense être votre fils. Julia en eut le souffle coupé. Lui, croyant qu’elle n’était pas heureuse de cette révélation, se justifia : — Je n’en suis pas certain. Je suis né le 13 décembre. Mes parents m’ont dit que ma mère biologique avait dix-huit ans et s’appelait Julia. Ah, et… ils ont gardé ceci. Il sortit, nerveux, un vieux bout de papier de sa poche. Julia reconnut aussitôt le mot qu’elle avait écrit à son bébé. Les larmes lui montèrent aux yeux. Pas un seul jour, depuis dix-neuf ans, Julia n’avait cessé de penser à son petit garçon, s’imaginant sa vie d’adulte. À travers ses larmes, elle tentait d’observer ce jeune homme beau et accompli, mais elle ne voyait que son bébé, celui qu’elle avait été contrainte d’abandonner. Julia retrouva, en le regardant, les traits et ce parfum unique du bonheur perdu… et enfin retrouvé.
« Oh, moi je n’aurais jamais pu… On finit légume à force ! Avec les grabataires, tu pètes les plombs…