Il y a 25 ans, mon mari est parti travailler à l’étranger… Le stress et l’angoisse m’ont conduite au cancer

Il y a vingt-cinq ans, mon mari est parti à létranger Le stress et langoisse mont brisée jusquà la maladie.
Bonjour. Jai longtemps hésité avant décrire mon histoire. Peut-être que quelquun la lira et se reconnaîtra Peut-être quune autre parviendra à éviter mes propres erreurs.
Je préfère rester anonyme. Mais aujourdhui, jai besoin de conseils. Dun point de vue extérieur.
Je me suis mariée par amour
Jétais jeune lorsque jai rencontré Paul. Javais dix-huit ans, lui vingt-deux. Entre nous, lamour sest imposé, immense, sincère, plein de confiance. Je croyais vraiment que rien ne pourrait nous séparer, que tant que nous étions ensemble, nous affronterions tous les obstacles.
Un an après notre mariage, notre fils Mathieu est né. Jétais heureuse mais cette sérénité na pas duré. Très vite, la vie est devenue plus rude. Largent venait à manquer, mon salaire était ridicule, celui de Paul disparaissait dans les charges du foyer. On vivait modestement, comme beaucoup de familles françaises, mais lui estimait que cétait loin dêtre suffisant.
Je vais partir à létranger. Là-bas, je pourrai gagner bien plus. On pourra enfin vivre dignement, ma-t-il déclaré un jour.
Jai supplié Paul de rester. Je répétais quon y arriverait, comme tant dautres couples unis face à ladversité. Mais il na rien voulu entendre.
Je suis restée seule avec notre fils.
Les années sont passées.
Jespérais son retour mais il nen parlait plus. Il se répétait quil fallait « encore un peu de temps », quon serait bientôt confortables, que tout irait bien.
Je le suppliais de rentrer, je lui disais quil y avait du travail ici aussi, que je pouvais contribuer. Mes parents aidaient à garder Mathieu. On aurait pu vivre simplement, comme tout le monde. Mais non ; il sobstinait à rester loin.
Avec un enfant à la maison, jaurais voulu agrandir la famille, rêvais dune maisonnée animée, mais Paul refusait.
Pas dargent, pas question ! Nourrir un seul, cest déjà beaucoup.
Et même pour ce seul enfant, il nétait pas là. Il rentrait parfois une semaine ou deux et repartait, froidement.
Cest seule que jai élevé notre fils, que je participais aux réunions de parents délèves, que je passais la nuit à son chevet quand il était malade. Jamais je ne parlais à Paul de ces soucis, je ne voulais pas linquiéter Mais lui, de toute façon, ne posait jamais de questions.
Il nest jamais vraiment revenu.
Sil avait envoyé des fortunes, si au moins nous avions vécu dans le luxe, jaurais pu me dire « ça valait le coup. » Mais non. On avait tout juste de quoi vivre.
Et il y a eu les dettes pour le toit, la voiture, la nouvelle machine à laver Rien dexceptionnel, la banalité.
Jai souvent essayé de lui faire comprendre que largent ne comptait pas autant que la présence, que jétais épuisée Mais Paul ne mécoutait pas.
Il vivait là-bas. Nous restions ici.
Les années défilaient.
Vingt-cinq ans ont passé.
Il est finalement revenu.
Mais au lieu de la stabilité tant promise, il na apporté que des dettes.
Jai vendu la maison de ma grand-mère pour régler une partie. Il ma remerciée, ma dit quil maimait, que cette fois, cétait fini : nous allions enfin être ensemble.
Mais à quel prix ?
Trop tard
On aurait dit que le port tant rêvé était atteint : un mari à la maison, désormais calme, sobre, sans aventures. Je devrais être heureuse et pourtant, lair me manquait.
Pour préserver cette supposée paix, jai dû meffacer.
Jai arrêté de voir mes amies il ne les aimait pas, il disait que lui-même nen avait pas, donc pourquoi moi ? Il na rien interdit, mais son regard suffisait à me décourager.
Jai cessé de prendre soin de moi, de porter des vêtements colorés, de mettre du rouge à lèvres ou des talons. Il répétait que ce nétait pas approprié pour une femme de mon âge.
Je ne riais plus. Je ne racontais plus dhistoires drôles, je ne rêvais même plus.
Ma vie sest restreinte : travailler, ménager, cuisiner, dormir.
On partait parfois en vacances, une ou deux fois lan. Toujours à deux, jamais avec damis, jamais en groupe. Il naimait rien ni personne.
Et jai tout accepté. Tout.
Mais le corps a lâché
À la longue, cette routine, la tension, la solitude ont fini par mabattre.
Je suis tombée malade.
On ma diagnostiqué un cancer.
Tout sest effondré en une seconde.
Je ne sais plus combien de temps il me reste.
Mais je sais une chose : si je pouvais revenir en arrière, je ne referais rien pareil.
Je naurais jamais accepté dêtre une ombre.
Je naurais jamais laissé un homme diriger ma vie à ma place.
Je naurais jamais sacrifié mon existence à une image idéalisée de la famille.
Cest trop tard.
Mon fils est grand, il a sa vie. Mes parents sont âgés, je prends soin deux du mieux que je peux.
Quant à Paul il dit quil maime. Quil sera là à mes côtés.
Mais cela ne réchauffe plus mon cœur.
Jai vécu une vie qui nétait pas la mienne.
Jai été épouse fidèle, patiente, douce. Jai attendu, jai aimé.
Et lui Il a simplement vécu pour lui-même.
Si je pouvais retourner dans le passé
Jaurais choisi moi.
Je nai quun seul conseil : ne vivez pas ma vie.
Ne vous placez jamais en dernier.
Nabandonnez pas qui vous êtes pour une relation qui ne vous rend pas heureuse.
La vie est trop courte pour attendre.

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Il y a 25 ans, mon mari est parti travailler à l’étranger… Le stress et l’angoisse m’ont conduite au cancer
Ma belle-fille était furieuse lorsque je lui ai annoncé que notre tradition ici est de nommer un enfant d’après son grand-père.