Des amis sont venus nous rendre visite au village et se sont sentis offensés que nous ne les ayons pas reçus avec un plat de bœuf

Pourquoi vouloir partir vivre à la campagne, franchement ? Tout le monde veut aller en ville, et vous, cest tout le contraire. Quest-ce que vous y trouvez, là-bas ? Javoue que je capte pas Ok, lété cest top, je dis pas, mais en hiver, il ny a rien à faire.

Jai une copine, Élodie, qui a fait tout ce quelle a pu pour nous décourager de déménager au village. Franchement, mon mari et moi, on la un peu mal pris. On avait limpression quelle voulait décider à notre place.

Après un an à chercher, on a quand même décroché la maison parfaite et on a sauté le pas. Élodie, elle, mappelait quasi tous les jours, sur un ton moqueur, pour me demander si javais trouvé un boulot. Alors quelle savait très bien que je bossais à distance et que jallais pas changer ça. Elle me demandait aussi tout le temps : “Alors, lInternet marche là-bas ? Tu captes au moins ?”

Bref, Élodie est venue passer un week-end chez nous, début octobre, plus dun an après notre installation. Elle sest baladée en traînant un peu des pieds sur notre terrain, et sinon, elle est restée chez nous à boire des bières avec son mari, pendant les deux jours.

Pendant ces deux journées, malgré les invités, avec mon mari, on continuait daller à la cave ramener des légumes ou fermer les bocaux de compotes. Le troisième jour, Élodie et son époux commençaient à faire les valises pour reprendre un car vers Lyon dans la soirée. Franchement, on na rien prévu comme petit cadeau de départ. Mais voilà quÉlodie me demande elle-même si je peux leur préparer un sac de pommes de terre et de pommes.

Du coup, je propose de descendre chercher ça à la cave, mais ils navaient pas envie de bouger trop la flemme après la bière. Je leur tends un sac et des seaux pour les pommes. Ils râlent un peu sur laspect, mais vont quand même ramasser les fruits. Je me demande bien comment ils comptaient ramener tout ça dans le car mais en fait, jai compris ensuite : ils ont demandé à mon mari de les déposer en ville.

Cétait trois heures aller-retour jusquà Lyon ! Mon mari, qui avait déjà bu une bière, a vite piégé le coup et a prétexté quil ne pouvait pas conduire. Résultat, ils sont partis tout seuls, bien chargés. On ne les a pas revus pendant des années. Bien sûr, on sappelait de temps en temps la politesse mais pas de visite, rien. Je te jure, sils nont pas envie de revenir, tant pis, franchement, ça ne me fait ni chaud ni froid.

Et puis, fin novembre, ils débarquent à limproviste, sans prévenir. Genre, surprise ! Ils arrivent le week-end, et franchement, jétais débordée. Je passais ma vie à plumer les volailles à lapproche des fêtes, javais un tas de commandes pour le Nouvel An. Trois bœufs étaient encore au pré à nettoyer. Bref, la surprise, elle tombait un peu mal

Jai vite mis la table Élodie et son mari, ils mangeaient et buvaient, pendant que moi et mon mari, on courait partout, mais au moins, on se relayait pour aider. Dommage, ils ne savent même pas plumer une volaille, comparé à nous, les pauvres petits campagnards !

Toutes mes volailles étaient déjà réservées pour les clients. On avait prévu den abattre pour nous et pour nos parents avant le réveillon. Bref, je nétais pas super à laise. Je leur propose une oie, mais en disant : “Il faudra la plumer vous-mêmes.” Ils mont dit “demain”.

Sauf que, le lendemain, silence radio. Cette fois, ils étaient venus avec leur voiture et ils ont fini par acheter une oie en ville. Avant de repartir, je leur ai quand même filé quelques légumes et pots de cornichons quils choisissent ce quils veulent. Leur coffre était blindé ! Je ne regrette rien, hein, quils profitent moi, il men reste pour dix ans.

Mais alors là, la question qui tue dÉlodie : “Dis, taurais pas un peu de viande de bœuf en rab, par hasard ?”

Ben non. Javais vraiment pas de bœuf en trop. On devait dabord livrer nos commandes, puis, après, voir ce quil restait pour la famille. On nest pas à plaindre, mais on fait quand même attention. Et puis, tu sais comment cest, la famille dabord : les parents, puis les frères et sœurs.

À mon avis, ils lont mal pris. Depuis, plus de nouvelles dÉlodie, ni dappel, ni de message. Et apparemment, une copine en commun ma dit quelle trouvait quon était radins “Ils sont venus à la campagne et ils sont repartis sans viande”, quelle a sorti. Mais bon, moi, je continue à bien vivre ici, entourée des gens qui aiment vraiment la campagne, même en hiver avec rien à faire !

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