Ma sœur a récemment donné naissance à un petit garçon. Nous sommes allés chez elle pour rencontrer le nouveau-né. Son mari, François, avait lair ravi ; on sentait bien quil célébrait lévènement. Une de ses amies, Julie, préparait des sandwichs mais une odeur étrange flottait dans la cuisine.
Jai essayé de remettre un peu dordre et de cuisiner quelque chose. Pendant ce temps, François invitait tout le monde à dîner le soir même. Mais où donc? Dans une cuisine en désordre et pleine de sandwichs ? Mon épouse gonflait des ballons et me lançait des regards inquiets. Au final, nous avons quitté la maison deux heures plus tard que prévu. Chacun a pris sa propre voiture. François nous a annoncé quil sarrêterait chez le fleuriste en chemin.
Aux abords de la maternité de lhôpital Cochin, tous les membres de la famille attendaient, sauf le père du nourrisson. Ma sœur, Élodie, nest pas sortie car François lui avait promis dapporter ses affaires pour la sortie. Nous avons attendu presque une heure, mais il n’est pas venu.
Hier soir, le moment du retour à la maison est enfin arrivé. Mon épouse et moi sommes venus chercher Élodie ; à notre arrivée, il savérait que François était déjà parti avec le bébé. Nous avons attendu encore un moment, puis sommes repartis bredouilles.
Ce nest quaprès coup que lon a compris : il avait oublié les affaires de sa femme à lhôpital, puis oublié le bouquet quil avait apporté, et finalement, il était resté coincé dans les embouteillages du périphérique. À cause de lui, Élodie a dû attendre deux heures de plus avant de pouvoir quitter la maternité. Il insistait tellement que nous restions dîner chez eux quil ne supportait pas un refus de notre part. On aurait dit que le bien-être de sa femme ne passait jamais en premier.
Toute la famille passera la soirée avec nous, jusquà tard, a-t-il décrété.
Dès notre arrivée, Élodie sest réfugiée dans sa chambre et a fermé la porte. Elle sest endormie aussitôt. Le lendemain, dès le réveil, elle sest mise à tout nettoyer. Pendant ce temps, François narrivait même pas à décoller la tête de loreiller : il avait une sacrée gueule de bois.
Je me demande bien ce que jaurais fait, si lon mavait accueilli ainsi. François est un brave homme, dhabitude, mais là, il ne sest même pas soucié de demander à Élodie si elle voulait vraiment fêter cette naissance. Un véritable égoïste !





