Ma voisine Ludivine est une véritable sorcière. Même ses propres enfants l’ont reniée !

Ma voisine Lucille est une véritable sorcière. Même ses propres enfants l’ont reniée !

Bonjour, chers lecteurs. Je vous écris les mains tremblantes et le cœur lourd d’une amertume trop longtemps contenue. J’ai longtemps hésité à partager cette histoire, tant elle ressemble à un scénario de drame psychologique. Mais après ce matin, j’ai décidé : je ne peux plus me taire. Il faut que je m’exprime.

Je vis dans un quartier résidentiel de Lyon, dans une vieille bâtisse de neuf étages où presque tout le monde se connaît. Lorsque mon mari et moi avons emménagé ici il y a une quinzaine d’années, les voisins m’ont aussitôt prévenue : « Ne t’approche pas de Lucille. » J’avais souri à l’époque — des commérages, pensais-je, un simple malentendu. Je suis de nature optimiste, toujours prête à voir le bon côté des gens. Et… j’ai tenté de me rapprocher d’elle.

Au début, Lucille paraissait une retraitée solitaire comme tant d’autres — soixante-dix ans environ, coiffée avec soin, le visage figé dans une expression sévère. Je lui apportais des gâteaux faits maison, l’invitais à prendre le thé, écoutais ses plaintes interminables sur « ces voisins insolents » et « ces enfants ingrats ».

Mais peu à peu, j’ai compris — derrière cette façade se cachait une personne qui se nourrissait de haine et de discorde.

Lucille ne se contentait pas de semer la zizanie : elle en tirait une joie malsaine. D’abord, j’ai cru exagérer. Mais quand elle a monté les voisins du quatrième et du cinquième l’un contre l’autre pour… une simple place de vélo dans la cave, j’ai su : ce n’était pas un hasard, c’était sa manière de vivre.

Elle n’aimait ni ne respectait personne. Pas même ses enfants. Son fils est parti en Belgique il y a vingt ans et n’a jamais remis les pieds ici. Sa fille habite à deux rues, mais semble avoir maudit sa mère — elle ne vient même pas pour son anniversaire. Les voisins chuchotent que le mari de Lucille, Séraphin, est mort d’une crise cardiaque dans leur cuisine après une de leurs disputes. Il n’avait que cinquante-deux ans.

Ni la mort de son mari ni sa solitude ne l’ont fait réfléchir. Au contraire — elle est devenue plus cruelle encore. Elle hurlait sur ses enfants jusqu’à ce qu’ils s’enfuient, à peine majeurs. Elle est restée seule, rongée par la jalousie et la rancœur.

Passons à ce matin. Depuis plus d’un an, quelques voisines et moi prenons soin d’un chat errant, Gingembre. Doux, stérilisé, bien nourri, il était devenu l’âme de notre cour. Nous lui avions aménagé un coin douillet près de l’entrée, avec une petite maison et des couvertures. Il ne dérangeait personne — au contraire, il égayait tout le monde. Sauf Lucille, bien sûr.

Ce matin, je suis sortie pour le nourrir. Et que vois-je ? Lucille, en train de jeter à la poubelle ses affaires — sa couverture, sa gamelle, même son jouet préféré. Je l’ai interpellée :
« Que faites-vous ? Pourquoi jetez-vous tout cela ? »

Elle s’est retournée, les lèvres pincées, et a murmuré :
« Je ne veux pas de ce vagabond puant devant chez moi. Vous autres, vous n’avez rien à faire. Moi, je veux vivre tranquille ! »

J’ai senti la colère m’envahir. Si je n’avais pas été bien élevée et respectueuse envers son âge, je n’aurais pas pu me contenir ! J’avais envie de crier, de la secouer : « Comprends-tu à quel point tu es cruelle ? Sais-tu pourquoi tout le monde t’a abandonnée ? »

Mais au lieu de cela, j’ai ramassé les affaires et suis partie. Gingembre, comme par dérision, était assis là, blotti contre le mur, et miaulait doucement.

Je vous écris pour dire ceci : certains ne veulent pas être aidés. Certains fuient la lumière. Ils se créent des ténèbres et s’y terrent comme dans un nid douillet. Autrefois, je les plaignais, je tentais de les sauver. Maintenant, je comprends — c’était peine perdue.

Lucille a mérité son appartement vide, son thé froid dans la cuisine, le silence les jours de fête, ses fenêtres sans rideaux. Elle l’a mérité par ses actes, sa méchanceté, son âme empoisonnée.

On ne peut sauver ceux qui veulent se noyer. On ne peut réchauffer ceux qui voient dans la chaleur une menace. Et la bonté ne doit pas être aveugle.

Voilà mon histoire. Simple, mais amère. Qu’elle nous serve de rappel — accrochons-nous à la lumière. Ne devenons pas comme ceux qui ont brûlé tous les ponts et s’enveloppent désormais dans leur solitude comme dans une couverture.

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