J’avais seulement vingt-deux ans quand je me suis retrouvé seul, sans épouse, avec mon petit garçon, Pierre, dans les bras. Mon fils navait que deux ans à lépoque. Mon épouse est partie parce quelle en avait assez des soucis constants, il fallait gagner de largent et le dépenser pour la famille.
Et ça ne lui plaisait pas. Quoi, pourquoi dépenser pour la famille, si cest mieux de tout claquer pour soi-même et pour son amant ? Peu importe le genre dépouse quelle fut, pour moi, cétait plus simple. Et après son départ, tout est tombé sur mes épaules. Jai mis Pierre à la crèche et je suis allé travailler moi-même. Je me souviens quil y avait des jours où jétais tellement épuisé que je ne sentais plus mes jambes, mais mon appartement était toujours en ordre, le repas était préparé, et mon fils était nourri et soigné.
Ma mère ma toujours appris ça, et notre génération était plus solide. Javoue que jai un peu trop choyé mon fils. Aujourdhui, à vingt-sept ans, Pierre ne sait même pas faire cuire des pommes de terre. Mais dernièrement, il sest marié, je me suis dit que, finalement, il avait trouvé une épouse, quelle prendrait en charge ce grand enfant, et que je pourrais enfin me consacrer à mes propres loisirs, peut-être songer à changer de boulot. Bref, je comptais vivre tranquillement. Voilà que mon fils mannonce quils vont rester chez moi quelque temps, lui et sa femme. Évidemment, je nétais pas franchement ravi, mais jai accepté, bon, je leur ai permis de rester. Elle cuisinerait pour Pierre, laverait ses vêtements, et moi, jaurais juste à prendre mon mal en patience pendant quelque temps. Mais ça ne sest pas du tout passé comme ça.
Clémence était une vraie pièce. Elle ne débarrassait pas la table, elle ne lavait pas la vaisselle, ne faisait pas la lessive pour elle ni pour Pierre, ni même le ménage élémentaire dans la chambre elle ne faisait rien du tout.
Pendant trois mois, jai dû moccuper de trois personnes. Est-ce que javais besoin de ça ? Qua fait ma belle-fille ? Puisque Pierre avait décidé de subvenir aux besoins du foyer, Clémence ne travaillait nulle part. Du matin au soir, jusquau retour de Pierre, elle était soit en ville avec ses amies, soit collée à son téléphone. Et moi, je bosse. Quand je rentrais, lappartement était sens dessus dessous, tout traînait, le frigo était vide, aucun plat préparé. Je devais encore filer au Monoprix, acheter des aliments, tout cuisiner, et ensuite faire la vaisselle. Clémence navait aucune honte. Un jour, alors que je lavais la vaisselle, elle débarque avec une assiette quelle avait gardée dans sa chambre pendant plusieurs jours et quelle avait oubliée il y avait déjà des moucherons dessus et tout ce que vous pouvez imaginer. La fois daprès, quand ma belle-fille ma apporté une assiette, je lui ai dit tout de suite que si elle avait un brin de conscience, elle aurait lavé la vaisselle au moins une fois.
Et à votre avis, elle sest excusée, elle a fait un effort ? Non, le lendemain, avec un scandale, elle et mon fils sont partis et ont loué un appartement. Mon fils a même dit que javais voulu détruire leur famille. Pourquoi ? Parce que jai demandé à sa femme de laver la vaisselle, au moins de temps en temps ? Eh bien, Dieu merci, maintenant je vais vivre au calme et dans la propreté, et je naurai plus à faire le ménage derrière qui que ce soit. Je vous le dis, les jeunes aujourdhui, cest du nimporte quoi. Ils ne servent à rien.







