Ils sont partis comme une boule de neige, mon mari les a jetés.

Cette scène sest déroulée lété dernier, un vendredi incandescent : mon mari était au bureau et, avec ma fille, nous avions pris la décision daller au marché des Carmes, à Toulouse, pour faire les courses.

Après avoir rempli notre panier de fruits, légumes et fromage, nous sommes rentrées à la maison au pas pressé.

Une fois arrivées, la routine sest imposée : tandis que ma fille, Aurélie, passait laspirateur dans le salon, je maffairais devant les fourneaux, préparant un gratin dauphinois.

Soudain, un crissement de pneus déchira le calme de la rue. Nos cousins éloignés venaient darriver à limproviste. Ma cousine Gisèle, son mari Victor et leur fille adolescente, Chloé.

Je les ai conviés dans le séjour, rapidement dressé la table, puis je leur ai demandé ce qui motivait cette visite soudaine. Jai découvert que, la veille, cétait lanniversaire de Gisèle et quils avaient décidé, sur un coup de tête, de venir jusquà nous.

Bien sûr, je nétais absolument pas prête pour une telle réception. Tandis que nos invités sirotaient leur thé, jai décroché mon téléphone pour prévenir mon mari, Michel, de la situation. Il ma proposé de préparer des brochettes, me rappelant quil y avait justement du filet de porc pour barbecue dans le congélateur.

Je suis retournée dans le salon, légèrement gênée, expliquant que leur visite était inattendue et leur proposant des brochettes : nous allions mariner la viande maintenant, elle serait prête pile à larrivée de Michel.

Les cousins ont acquiescé, ont investi le canapé, allumé la télévision et se sont absorbés dans les images dun vieux film français.

La gêne me gagnait. Jai demandé, dune voix douce, à Victor sil pouvait maider pour la préparation de la viande. Il a soupiré, se plaignant de sa main douloureuse, tandis que Gisèle murmurait, les yeux rivés à lécran, que le trajet lavait épuisée. Elle sest blottie contre un coussin, évitant mon regard.

Sans bruit, je suis partie à la cuisine et ai commencé à découper et à mariner toute seule la viande, Aurélie maidant silencieusement. Nous avons dressé la table, tout était prêt, sans quils daignent jamais proposer leur aide.

Quand Michel est rentré, je lui ai rapporté posément les faits. Il a ouvert de grands yeux, secouant la tête : “Mais ils sont bien culottés tes cousins !” Il les a alors conviés à table.

Un silence pesant sest installé. On entendait seulement le bruit des brochettes que Victor s’empressait d’engloutir, prenant trois dun coup sans se retenir. Michel les observait, visiblement mécontent du manque de savoir-vivre.

Le repas terminé, jai demandé si quelquun voulait bien maider à faire la vaisselle, espérant un sursaut de courtoisie. Gisèle ma répliqué que sa manucure toute fraîche ne lui permettait guère de plonger ses mains dans leau, Chloé nétait pas habilitée non plus, selon elle.

Ils ont ensuite déclaré quil était bien trop tard pour repartir et quils resteraient dormir, exigeant le lit conjugal Victor souffrant soi-disant du dos et ayant besoin dun matelas ferme.

Là, Michel a craqué, la voix tremblante de colère :

Vous vous prenez pour des pensionnaires dun hôtel ou quoi ?! Vous croyez quon est vos domestiques ? Allez, prenez vos affaires et rentrez chez vous, sur-le-champ !

Sous le choc, je suis restée bouche bée. Jai tenté dapaiser Michel, mais les cousins nont pas demandé leur reste : ils ont filé dehors, ont sauté dans leur voiture et sont partis en trombe, sans un mot.

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