Tu sais, ça fait maintenant plus de vingt ans que jhabite dans ma maison ici, pas loin de Lyon. Mon voisin, Pierre Durand, na emménagé quun peu plus tard, mais on se croise depuis longtemps. On se connaît assez bien, on discute souvent, on sest même invités lun chez lautre une ou deux fois, mais ce nest jamais allé plus loin quun bon voisinage.
Cet hiver-là, je suis restée quelques temps chez ma fille, Éloïse, parce que javais des soucis de santé, tu vois. Javais besoin daide au quotidien, alors elle ma accueillie à Lyon. Avec le printemps qui commençait à pointer le bout de son nez et les journées redevenues plus douces, jai commencé à penser à mon retour à la maison, à la campagne.
Fin avril, la neige avait totalement disparu, alors je suis revenue chez moi. Jétais soulagée de voir que tout allait bien avec la maison, même si jétais un peu stressée. Jai vite recommencé à moccuper du jardin devant la maison ainsi que du potager. Tu me connais, il ma fallu quelques jours pour tout remettre en ordre.
Jai deux petites serres dans lesquelles jai planté des concombres et des poivrons, et dans la troisième, des tomates. Et puis, dans mes allées, jai mis des fraises, des carottes, des oignons et de laneth. Le long de la clôture que je partage avec Pierre, il y a des groseilliers et des cassissiers cest très français tout ça, hein. Bref, après tout ce boulot, il a fallu repartir à Lyon avec Éloïse, puis passer un mois en cure dans un centre de bien-être à Vichy, parce que la santé demandait encore quelques soins.
Quand septembre est arrivé et que je me suis sentie mieux, jai réintégré ma maison. Et là, surprise : en allant voir mon terrain, jai vu que la clôture en bois qui sépare mon jardin de celui de Pierre était abîmée, ouverte juste assez pour que lon puisse passer de chez lui chez moi, facilement.
Clairement, Pierre sétait servi de mes serres et de mes plates-bandes sans même mappeler, alors quil a mon numéro ! Jétais pas ravie du tout Je lui ai demandé pourquoi il avait fait ça, et il ma avoué, tout tranquille, que cétait plus simple pour lui de passer par là, il trouvait ça bien plus pratique pour se servir de mes légumes et mes fruits. Franchement, je lui ai bien fait comprendre que je nacceptais pas du tout que quelquun entre chez moi sans demander.
En plus, je lui ai gentiment demandé de remettre la clôture en bon état lui-même cétait la moindre des choses. Et, tant quà faire, je lui ai suggéré de partager la récolte avec moi, histoire dêtre équitable Ce nétait pas pour les légumes, tu me connais, mais je voulais juste lui apprendre une petite leçon quil retiendra sûrement!
Voilà, cétait mon aventure de lannée typique de chez nous, non ?






