La belle-mère a finalement réussi à séparer le couple — Fiston, j’ai réfléchi… Je vais m’installer dans ton appartement — ça me permettra de chasser ton ex. — Tu crois que Lika acceptera ? — Tu peux me faire une donation — je te rendrai tout après. Mais il n’a même pas eu besoin de le faire. — Vivez ici, — répondit Lika en haussant les épaules, surprenant totalement Zoé Pétronille. Zoé Pétronille a failli s’évanouir en découvrant qui son fils chéri avait choisi comme épouse ! Son Fédéric, son unique garçon qu’elle avait élevé seule (son mari était toujours au travail), était tombé amoureux d’une vendeuse ! — Maman, Lika est responsable dans une boutique de vêtements, — la corrigea son fils. — Elle est belle, gentille et attentionnée. — Ça reste une commerçante ! — s’agaçait Zoé Pétronille. — Tu oublies que ton grand-père et ton père étaient ingénieurs, et que tes deux grands-mères et moi sommes médecins ? Nous sommes une famille d’intellectuels ! Tu as fait de longues études, tu as un avenir brillant en odontologie. — Maman, on s’aime, le reste n’a pas d’importance. — Bien sûr que si ! Une épouse doit être à la hauteur de son mari ! Regarde Thomasine — une jeune femme remarquable, future neurologue avec une belle carrière. Et elle t’aime depuis le lycée. — Mais je ne l’aime pas. C’est fini, maman, on n’en parlera plus. Mais elles en ont reparlé ! Zoé Pétronille ne cessait de rappeler à son fils tout ce qu’elle avait fait pour lui après la mort de son père, les efforts, les doubles emplois, les relations, la préparation aux examens. Rien n’y fit. Fédéric et Lika se sont mariés et se sont installés chez elle. Ce voisinage ne dérangeait pas Zoé Pétronille — c’était même plus pratique pour chasser la belle-fille. — Tu crois que tu es bien tombée ? — sifflait Zoé Pétronille à Lika quand elles étaient seules. — On verra combien de temps tu tiendras comme épouse. Tu n’es pas faite pour mon fils ! Compris ? — On verra ! — répliquait la belle-fille. — Vous devriez vous calmer, Zoé Pétronille. On pourrait être amies. Fédéric doit faire carrière, pas gérer des querelles de famille. Devant Fédéric, elles faisaient des efforts, mais l’ambiance était tendue. Après deux mois, Zoé Pétronille pensait avoir gagné. La belle-fille était devenue plus discrète et ne réagissait plus à ses piques. Elle semblait prête à partir… Mais non. La “coucou de nuit” a supplanté la “coucou de jour”. Les jeunes ont acheté un appartement à crédit, sans rien dire à Zoé Pétronille ! — Tu es fou ? — s’exclama-t-elle. — Comment ? Avec quoi ? Où ? Tu me laisses pour elle ? — Maman, calme-toi, — répondit Fédéric, imperturbable. — Deux maîtresses de maison dans une cuisine, ça ne marche pas. L’appartement est dans le quartier voisin, on viendra te voir. Il s’avéra que la “commerçante” avait vendu la maison de sa grand-mère à la campagne. La maison valait peu, mais le terrain intéressait un entrepreneur local qui a payé cher. Fédéric a vendu sa vieille voiture et avait quelques économies. Cela a suffi pour l’apport de leur “deux pièces”. — Vous n’auriez pas pu choisir plus modeste ? — lâcha Zoé Pétronille. — Tu vas devoir travailler jour et nuit pour payer ça, Fédéric. — Maman, je vais m’en sortir, et Lika travaille aussi. — On sait ce qu’elle rapporte ! Elle te fait vivre à ses frais… — Maman, arrête ! Et elle n’avait pas dit son dernier mot ! La belle-fille idéale, Thomasine, aimait Fédéric depuis le lycée, mais elle n’allait pas l’attendre éternellement. Zoé Pétronille faisait tout pour séparer son fils de la “commerçante”. Elle le sollicitait sans cesse : réparer le robinet, faire les courses, rester avec elle — prétextant des problèmes de santé. Son fils venait, faisait tout, croisait parfois Thomasine “par hasard” chez sa mère, mais ne lui prêtait pas vraiment attention. Puis il vint de moins en moins — trop de travail, disait-il. Elle savait bien pourquoi ! Lika le retenait et l’éloignait de sa mère ! Elle alla jusqu’à appeler les urgences pour que son fils ne l’oublie pas et écoute ses conseils. Ça marcha un temps — Fédéric vint plus souvent, inquiet pour elle. Mais voilà que Thomasine partit en stage à l’étranger, pour trois ans ! — Sans Fédéric, je me sens mal ici, — soupira la jeune femme. — Là-bas, je me changerai les idées et gagnerai de l’expérience. — Dommage, ma chérie, mais je ne peux pas te retenir, — soupira aussi Zoé Pétronille. Mais elle décida qu’au retour de Thomasine, elle organiserait le divorce de Fédéric et Lika. Pour que deux brillants spécialistes forment une vraie famille. Avec sa belle-fille, Zoé Pétronille restait froide, ne se privant pas de la piquer sur son travail ou