Il l’a traitée de bonne misérable et est parti ailleurs. Mais lorsqu’il est revenu, une surprise totalement inattendue l’attendait.

Il lavait traitée de domestique pitoyable et était parti vers dautres bras. Mais à son retour, il a eu droit à une surprise des plus inattendues.
Clémence avait toujours entendu la même rengaine dans sa famille : « Chez nous, les femmes nont jamais de chance en amour. » Larrière-grand-mère était devenue veuve à vingt-deux ans, la grand-mère avait perdu son époux dans une usine Renault, et la mère sétait retrouvée seule avec un nourrisson lorsque Clémence navait même pas trois ans. Même si elle ne croyait pas trop aux déboires héréditaires, la petite voix au fond delle redoutait que sa propre histoire damour ne finisse elle aussi en fiasco. Malgré tout, elle rêvait à un foyer, un époux, des enfants de la chaleur humaine, quoi.
Son futur mari, Gérard, elle la rencontré à la fabrique de biscuits où elle empilait les boîtes. Il était au service marketing, mais déjeunait toujours dans la même cafétéria. Coup de foudre express quelques rendez-vous, une demande, mariage. Gérard a emménagé dans son appartement deux-pièces du 18ème arrondissement, hérité de sa grand-mère. Sa mère nétait plus de ce monde. Au début, tout roulait : naissance du premier fils, puis du deuxième. Clémence faisait de son mieux à la maison : cuisine, linge, bains de bébés Gérard bossait, rapportait les euros, mais rentrait de moins en moins, et les discussions devenaient aussi rares que le soleil en novembre à Lille.
Quand Gérard sest mis à rentrer tard, la cravate mal nouée et une trace de parfum inconnu sur sa chemise, elle a compris. Elle ne posait pas de questions, de peur de rester seule avec les enfants. Mais un jour, la marmite a débordé :
« Pense aux garçons, je ten prie »
Il est resté muet. Regard glacial. Pas dexplication. Pas de cris. Le lendemain, elle lui a servi un café au lait, il ny a même pas touché.
« Tu ne sers quà faire le ménage », a-t-il lâché, dédaigneux.
Une semaine plus tard, il a plié bagages sous le bras et claqué la porte.
« Ne nous abandonne pas ! » a-t-elle crié dans lescalier. « Les enfants ont besoin de leur père ! »
« Tes vraiment pitoyable en bonne à tout faire », a-t-il répété en disparaissant. Les enfants, deux frères paumés sur le vieux canapé en velours, se sont regardés sans comprendre : quavaient-ils fait pour ça ? Pourquoi Papa les laissait-il tomber ?
Clémence ne sest pas laissée couler. Elle a vécu pour eux. Elle lavait les cages descalier, faisait des ménages chez les voisins, portait des seaux, aidait les garçons avec leurs devoirs et tordait le linge à la main quand la machine rendait lâme. Les garçons ont grandi vite, prêts à donner un coup de main. Elle a oublié ses propres rêves, mais le destin adore les pirouettes.
Un jour, au Franprix, elle a fait tomber un sachet de thé. Un homme la ramassé, sourire large comme la Seine.
« Voulez-vous un coup de main avec les courses ? »
« Oh, ce nest pas la peine », a-t-elle répondu, les pensées ailleurs.
« Jinsiste », a-t-il déjà pris les sacs.
Il sappelait Paul. Il a commencé à traîner au Franprix tous les jours, puis à laider à porter ses sacs, jusquà proposer son aide pour nettoyer la cage descalier. Les garçons étaient sur leurs gardes, mais Paul était gentil et patient. Pour le premier dîner, il est venu avec un gâteau et des roses blanches. Laîné a plaisanté :
« Tas joué au basket, toi ? »
Il a rigolé :
« À lécole, ouais ! Mais ça commence à dater »
Un peu plus tard, il a confié :
« Jai eu un accident. Je parle lentement, je boite un peu. Ma femme est partie. Si tu ne veux pas de moi, jcomprends »
« Si les garçons te veulent bien, reste », lui a répondu Clémence.
Il la demandée en mariage. Et voulait parler aux garçons.
« Je veux être un vrai papa. »
Le soir, Clémence a tout expliqué aux gars. Ils se sont jetés dans ses bras.
« Notre père sest fait la malle, il nous a oubliés », a dit le plus jeune. « Ce serait chouette davoir un vrai papa qui reste. »
Et voilà, Paul a fait partie de la famille. Il a appris aux garçons à jongler dans la cour, donné un coup de pouce pour les devoirs, réparé les étagères, fait du bruit et rigolé avec eux. La maison sest remplie de vie. Les années ont filé. Les garçons sont devenus des hommes. Thomas est tombé amoureux, il est allé demander conseil à Paul. Cest là que la sonnette a retenti.
Sur le palier, Gérard.
« Jai été bête. Reprends-moi. On recommence tout »
« Retourne doù tu viens », a tranché Thomas.
« Cest comme ça quon parle à son père ?! », a tonné Gérard.
« Ne crie pas sur mon fils », sest interposé Paul.
« On na pas besoin de toi », a ajouté le petit. « On a déjà un papa. »
Et la porte sest refermée. Définitivement.
Clémence est restée là, contemplant ses trois hommes ses protecteurs, sa famille, construite sueur après larmes et un peu de chance. Enfin, elle était heureuse.

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Il l’a traitée de bonne misérable et est parti ailleurs. Mais lorsqu’il est revenu, une surprise totalement inattendue l’attendait.
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