Olyane est venue rendre visite à ses beaux-parents. Elle monta au cinquième étage et sonna à la porte. Personne ne répondit.

Je me souviens du jour où Élodie, ma bellesœur, est venue rendre visite à ma mèreenbellemère. Elle a monté au cinquième étage dun immeuble du 12ᵉ arrondissement de Paris et a appuyé sur le bouton de la sonnette. La porte est restée fermée.

«Quel drame!», sest plainte ma bellemaman, MmeMarguerite Simon, à peine capable de tenir sur ses jambes.

«Que se passetil, MadameSimon?», lui aije demandé, le cœur serré. Je navais jamais vu ma bellemaman, habituellement ferme comme un roc, dans cet état.

«Ce vilain Louis a expulsé ma petite fille et ses enfants de la maison!», atelle répliqué dune voix presque inaudible. Elle a fini son verre deau dun trait.

«Il a trouvé une maîtresse! Il prétend vouloir divorcer, mais il veut désormais vivre avec sa bonne et sa jolie compagne!»

«Il navait pas le droit de les mettre à la porte, ils sont tous inscrits sur le bail!»

«Lappartement vient de ses parents, cest donc sa propriété!»

«Comment?», sest étonnée Élodie.

«Voilà le tableau : dans une pièce, Léa avec ses filles ; dans lautre, Louis avec sa maîtresse.»

«Quel salaud, il na même pas eu la décence de penser à ses enfants!», a répliqué Élodie, outrée.

«Je ne sais plus quoi faire», a soupiré ma bellemaman. «Jai appelé ma fille, elle arrivera demain.»

«Ne vous inquiétez pas, MadameSimon, je loue lappartement que ma grandmère ma légué. Javiserai les locataires que je ne peux plus louer davantage.»

«Mais vous avez un prêt hypothécaire, nestce pas? Vous remboursez le crédit avec les loyers!»

«On sen sortira, quelques mois suffiront. Léa trouvera un travail, peutêtre un poste avec logement de fonction, ou un emploi bien payé qui lui permettra de se loger à petit prix. Vous tiendrez le coup une semaine, le temps que mes locataires partent.»

«Quelle chance jai davoir une bellefille comme vous!», sest exclamée Marguerite en serrant Élodie dans ses bras. «Merci, ma petite!»

Quelques jours plus tard, Léa est arrivée chez ses parents. En une semaine, les locataires ont quitté les lieux et Élodie a pu installer ses enfants dans le même appartement.

«Mon Dieu, quelle magnifique habitation!», sest écriée Léa en admirant le troispièces. «Les travaux sont tout neufs. Quand les avezvous faits?»

«Il y a six mois. On a pris le prêt, on a décidé de louer à prix élevé pour que le loyer couvre la mensualité bancaire. On a donc refait la rénovation et changé le mobilier et les appareils.»

«Ne vous inquiétez pas,», a ajouté Léa en sapprochant. «Je chercherai un emploi avec logement. Que ce soit comme femme de ménage ou concierge, limportant cest davoir un toit.»

«Léa,», a rétorqué Louis, son frère, «nous ne pourrons pas théberger indéfiniment. Nous payons déjà un crédit auto avec nos salaires. Mais ne te décourage pas, trouve une entreprise sérieuse et reste ici le temps quil te faut.»

«Je ne resterai pas plus de deuxtrois mois,», a assuré Léa. «Je minstallerai rapidement ailleurs.»

Élodie a remis les clés à Léa et elles se sont dit au revoir.

Trois mois ont passé. Élodie préparait le dîner, attendant le retour dÉdouard, son mari, du travail. Son téléphone a sonné : un SMS de la banque lui rappelait le virement hypothécaire du lendemain.

Elle a pris lenveloppe, a transféré les fonds, mais il manquait encore cinq000. Au même moment, on a entendu la porte souvrir. Elle a accueilli Édouard dun baiser.

«Bonsoir, mon amour, pourquoi estu tard?», a demandé Élodie.

«Je suis passé voir Léa,» a répondu Édouard sans un mot de plus, puis sest assis.

«Comment vaelle?»

«Ils sont super!»

«Léa a trouvé un bon boulot?»

«Elle ne cherchait même pas. Elle ma dit quelle navait jamais vécu dans un appartement aussi beau et fonctionnel. Elle a décidé dy rester, au moins pour linstant.»

«Questce que ça veut dire, «rester»?»

«Elle a prévu dy vivre six mois à un an, parce que le cadre laide à se remettre dun divorce.»

Élodie a froncé les sourcils.

«Et maintenant?Que faisonsnous?»

«Je ne sais pas.»

«Demain jirai voir Léa, je lui demanderai de payer les charges ellemême. On a déjà tout supporté pendant trois mois. Cest assez!»

Le soir même, Élodie sest rendue chez Léa. En sortant de lascenseur, elle a entendu de la musique et des rires. En approchant de lappartement, elle a constaté que la fête battait son plein. Deux couples dansaient dans le salon où était dressée une table, et Léa et son jeune compagnon transportaient des plateaux chauds depuis la cuisine.

