Monique avoue qu’elle n’a jamais voulu d’enfants… et qu’en réalité, elle ne les aime pas. Mariée à 20 ans, mère à 30 ans sans vraiment savoir pourquoi : « C’est ce que tout le monde faisait, ma mère disait qu’il fallait au moins un enfant, sinon la famille est incomplète. » Durant des années, tout le monde a vanté les mérites de la maternité, la pressant d’accomplir sa « mission de femme ». On lui répétait sans cesse que « les enfants sont les fleurs de la vie », on la sommait de franchir le pas sous peine de le regretter plus tard. Finalement, Monique a cédé, sans jamais ressentir l’amour inconditionnel promis : ni pour le bébé joufflu, ni pour l’écolier, ni pour le jeune homme accompli. Malgré de nombreux efforts – lectures, jeux, sorties, soutien scolaire – son instinct maternel n’a jamais vraiment pris racine. Après un divorce, elle élève seule son fils, lui offre une bonne éducation et un avenir professionnel, jusqu’au jour où il prend son envol. « J’ai compris que j’étais enfin libre : mon fils n’a plus besoin de moi, je peux vivre pour moi-même. » Son fils, désormais marié avec enfants, s’étonne du détachement de sa mère, tout comme sa belle-fille qui ne comprend pas ce manque de lien familial. Monique confie : « Peut-être suis-je une mauvaise mère ou une mauvaise grand-mère, mais c’est ainsi. Aujourd’hui, j’ai un chien, un potager, et je ne pense pas à mon fils. Ai-je échoué ou réussi dans mon rôle de mère ? Difficile à dire… »

Monique avoue sans détour quelle na jamais voulu denfants. En vérité, elle na jamais vraiment aimé les enfants, point final. Elle sest mariée à vingt ans, puis, à trente ans, a eu un enfant. Pourquoi? Même elle, elle nen sait trop rien. À lépoque, cest comme ça quon faisait. Sa mère lui répétait: personne ne te demande une ribambelle de marmots, mais au moins un, cest la moindre des choses. Sinon, ça fait incomplet, ça fait suspect. Tout le monde a un enfant, tu devrais en avoir un aussi. Après, tu feras bien ce que tu veux, mais on ne te cherchera plus des histoires.

Dans toutes ces années de mariage, Monique a eu droit à toutes les discussions sur la maternité. On aurait dit que chaque tante, voisine ou cousine voulait la voir accomplir son “devoir féminin”. À force dentendre tout le monde insister, elle en aurait presque eu une overdose.

Combien de fois na-t-elle pas entendu que «les enfants sont les fleurs de la vie»! Personne ne comprenait pourquoi elle patientait encore. On la pressait sans relâche à franchir le pas, comme si elle risquait sa place au paradis familial. Et gare à elle, on lui prédisait quelle regretterait tout ça une fois ses cheveux tout blancs.

Au final, Monique a cédé et a mis au monde un fils. Mais voilà, la fameuse vague damour maternel nest pas venue. Il ny a pas eu de miracle, elle est restée indifférente. Elle naimait pas ce bébé potelé, ni lécolier qui revenait de la rentrée des classes avec son énorme bouquet de fleurs, ni même le brillant jeune homme quil est devenu. Malgré tous ses efforts pour ressentir ce fameux instinct maternel dont parlaient les autres et ses recherches pour comprendre, rien na marché.

Pour séchapper, elle sest plongée dans le travail, acceptant les tâches les plus ingrates, ou sest réfugiée en cuisine à apprendre de nouvelles recettes, histoire de ne pas avoir à jouer avec son fils. Passer du temps avec lui? Non merci, elle préférait repasser les chemises.

Jai une amie, raconte Monique, qui envoyait sa fille chez sa grand-mère tout lété, et qui pleurait presque de manque. Elle disait que la maison était vide sans elle, quelle ne tenait plus sans sa gamine. Moi, jessayais de comprendre ce que ça voulait dire: comment pouvait-on manquer de son enfant? Jaurais juste eu envie, moi, de souffler un grand coup de soulagement! Dommage pour moi, je navais personne à qui envoyer mon fils.

