Un hasard qui n’en était pas un : Après la perte de son père, la mère de Marc, Irina, sombre dans la tristesse. Marc, fils dévoué, tente de lui redonner le sourire, notamment grâce à leur passion commune pour le poker. Un soir, Irina invite chez eux Rita, une femme pétillante, qui devient rapidement une amie et partenaire de jeu. Marc, jeune entrepreneur parisien, embauche Rita sur les conseils de sa mère, et la société prospère. Mais l’arrivée de Vera, une jeune voisine studieuse et discrète, venue faire son stage dans l’entreprise, bouleverse Marc. Malgré les manœuvres de Rita, Marc se rapproche de Vera, découvre sa situation familiale difficile, et lui propose un poste stable. Après bien des péripéties, Marc et Vera se marient, trouvant enfin le bonheur, tandis que Rita quitte l’entreprise.

Rien narrive par hasard

Après le décès de son père, la mère de Marc, Édith, sombrait dans la mélancolie. Elle nétait pas âgée, et son travail dans une agence de Lyon lui permettait de garder le contact avec le monde. Marc, le soir, tentait de distraire sa mère avec des histoires étranges et des jeux.

Mon fils, la vie sans ton père est si terne. Tu te souviens, on jouait toujours au tarot, cétait ma passion. Certaines femmes bavardent, critiquent, mais moi, je préfère les cartes. Viens jouer avec moi.

Maman, tu sais bien que je nai jamais aimé ça.

Un soir, en rentrant, Marc découvrit une invitée inattendue : une femme à lâge indéfini, rondelette, au visage poudré, débordante dénergie. Elle riait fort avec Édith autour dune partie de tarot.

Tiens, maman sest trouvée une partenaire, pensa Marc, soulagé.

Bonsoir, lança-t-il.

Bonsoir, répondit la femme. Je mappelle Marguerite, mais tout le monde mappelle Margot. Vous êtes bien le fils dÉdith ? dit-elle en lui serrant la main.

Ainsi débuta leur étrange amitié. Marc possédait un grand appartement près de la place Bellecour, mais sa mère refusait de vivre seule depuis la disparition de son mari. Il restait donc avec elle, fils dévoué. Margot devint une habituée, bien plus jeune quÉdith, mais leur passion commune pour les cartes les liait.

Marc gérait une petite entreprise, fondée grâce à son père deux ans plus tôt. Il avait vingt-huit ans, diplômé de luniversité, mais le travail accaparait tout son temps, et il nétait pas encore marié.

Un soir, alors quil sacharnait sur ses comptes, Margot entra dans son bureau :

Édith ma dit que tu avais des soucis avec les chiffres. Laisse-moi jeter un œil.

En quelques instants, elle repéra une erreur. Marc grimaça, étonné de ne pas lavoir vue lui-même.

Merci, Margot, marmonna-t-il sans lever les yeux. Elle resta un moment, puis disparut.

Le lendemain, à table, Édith lança :

Marc, tu es trop sauvage. Margot ta aidé, tu devrais la remercier. Invite-la au cinéma, ou

Marc la regarda, surpris.

Maman, je lui ai dit merci. Le cinéma ? Cest ta copine, pas la mienne Tu veux me la présenter ?

Margot nest pas mannequin, mais elle est brillante, connaît la comptabilité sur le bout des doigts, cuisine à merveille. Et surtout, elle tapprécie, elle me la confié. Elle ferait une épouse idéale.

Maman ? Tu plaisantes ? Ou cest juste pour les cartes ?

Édith rougit.

Marc, embauche-la, elle est compétente, elle a des soucis de boulot

Marc suivit le conseil et engagea Margot, la nommant même adjointe. Rapidement, largent afflua dans lentreprise.

Marc, quand vas-tu te marier ? insistait sa mère.

Il aurait pu se marier depuis longtemps, mais aucune des femmes quil avait invitées dans son appartement ne lui avait donné envie de sengager. Margot, elle, ne perdait pas espoir, sétait affinée, shabillait avec élégance, mais restait pour lui lamie de sa mère.

Un matin, en descendant lescalier, Marc renversa un seau deau et faillit heurter une jeune fille en blouse de travail. Elle semblait tout juste sortie du lycée. Il sexcusa et sen alla, mais pensa à elle tout le trajet jusquau bureau. Sa mère avait parlé delle, il voulait en savoir plus.

Le soir, Édith expliqua :

Ah, cest Claire, du bâtiment dà côté. Elles vivent à trois dans un petit appartement : elle, sa mère et sa grand-mère, qui ne quitte plus son lit. Claire travaille pour aider, elles manquent dargent.

La mère de Claire, jolie femme, avait eu peu de chance avec les hommes. Elle avait eu Claire très jeune, et le père sétait volatilisé dès quil avait appris la grossesse.

Parfois, un homme passait chez elles, un resta même un mois. Claire, alors âgée de huit ans, lui demanda :

Monsieur Paul, puis-je vous appeler papa ?

Pourquoi ? Jai mes propres enfants, tu nes rien pour moi. Juste un supplément à ta mère et ta grand-mère

Claire fut blessée, mais nen parla pas à sa mère. Paul disparut trois jours plus tard, et la fillette fut soulagée. Sa grand-mère comprenait que sa présence compliquait la vie sentimentale de sa fille.

Si javais une chambre à moi soupirait la grand-mère. Qui voudrait vivre avec une vieille femme clouée au lit ?

Maman, je nai pas la force de chercher un homme. Je travaille en équipe, je dois cuisiner, te laver, te masser. Heureusement que Claire aide, mais elle manque de temps.

