Éprise d’un homme plus jeune, mais lui n’avait d’yeux que pour une autre passion

Je viens davoir soixante ans et je sens une solitude insupportable. Mon mari et moi sommes séparés depuis longtemps, et mon unique fils vit à Québec.

«Tu ne dois pas rester seule!», me répète sans cesse ma bonne amie Sophie.

«Mais où chercher ce «prince»?», soupireje. «Toutes mes amies de mon âge sont épuisées, leurs yeux ont perdu léclat. Elles nont plus besoin dun mari, mais dune aideménagère!»

«Essaie de faire connaissance avec un homme plus jeune. Tu es magnifique!», ajouteelle.

Ses paroles me restent en tête. Cest ainsi que Jean entre dans ma vie. Il a quarantecinq ans, il est divorcé, et sa fille adulte vit déjà seule. Nous commençons à parler, à nous voir, puis il décide demménager chez moi.

Je suis heureuse.

Mais je réalise bientôt que ses motivations sont très différentes

Mon premier mari était un véritable fardeau. Il ne travaillait pas, vivait aux frais de ma pension, dépensait son argent en alcool et déplaçait sans cesse nos affaires. Je supportais, pensant que cétait la seule façon dy faire face.

Un jour, quelque chose change en moi. Je rassemble ses effets, les dépose devant la porte et les referme pour toujours. Un soulagement immense menvahit.

Après ce divorce, jai des admirateurs, mais je ne laisse personne sapprocher de trop près. Les dernières années se révèlent particulièrement dures. Mon fils est parti travailler au Canada et a décidé dy rester définitivement. Je suis heureuse pour lui, mais je sais quil est trop tard pour le suivre. Changer de pays, de coutumes, de vie ce nest pas pour moi.

«Tu ne peux pas rester seule! Trouve quelquun», insiste encore Sophie.

«Où? Tous les hommes de mon âge semblent abattus, ils ne cherchent plus lamour, ils veulent simplement une compagne de vie.»

«Alors regarde les plus jeunes!», me conseilletelle. Au départ, son conseil me fait rire, mais la suite du destin sécrit rapidement.

Chaque jour, dans le square près de mon immeuble à Paris, je remarque un homme qui promène son chien Médor. Grand, athlétique, avec une légère chevelure grise aux tempes. Dabord, nos regards se croisent, puis de brefs bonjours séchangent, et peu à peu je ne remarque même pas que Jean devient une partie de mon quotidien. Il mapporte des fleurs, minvite à des balades, raconte des anecdotes fascinantes. Je me sens renaître.

Les voisins sétonnent, certains envient, dautres jugent. Cela ne me dérange pas. Quand Jean emménage, je suis même ravie. Je prépare de nouveau de bons dîners, je lave ses vêtements, je prends soin de lui tout est parfait, jusquau jour où il me dit:

«Tu pourrais promener mon chien, ça te ferait plus dexercice.»

«Allons ensemble,» proposeje.

«Il vaudrait mieux ne pas apparaître trop souvent en public ensemble»

Je ressens comme un choc froid. Il a honte de moi? Ou atil simplement trouvé une bonne hôtesse qui le nourrit et le soigne?

Le soir, je décide daborder le sujet franchement.

«Jean, les tâches ménagères doivent être partagées. Tu peux laver tes propres habits.»

Il me regarde, surpris, puis esquisse un sourire satisfait:

«Tu voulais un jeune homme, alors tu dois le servir. Sinon, pourquoi rester avec moi?»

Je reste muette trois secondes.

«Tu as trente minutes pour rassembler tes affaires et partir.»

«Tu plaisantes? Je ne peux pas! Ma fille a déjà amené son petit ami dans mon appartement.»

«Alors vivez ensemble!», répondje en refermant la porte.

Je ne ressens ni douleur ni regret, seulement une légère tristesse.

Je reste seule. Encore. Et je me demande: estil encore possible, à mon âge, de rencontrer un amour sincère et vrai? Ou nestce quune illusion nourrie par les films et les romans? Je nai pas encore de réponse. Mais une chose est sûre: je ne suis pas faite pour quelquun dautre, je suis faite pour moi.

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Éprise d’un homme plus jeune, mais lui n’avait d’yeux que pour une autre passion
Ne ramène surtout pas maman chez nous, a supplié ma femme.