Si tu insistes, mon fils te mettra à la porte, lança la bellemaman, sans se rendre compte à qui appartenait réellement lappartement.
«Élodie, prépare une tarte au chou pour demain soir,» ordonna Madame Dubois en entrant dans la cuisine et en sinstallant à la table. «Ça fait une éternité que je nai pas goûté une vraie pâtisserie; toi, tu ne fais que des plats bizarres.»
Élodie tourna le dos à la cuisinière où elle faisait frire des escalopes. Sa bellemaman, toujours dun air mécontent, ajusta son pull bordeaux usuel.
«Je suis allergique au chou, Madame Dubois,» répondit Élodie dune voix calme en retournant une escalope. «Je ne le ferai pas.»
«Questce que tu veux dire par «je ne le ferai pas»?» rétorqua la vieille dame, la voix se durcissant. «Je tai demandé, et tu me refuses? Qui te donne le droit de me parler ainsi? Chez nous, les bellesfilles respectent leurs aînés!»
«Ce nest pas une question de respect,» répliqua Élodie en déplaçant la poêle sur un autre brûleur. «Si je cuisine du chou, je déclencherai une crise allergique. Faisla toi-même si tu y tiens tant.»
«Faire?» sexclama Madame Dubois, se levant brusquement. «Je ne suis pas ta servante! Tu es la maîtresse de la maison, alors cuisine ce que je dis! Ton allergie nest quune excuse; tu es simplement paresseuse.»
«Madame Dubois, la paresse dans tout ça?» demanda Élodie, se tournant vers elle. «Je cuisine chaque jour, je nettoie, je fais la lessive, mais je ne préparerai pas de tarte au chou parce que mon corps ne le supporte pas.»
«Incapable ou refus?» se rapprocha la bellemaman, les yeux plissés. «Tu crois quavec le mariage de mon fils, tu peux me donner des ordres? Nous verrons bien qui dirige ici.»
Un cliquetis de clés retentit dans le couloir : Michel était rentré. Lexpression de Madame Dubois passa immédiatement à langoisse.
«Michel, mon fils,» se précipitat-elle vers lui. «Quel soulagement que tu sois là. Ta femme a eu du culot! Je lui ai demandé une tarte et elle me répond avec insolence!»
Michel ôta sa veste et lança à sa femme un regard épuisé ; elle restait près du feu, le visage crispé.
«Élodie, questce qui se passe?» demandail en suspendant sa veste au portemanteau. «Pourquoi refusestu ta mère?»
«Je suis allergique au chou, Michel,» chuchota Élodie. «Je lai déjà expliqué à Madame Dubois.»
«Allergie?Quelle allergie?» haussa Michel la main. «Maman, ne tinquiète pas. Élodie fera la tarte demain. Daccord, ma chérie?»
Élodie croisa le regard de son mari, puis celui de sa bellemaman qui souriait triomphalement. Son cœur se serra dune douleur sourde.
«Non, je ne la ferai pas,» affirma-telle, retira son tablier et se dirigea vers la porte. «Vous mangerez vousmêmes.»
Elle se rendit à la chambre, claqua la porte derrière elle. De lautre côté, on entendait les voix de Michel et de sa mère, calmes, discutant de la vie quotidienne comme si rien ne sétait passé. Élodie seffondra sur le coussin, les larmes roulant sur ses joues.
Le matin suivant, Élodie se leva plus tôt que dhabitude. Madame Dubois dormait encore, la maison était dun silence inhabituel. Michel sirotait un café à la table de la cuisine, les yeux rivés sur son téléphone.
«Michel, il faut quon parle,» dit Élodie en sasseyant en face de lui, les mains jointes. «Cest sérieux.»
Il leva les yeux, perplexe.
«De quoi?»
«De ta mère,» pritelle une respiration. «Je nen peux plus de ses reproches constants. Elle critique tout: ma cuisine, mon ménage, mes tenues. Jen ai marre dobéir à ses caprices dans notre propre foyer.»
«Élodie, que veuxtu dire?» Michel posa son téléphone. «Maman se comporte bien, elle a juste ses habitudes.»
«Habitudes?» La voix dÉlodie se fit plus ferme. «Cest du harcèlement! Ne devrionsnous pas lui trouver un petit appartement? Un logement séparé? Nous sommes encore jeunes, nous avons besoin despace.»
Michel frappa son verre contre la soucoupe.
«Tu suggères de mettre ma mère à la porte?» Sa voix devint métallique. «Elle a demandé à vivre avec nous, et tu veux la chasser?»
«Je ne dis pas ça,» tenta Élodie de le toucher, mais il se retira. «Juste un logement à part. Nous pourrions laider avec le loyer»
«Écoute, jaime pas ça,» se leva Michel, se préparant pour le travail. «Maman ne dérange personne, au contraire, elle rend la vie plus douce: cuisine, aide»
«Quand cuisinetelle?» ré







