Mon mari a une maîtresse. Cela ne me pose aucun problème, bien au contraire. Jai même pris le temps de la rencontrer autour dun café crème. Franchement, je nétais pas fâchée, et puis être jalouse à cause dun homme quelle idée saugrenue !
La conversation s’est déroulée à merveille. Elle sest révélée être une femme charmante, pleine desprit et de délicatesse. À la fin de notre échange, on aurait dit quon se connaissait depuis le lycée, du genre à commenter ensemble les profs un peu grognons.
Par la suite, mon mari et sa petite amie ont eu la lubie de se marier. Enfin, « se marier » est un bien grand mot il ne sagissait que dune cérémonie symbolique, façon pièce de boulevard. Cela ne ma absolument pas dérangée. Nous nous sommes toutes les deux lancées à fond dans la préparation des festivités: je lai accompagnée pour lessayage dune jolie robe blanche, pendant quelle me conseillait la couleur de ma robe du soir. À force de glousser devant les vitrines, nous avons eu lidée dorganiser la cérémonie à la maison, en toute simplicité. Je me suis retrouvée demoiselle dhonneur le comble du réalisme! Il ne manquait plus que le maire au grand complet.
Le matin des noces, toute la maison sanimait dans un joyeux bazar à la française : dernières petites touches, toasts au camembert, et essayages de bijoux. Je lai aidée à enfiler sa robe, à ajuster son serre-tête façon Audrey Hepburn. Puis ils se sont échangé leurs vœux et les alliances, une scène qui naurait rien à envier à un film de Claude Sautet. Le baiser final ? On aurait cru la fin dun feuilleton du dimanche soir.
La nuit de noces sest déroulée chez nous. Dès que mon cher et tendre sest endormi, sa nouvelle épouse ma rejointe dans la cuisine. Nous avons papoté jusquà pas dheure autour dune tarte aux pommes maison une conversation aussi chaleureuse quun vin chaud place du Tertre. Bizarrement, il semblait évident quon avait bien plus en commun que je ne laurais cru.
Je ne me suis jamais sentie humiliée par la situation. Au contraire : je peux affirmer sans hésiter que je suis heureuse. À force de complicité, nous passons nos après-midis à faire les boutiques, traîner dans les jardins publics ou piquer une tête à la piscine municipale. Finalement, notre amitié prend une place bien plus cruciale dans ma vie que n’importe quelle histoire avec un homme, même tout droit sorti dun roman de Musso.
Et toi, franchement, tu penses quoi de ce genre damitié ?