les tâches ménagères. Peu à peu, Lika cessa de venir chez sa belle-mère et ne l’invitait plus non plus. Tant mieux ! Zoé Pétronille recevait son fils seul et ne manquait pas de lui parler de Thomasine. Six ans passèrent avant que Zoé Pétronille atteigne son but. Son fils ne lui expliqua pas vraiment pourquoi il se séparait de Lika, mais elle savait. Ce n’était pas pour rien qu’elle organisait des “rencontres fortuites” avec Thomasine, revenue en France. Pas pour rien qu’elle répétait à son fils qu’il s’était trompé de femme, mais qu’il pouvait corriger son erreur. Elle soupçonnait que l’absence d’enfants avait joué dans le divorce. Lika était stérile. Mais cela arrangeait Zoé Pétronille — avec des enfants, c’est plus difficile de divorcer. Son fils, cependant, était trop noble. — Maman, l’appartement appartient à Lika et moi à parts égales, mais on ne veut pas le vendre pour l’instant. Tu ne vois pas d’inconvénient à ce que je revienne chez toi ? — Bien sûr. Mais il faudra régler la question de l’appartement. Elle était même ravie du retour de son fils. Thomasine allait s’installer avec eux, et Zoé Pétronille se réjouissait d’avoir un beau couple à la maison ! Fédéric et Lika s’étaient vraiment disputés, car il n’a pas protesté contre Thomasine, qui s’est installée chez eux et a tout de suite imposé ses règles. — Les aliments frits sont mauvais, — déclara Thomasine. — La viande doit être maigre, cuite au four, et il vaut mieux ne pas en manger. Les pommes de terre sont mauvaises. Et la mayonnaise ? Vous êtes fous d’acheter cette cochonnerie de saucisson ? — Tu vois, Fédéric, comme Thomasine prend soin de ta santé ? — s’attendrissait Zoé Pétronille. Mais au bout d’un mois, sa joie s’est calmée. La future belle-fille (ils ne se pressaient pas de se marier) les nourrissait presque exclusivement de légumes. Elle les faisait faire du yoga à la maison, a retiré tous les tapis — la poussière est mauvaise ! — et commandait tout dans la maison. — Fiston, j’ai réfléchi… Je vais m’installer dans ton appartement — ça me permettra de chasser Lika. Et vous, vous ferez votre nid ici… — Tu crois que Lika acceptera ? — Tu peux me faire une donation — je te rendrai tout après. Mais il n’a même pas eu besoin de le faire. — Vivez ici, — répondit Lika en haussant les épaules, surprenant totalement Zoé Pétronille. Elle ne se doutait pas que son ex-belle-mère venait avec des plans sournois — ce serait la surprise. Zoé Pétronille se disputait avec Lika pour tout. Il fallait cuisiner d’urgence, mais l’ex-belle-fille était déjà aux fourneaux. Il y avait du sable dans l’entrée — forcément, c’était la jeune femme qui l’avait ramené, et elle n’avait pas lavé le sol. Lika rentrait tard et réveillait Zoé Pétronille en claquant la porte. Tout était prétexte à dispute. Ce qui était curieux — Lika se lançait d’abord dans la joute, puis abandonnait vite et se retirait dans sa chambre. Et elle n’amenait jamais d’hommes à la maison, ce que Zoé Pétronille espérait pourtant… Mais son fils se plaignait de plus en plus de Thomasine. — Maman, c’est impossible ! Ne mange pas ça, ne va pas là, couche-toi à 21h. J’ai peur de respirer devant elle ! — C’est Lika qui t’a déformé ! Thomasine prend soin de toi et de ta santé ! — répliquait Zoé Pétronille. Elle pensait que Fédéric exagérait. Elle n’admettait pas que Thomasine allait trop loin. Ce n’est rien ! Construire une bonne famille, c’est difficile — tout ira bien si chacun fait des efforts. Mais elle n’était plus sûre de rien… Zoé Pétronille remarqua un jour que Lika avait pris du ventre… Elle avait toujours été mince et sportive. — Quoi ? Tu es tombée enceinte d’un vaurien ? — lança Zoé Pétronille, en regardant le ventre et le visage fatigué de la jeune femme. — Quels vauriens ? — répondit-elle, lasse. — Oui, je suis enceinte, mais de votre fils. — Quelle comédienne ! — s’exclama Zoé Pétronille. — Vous avez divorcé il y a quatre mois. Tu veux lui coller un enfant qui n’est pas de lui ? — J’aurais pu, mais la fille est bien de lui. On a fêté le divorce… Un dernier rendez-vous. Si vous voulez, on fera un test après la naissance. — Et Fédéric est au courant ? — Oui. Et je ne veux pas vous attrister, mais on se revoit depuis un mois et on va se remarier. Zoé Pétronille n’en fut pas attristée. À vrai dire, elle en avait assez de toutes ces guerres domestiques, et son fils n’était pas heureux avec Thomasine. Puisqu’il allait devenir père et elle grand-mère, il était temps d’arrêter les querelles. D’autres soucis, plus joyeux, les attendaient. Et avec Thomasine, elle réglerait ça — une dernière fois, elle interviendrait dans la vie amoureuse de son fils.