Dans le fond, il faut lui rendre justice, Monique nétait pas une mère irresponsable. Ce nétait pas la faute de son fils si elle avait cédé aux pressions du clan familial. Une fois quil était là, il fallait sen occuper: donc, elle sy est employée. Lecture dhistoires, jeux de société, sorties au parc, manège, zoo, tout le package. Elle connaissait ses copains, essayait de laider dans ses petits problèmes bref, elle a fait tout ce quil fallait pour lui offrir une vie normale.

Quand le garçon a eu douze ans, Monique a divorcé du père. Elle a pris en charge léducation du fils toute seule, vu que le papa, lui, préférait soigner son jardin plutôt que ses visites, même sil envoyait parfois quelques euros pour la forme. Heureusement, son fils était débrouillard, poli, et déjà un peu philosophe dans lâme. Aucun souci, ni à lécole, ni à la maison.

Grâce à sa mère, il a eu de bonnes études, trouvé un poste dans une grosse boîte parisienne, même eu un petit coup de pouce pour rembourser un bout de prêt immobilier.

Là, jai compris que jétais libre! Mon fils est autonome, il na plus besoin de moi. Enfin, je peux penser à moi, faire ce qui me chante! jubile Monique.

Son fils a aujourdhui vingt-huit ans, il est marié et a deux enfants. Sa belle-fille, elle, nen revient pas: comment peut-on vivre si loin de sa mère? Sa belle-mère nappelle jamais, ne pose pas de questions sur les petits-enfants, ne veut même pas venir les voir. Pas de nouvelles, bonnes nouvelles, cest son devise.

Monique raconte, amusée: Cest drôle, elle a tenté de me faire culpabiliser: «Si tu ne fais pas comme je veux, tu ne verras plus tes petits-enfants!» Mais elle na pas compris que ce nétait pas une menace: je nai aucune envie de les voir. Je suis honnête, ça ne mintéresse pas. On se croise aux grandes réunions familiales, point barre. Peut-être que je suis une mauvaise mère et une grand-mère désastreuse, mais cest comme ça.

Jusquici, Monique a trouvé une autre parade: elle affirme que, si son fils ne lappelle pas, cest quil va très bien, et en cas de pépins, il la rappellera. Il faut dire que le jeune homme brûle la chandelle par les deux bouts au travail. De toute manière, sa mère ne guette jamais ses coups de fil.

Chacun sa vie, désormais. Monique a pris un chien, sest lancée dans un potager, elle na plus une minute à perdre à cogiter sur son fils. Difficile, au fond, de décider si elle était une bonne ou une mauvaise mère. Au final, grâce à elle, le fiston a plutôt bien tourné.

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Monique avoue qu’elle n’a jamais voulu d’enfants… et qu’en réalité, elle ne les aime pas. Mariée à 20 ans, mère à 30 ans sans vraiment savoir pourquoi : « C’est ce que tout le monde faisait, ma mère disait qu’il fallait au moins un enfant, sinon la famille est incomplète. » Durant des années, tout le monde a vanté les mérites de la maternité, la pressant d’accomplir sa « mission de femme ». On lui répétait sans cesse que « les enfants sont les fleurs de la vie », on la sommait de franchir le pas sous peine de le regretter plus tard. Finalement, Monique a cédé, sans jamais ressentir l’amour inconditionnel promis : ni pour le bébé joufflu, ni pour l’écolier, ni pour le jeune homme accompli. Malgré de nombreux efforts – lectures, jeux, sorties, soutien scolaire – son instinct maternel n’a jamais vraiment pris racine. Après un divorce, elle élève seule son fils, lui offre une bonne éducation et un avenir professionnel, jusqu’au jour où il prend son envol. « J’ai compris que j’étais enfin libre : mon fils n’a plus besoin de moi, je peux vivre pour moi-même. » Son fils, désormais marié avec enfants, s’étonne du détachement de sa mère, tout comme sa belle-fille qui ne comprend pas ce manque de lien familial. Monique confie : « Peut-être suis-je une mauvaise mère ou une mauvaise grand-mère, mais c’est ainsi. Aujourd’hui, j’ai un chien, un potager, et je ne pense pas à mon fils. Ai-je échoué ou réussi dans mon rôle de mère ? Difficile à dire… »
Pâques sans mon fils