Juste avant mon mariage, mes amies mavaient avertie : un homme, une fois passé devant le maire, considère aussitôt sa femme comme sa possession et révèle son vrai visage.
Mais, comme tant de filles rêveuses, jétais persuadée que mon futur mari, Arnaud, était différent. Avant le mariage, il était attentionné, nélevait jamais la voix, craignait même de me froisser, désirait que je ne le quitte jamais dun pas. Mais je métais trompée, tout comme tant dautres femmes. Oui, il est vrai quun homme, une fois quil pense avoir conquis le cœur dune femme, change.
Quelques mois après notre mariage à Lyon, Arnaud a commencé à proférer des critiques blessantes envers ma mère : Pourquoi tappelle-t-elle si souvent ? Pourquoi vient-elle nous voir chaque semaine ?. Inquiète pour mon couple, jai fini par lui donner raison. Jai demandé à ma mère, Geneviève, de ne plus me contacter que rarement, la rappelant seulement en cachette, quand jétais seule. Mais ce nétait que le début.
Je suis tombée enceinte, et ai perdu mon poste : ma grossesse était difficile, jai dû rester alitée, mon contrat na pas été renouvelé. À ce moment, Arnaud sest mis à me lancer des : Tu restes à la maison toute la journée, tu ne fais rien du tout. Je gardais le silence, angoissée à lidée quil me quitte alors que jattendais notre enfant.
Un an et demi après la naissance de notre petite fille, Capucine, Arnaud a commencé à exiger dêtre traité comme un roi. À son retour du travail, je devais lattendre sur le seuil de la porte, lui tendre ses chaussons, la table devait être parfaitement dressée, le dîner chaud et appétissant servi, tout attendre ses moindres besoins.
Le bébé ? Ce nétait que laffaire des femmes. Épuisée, à bout de forces, jai rassemblé mes affaires et je suis partie avec Capucine chez ma mère, à Grenoble. Deux mois de silence entre Arnaud et moi. La vie sest poursuivie, jai retrouvé un emploi, jour après jour, je reprenais confiance en moi, je me sentais renaître.
Un soir, alors que la pluie tapait sur les vitres, Arnaud sest présenté devant notre porte, amaigri, vêtu dun vieux manteau, les yeux remplis de remords. Il sest agenouillé, suppliant. Mais cette fois, javais changé. Je lui ai dit quil lui faudrait sinscrire à des cours de cuisine, apprendre à partager les tâches ménagères. Sil voulait que je revienne, il devrait prouver quil avait changé, que nos vies pourraient être différentes.
Il a accepté. Mais restait à voir sil tiendrait parole.





