J’ai traversé la frontière pour tenter de reconquérir mon ex-fiancé trois mois après sa rupture – un…

Paris, le 14 avril

Aujourdhui, je repense à ce voyage absurde que j’ai fait il y a trois ans. Jai pris un train pour Lyon pour voir mon ancien fiancé, trois mois après quil mait quittée. Évidemment, ça a lair insensé écrit noir sur blanc. Mais à ce moment-là, je nécoutais ni la raison ni les conseils de mes amies. Jécoutais seulement ce quil restait de mon cœur. J’avais glissé la bague dans un coin de ma valise, les photos de nous deux dans mon téléphone et cette fichue petite lueur despoir : peut-être quen me voyant, il regretterait

Je savais parfaitement où il travaillait : il était médecin à lhôpital Edouard Herriot. Jai débarqué seule, mon petit bagage à la main, le ventre noué dangoisse. Jai attendu dans le hall, feignant dattendre des nouvelles dun patient, regardant nerveusement autour de moi. Le voir descendre ce couloir ma littéralement coupé le souffle. Même silhouette élancée, la blouse blanche, les traits tirés, la démarche pressée.

Quand je me suis approchée de lui pour lui parler, il a eu un éclair de surprise. Nous sommes allés marcher dans un couloir tranquille. Jai essayé dêtre forte, de contrôler ma voix. Je lui ai dit que je refusais que toute notre histoire se finisse ainsi, que je laimais toujours, que je voulais une seconde chance pour nous.

Il na même pas hésité. Il ma répondu, dun ton calme mais sec, que sa décision était prise, que son travail comptait plus que tout, et quil fallait que je tourne la page. Aucune colère. Juste un froid polaire dans ses yeux.

Jai serré les dents pour ne pas pleurer devant lui. Jai hoché la tête, sorti la bague de fiançailles que je gardais dans mon portefeuille et la lui ai rendue en murmurant au revoir. Dehors, je me suis effondrée sur un banc de béton face à lentrée de lhôpital. Les larmes ont coulé sans que je puisse les retenir. Jai pleuré pour tout : pour le trajet en TGV Paris-Lyon, pour mes illusions, pour la honte, pour ce rêve damour auquel javais tant cru.

Je navais pas vu quà quelques mètres, sur un autre banc, un autre médecin profitait de sa pause. Il a dû mentendre pleurer. Lorsque jai réussi à reprendre mon souffle, il sest levé doucement et sest approché :

Excusez-moi, je ne veux pas être indiscret mais si vous avez besoin de quoi que ce soit, je suis là. Vous allez bien ?

Jai juste soufflé, la voix tremblante :

Non… Jai le cœur brisé. Pour la deuxième fois. À cause du même homme

Il a posé sur moi un regard sincère et compatissant. Il ma demandé la permission de sasseoir à côté de moi. Nous avons échangé quelques phrases. Il ma proposé une bouteille deau, sest enquis de savoir si jétais seule dans la ville, si javais de la famille dans les environs. Je lui ai tout raconté la rupture, les fiançailles, les projets de mariage, mon voyage insensé et cet étrange espoir qui venait de voler en éclats.

Il ne ma jugée à aucun moment. Il a simplement écouté, posément. Il ma dit que je ne devais jamais supplier pour être aimée, que javais le droit dêtre effondrée, mais quil fallait que je me relève. Ce nétait ni du flirt, ni de la compassion déplacée juste la gentillesse dun inconnu devant une jeune femme égarée devant un hôpital lyonnais.

Nous avons parlé longtemps, puis nous avons échangé nos numéros. Il sappelait Antoine. Il savait que je ne voulais pas rester seule, enfermée à pleurer dans ma chambre dhôtel. Il ma invitée à sortir avec lui et quelques collègues. Il ma dit :

Reste encore quelques jours. Découvre Lyon avec nous. Ce serait dommage de repartir tout de suite.

Jai accepté. Nous sommes allés casser la croûte dans une petite brasserie, avons arpenté les quais du Rhône, jai même rencontré ses amis du service. Moi, jétais une vraie épave sentimentale. Rien entre nous, pas le moindre geste ambigu. Juste de la douceur, des conversations nocturnes, les premières esquisses de sourires qui rendaient lexistence un peu plus respirable.

Une semaine plus tard, je suis rentrée à Paris. Je pensais que tout sarrêterait là. Mais alors on na jamais cessé de se parler. Chaque jour. Pendant six mois. Des messages sans prétention, des appels le soir, parfois des bouts daudio. Et peu à peu, sans nous en rendre compte, un lien unique sest créé.

Un matin, totalement à limproviste, il est venu à Paris. Il ma juste écrit :

Je suis arrivé. Jai besoin de te voir.

Il mattendait à la Gare de Lyon. Quand je lai aperçu, debout, valise à la main, jétais perdue. Il ma prise dans ses bras et sans détour, il ma avoué :

Je crois que je suis tombé amoureux de toi. Je ne veux plus quon se parle seulement derrière un écran. Je devais venir te regarder dans les yeux pour le savoir.

Jai fondu en larmes. Mais ce nétait pas de la tristesse cette fois. Plutôt un mélange de peur, de joie, détonnement Jai répondu oui. Que moi aussi, jétais tombée amoureuse en douce, sans men rendre compte.

À partir de ce jour-là, notre histoire a vraiment commencé.

Aujourdhui cela fait trois ans, jour pour jour. Nous sommes fiancés. Nous nous sommes mariés en août dernier. Nous envoyons déjà les invitations pour la fête danniversaire de notre mariage. Parfois, je me dis que si je navais jamais pris cette décision folle de traverser la France le cœur ouvert, je ne serais pas en train décrire ce bout de bonheur dans mon journal.

Tout a commencé sur un banc gris devant un hôpital lyonnais, dans un chagrin immense. Et aujourdhui, cest la plus belle histoire damour à laquelle je naurais même pas osé rêver.

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