«Avec quel argent vous fêtezvous?», a demandé doucement Élodie, tirant Léa à part.

«Avec laide sociale. Et après tout ce que jai vécu, jai le droit de me détendre!»

«Qui sont ces gens?»

«Je fréquente Dorian depuis deux mois. Quand nous aurons un logement, nous vivrons ensemble. En attendant il vient parfois, aujourdhui avec des amis.»

«Léa, il ne te reste quun mois avant quon reprenne lappartement. Tu ne respectes pas notre générosité!Tu dépenses laide aux enfants en fêtes. Tu ne crains pas quon te retire les enfants?»

Les yeux de Léa se sont durcis.

«Et toi, tu as vécu ce que je vis?Sans tes conseils, je me débrouillerai seule!»

Élodie, surprise, a regagné son chemin. En dînant, elle a raconté tout cela à son mari, y compris le comportement effronté de la sœur dÉdouard.

«Je pensais quelle était trop brisée par le divorce pour repartir?Cherchons des offres demploi et accompagnonsla aux entretiens,» a proposé Édouard.

Le lendemain, ils ont imprimé une pile dannonces et les ont remises à Léa. Le soir même, Élodie est allée rendre visite à Marguerite Simon. Elle a monté au cinquième étage, a appuyé sur la sonnette, mais la porte est restée close. Elle a compris que la bellemaman nétait pas à la maison, mais le mari pouvait ouvrir. Elle a attendu, entendant des voix en bas. Lentement, Marguerite et Léa sont descendues les escaliers.

«Maman, elle est inflexible!», a protesté Léa. «Je lui dis que jai besoin de repos, daide»

«Et elle?», a répondu Marguerite avec compassion.

«Elle veut quon parte en un mois, ils ont deux prêts, il faut de largent. Mais qui veut le garder?»

«Ma bellefille est riche mais avare, et Édouard est pareil.»

«Je ne veux pas être logée pendant un an ou deux!Si on pouvait rester jusquà la fin du lycée des enfants»

«Quen estil du travail?»

«Je veux un emploi propre pour pouvoir rester au chaud cet hiver»

«Je tai toujours dit détudier, ma fille», a rétorqué la mère.

«Je vais chercher un poste, mais pas comme femme de ménage ou concierge!»

À ce moment, elles ont aperçu Élodie, qui feignait regarder son téléphone et nécoutait pas.

Toutes sont entrées dans lappartement de Marguerite et ont traversé la cuisine. Élodie a demandé :

«Léa, Dorian a-til son propre logement?»

«Non, il vit en résidence universitaire. Il vient de perdre son emploi et doit libérer la chambre dans un mois.»

Cette nouvelle a glacé Élodie.

«Où iratil ensuite? Pas dans notre appartement jespère?»

«Nous nen avons pas encore parlé.»

«Nous avons refait la rénovation pour que lappartement ne devienne pas une cour intérieure. Organise ta vie, Léa, sur ton propre terrain.»

Léa a haussé les épaules, insatisfaite, tandis quÉlodie poursuivait :

«Nous avons trouvé plein doffres, Édouard ta donné les impressions aujourdhui. Si rien ne te convient, reviens dans une semaine.»

Marguerite, sombre, a demandé :

«Comment allonsnous tous tenir?»

«Vous naurez pas à vous serrer si Léa trouve du travail et résout son logement. Elle na même pas encore demandé la pension alimentaire! Elle ne pense quà profiter de laide aux enfants. Édouard et moi nen voulons pas.»

Élodie a gardé son calme. Léa la regardée avec amertume :

«Quel langage épais!»

Élodie a quitté la pièce, froide, et Marguerite a assis sa filleenbelle, les yeux dans les siens, et a dit :

«Parlemoi de Dorian, de comment tu dépenses laide aux enfants. Que le diable ne te permette pas de mentir!»

Léa a dû tout avouer à sa mère, puis sest prise la tête :

«Alors Élodie et Édouard sont mauvais, et toi tu es parfaite?En un mois, trouve un travail, sinon je reprends les enfants. Tu me connais, je ne lance pas de mots en lair.»

Réaliser que la fête était terminée, Léa est rentrée morose chez elle. En ouvrant la porte, elle a vu la pile dannonces. Elle a pensé à Élodie et a envoyé un message :

«Je ne toublierai jamais!»

Cest ainsi que cette histoire, réellement vécue, sest terminée. On dit souvent : «On ne fait pas du bien sans quon ne récolte pas du mal.»

Rate article
Add a comment

;-) :| :x :twisted: :smile: :shock: :sad: :roll: :razz: :oops: :o :mrgreen: :lol: :idea: :grin: :evil: :cry: :cool: :arrow: :???: :?: :!:

eight − seven =

Olyane est venue rendre visite à ses beaux-parents. Elle monta au cinquième étage et sonna à la porte. Personne ne répondit.
😱🐕 Chaque jour, le chien fixait inlassablement la même grille de gouttière. On aurait dit qu’il veillait sur quelque chose…