La grand-mère voyait que Claire ne sortait pas, nallait ni au cinéma ni avec des garçons. Elle étudiait à luniversité, choisie pour sa proximité, faute de mieux.

Claire fit son stage dans une petite société, à quelques arrêts de bus. Quelle surprise en entrant dans le bureau du directeur : Marc Dubois, du quartier ! Il avait failli la renverser en nettoyant limmeuble. Elle espérait quil ne la reconnaîtrait pas.

Mais il la reconnut, haussant un sourcil.

Claire, ma voisine ? Elle rougit et acquiesça.

Claire travaillait bien, Marc le remarqua. Margot, elle, observait Claire avec méfiance. Elle naimait pas lidée dembaucher des stagiaires, surtout des jeunes filles.

Mais elle comprit vite que Claire nétait pas une menace : discrète, peu maquillée, mais avec des yeux fascinants. Marc invita Claire dans son bureau, ce que Margot remarqua aussitôt.

Marguerite, rédigez un contrat temporaire pour cette jeune fille.

Vous allez la payer ? Elle est étudiante.

Oui, elle est prometteuse. Je lai observée, elle apprend vite. Si elle obtient son diplôme, on pourrait lembaucher. Si elle le souhaite, bien sûr, répondit Marc. Margot napprécia pas, mais ne protesta pas.

Marc avait reconnu Claire, la jeune femme qui nettoyait les couloirs. Il interrogea discrètement sa mère sur la famille de Claire et apprit quelles avaient récemment enterré la grand-mère, en sendettant pour les funérailles. Il décida de laider en lembauchant temporairement. Il avait dabord voulu lui donner de largent, mais elle refusa, effrayée, et il dut se contenter de lintégrer à léquipe.

Margot et Édith jouaient au tarot, Margot se plaignait :

Marc séloigne de moi, il sintéresse à cette étudiante discrète.

Quelle fille ?

Claire, du quartier, je la connais, elle faisait le ménage. Ne tinquiète pas, Margot, je surveillerai. Je doute que Marc la choisisse. Elle nest pas belle, trop réservée Fais attention quil ne lembauche pas plus tard.

Mais aucune delles ne savait que Marc pensait à Claire bien au-delà du travail. Il ne pouvait sempêcher de la voir, sans savoir comment laborder. Il était directeur, il pouvait bien discuter avec une employée et pas seulement de travail.

Il la convoqua, parla boulot, puis la conversation glissa vers des sujets ordinaires. Marc sentit que leur rencontre dans lescalier nétait pas fortuite, mais un signe étrange.

Claire est très cultivée, pensa-t-il après son départ, sérieuse et sage, passionnée de philosophie, et surtout indifférente aux cartes ce qui le ravissait.

Elle acquiesça, ravie.

Le stage de Claire prit fin, elle devait préparer son mémoire.

Je vous attends après la soutenance, Claire, votre poste est réservé, dit Marc. Elle hocha la tête, heureuse.

Mais Claire ne revint pas. Marc regretta de ne pas avoir pris son numéro. Il demanda la fiche à Margot, qui, par précaution, avait effacé le numéro, comme si elle lavait pressenti. Elle sen félicita.

Mais Margot navait pas prévu que Marc irait lui-même chez Claire, trouvant ladresse sur la fiche.

Marc, nerveux comme un adolescent, sonna chez Claire. Un homme ouvrit, mais Claire apparut aussitôt.

Nicolas, cest pour moi. Cest le compagnon de ma mère, dit-elle avec dédain. Marc Dubois, que faites-vous ici ? Je suis contente de vous voir, je viens de louer une chambre en colocation, je pars bientôt. Je ne veux plus rester ici

Pourquoi nêtes-vous pas venue après vos études ? On sétait pourtant mis daccord.

Claire baissa les yeux.

Je suis passée au bureau, mais Marguerite ma dit quil ny avait pas de poste.

Marc comprit.

Claire, pas de colocation, il y a un appartement de fonction, vous y vivrez, et demain au bureau. Il y a une place pour vous. Même deux, plaisanta-t-il. Préparez vos affaires, donnez-moi votre numéro, voici ma carte, appelez-moi quand vous êtes prête, on vous aidera à déménager.

Trois mois plus tard, Marc épousa Claire. Il dut licencier Margot après une discussion houleuse avec elle et sa mère, mais lui offrit un cadeau en guise dexcuse.

La mère de Claire vivait avec Nicolas, que sa fille nappréciait guère, et elle venait rarement leur rendre visite. Marc et Claire étaient heureux, et attendaient déjà un enfant.

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Un hasard qui n’en était pas un : Après la perte de son père, la mère de Marc, Irina, sombre dans la tristesse. Marc, fils dévoué, tente de lui redonner le sourire, notamment grâce à leur passion commune pour le poker. Un soir, Irina invite chez eux Rita, une femme pétillante, qui devient rapidement une amie et partenaire de jeu. Marc, jeune entrepreneur parisien, embauche Rita sur les conseils de sa mère, et la société prospère. Mais l’arrivée de Vera, une jeune voisine studieuse et discrète, venue faire son stage dans l’entreprise, bouleverse Marc. Malgré les manœuvres de Rita, Marc se rapproche de Vera, découvre sa situation familiale difficile, et lui propose un poste stable. Après bien des péripéties, Marc et Vera se marient, trouvant enfin le bonheur, tandis que Rita quitte l’entreprise.
Ne pleure pas, ma chère