Tu comptes vraiment agrandir la famille indéfiniment ? lança la mère de mon épouse, son ton saturé dironie.
Un enfant chaque année, sérieusement ? Jusquoù vas-tu pousser lexpérience ? ajouta-t-elle, moqueuse.
Bonjour, tout de même ! Un peu de gentillesse ne ferait pas de mal. Pierre ta parlé de la nouvelle, ça ta contrariée ? demanda poliment Camille.
Évidemment ! Après le troisième petit-enfant, je tai suppliée darrêter. Mais tu ignores les conseils sensés ! Pour le Nouvel An, je tai offert une boîte de préservatifs, histoire de te rappeler la prudence, et tu continues ! marmonna-t-elle.
Camille se souvint de ce réveillon où sa belle-mère lui avait tendu une grande boîte de préservatifs. Cétait lanniversaire de son fils aîné, et la belle-mère avait subtilement laissé entendre quil était temps de sarrêter.
On a compris, mais on ne peut pas aller contre la nature répondit calmement la belle-fille.
Vous voulez jouer les malins ? Occupez-vous de vos enfants, je ne vous aiderai plus
Le couple attendait leur quatrième enfant, ce qui exaspérait la belle-mère. Camille ne comprenait pas pourquoi la mère de Pierre semportait autant.
Jamais la belle-mère navait pris soin des petits-enfants ni soutenu le jeune couple financièrement. Elle ne venait voir les enfants quune fois par mois, apportant des cadeaux uniquement à Noël. Camille nappréciait pas cette attitude, mais gardait le silence. La belle-mère nétait pas dans le besoin, elle aurait pu offrir des friandises, mais nen avait pas envie. Camille gardait ses frustrations pour elle, sans rien dire à son mari. Ses enfants étaient bien nourris et habillés, cétait lessentiel.
Pierre gagnait bien sa vie, et Camille travaillait depuis chez elle. Quand son activité commença à rapporter un revenu correct, elle embaucha une nourrice pour que les enfants ne la distraient pas. La nourrice jouait avec eux et les emmenait au parc pendant que Camille travaillait.
La famille vivait dans une belle harmonie, mais lattitude agressive de la belle-mère gâchait tout. Depuis le début, elle naimait pas sa belle-fille, et la succession des naissances lirritait.
La première fois, la belle-mère refusa daccepter la troisième petite-fille et insista pour une interruption de grossesse. Avec le temps, elle sattacha à la fillette. Les tensions sapaisèrent, puis Camille découvrit sa quatrième grossesse. Ce nétait pas prévu si tôt, mais le destin en avait décidé ainsi. Dieu leur avait confié cet enfant, ils allaient lélever.
Camille soupçonnait que la belle-mère craignait que son fils cesse de laider. Pierre donnait régulièrement de largent à sa mère. Avec un quatrième enfant, les dépenses augmenteraient.
Camille nétait pas opposée à ce que son mari soutienne sa mère, tant que cela ne nuisait pas aux enfants. Les finances étaient encore suffisantes, alors elle encourageait Pierre à aider sa mère. Ils lui avaient payé des soins dentaires, lavaient emmenée sur la Côte dAzur, et financé des réparations dans son appartement.
Si Camille avait raison et que la belle-mère sinquiétait pour son avenir financier, la situation ne ferait quempirer.
Bien sûr, rien de tout cela ne ferait changer davis le couple : ils avaient choisi daccueillir ce quatrième enfant. Une seule question demeurait : la belle-mère avait-elle le droit de décider du nombre denfants quils devraient avoir ?
La vie enseigne que chacun doit suivre son propre chemin, et que le bonheur dune famille ne dépend pas des jugements extérieurs.