Tu ne vas pas imaginer ce qui arrive aujourdhui Ma mère, Françoise, mannonce quelle veut sinstaller dans mon appartement, espérant ainsi faire partir mon ex, Camille, en même temps. Elle propose même de mettre le bail à son nom, me jurant quelle me le rendra plus tard. Mais Camille, imperturbable, lui répond : « Installez-vous », laissant Françoise complètement déconcertée.

Françoise manque de sévanouir en découvrant qui jai choisi comme épouse ! Son fils unique, Paul, quelle a élevé presque seule car son mari Bernard était toujours absorbé par son travail, sest amouraché dune simple vendeuse ! Elle narrive pas à y croire.

Jessaie de lui expliquer : « Maman, Camille est responsable dans une boutique de prêt-à-porter, elle est gentille, attentionnée et vraiment magnifique. » Mais Françoise refuse découter : « Ce nest quune commerçante ! Tu oublies que ton grand-père et ton père étaient ingénieurs, et que tes deux grands-mères et moi étions médecins ? » Elle insiste, me rappelant que notre famille est instruite, que jai étudié lodontologie, que mon avenir est prometteur.

Je lui dis que lamour est plus important que tout, mais elle persiste : « Une épouse doit être digne de son mari ! Regarde Justine, une jeune femme brillante, future neurologue, destinée à une carrière prestigieuse. Elle taime depuis le lycée ! » Mais Justine, je ne laime plus, cest fini.

On en discute sans cesse. Françoise ne cesse de me rappeler ses sacrifices après la mort de mon père, ses efforts pour moffrir le meilleur, ses relations, la préparation aux concours Rien ny fait. Camille et moi nous marions et nous installons chez elle. Cela ne gêne pas Françoise, au contraire, elle pense que ce sera plus simple pour pousser Camille dehors.

Quand nous sommes seules, Françoise lance à Camille : « Tu crois vraiment que tu vas ten sortir ? On verra combien de temps tu tiendras comme épouse. Tu nes pas faite pour mon fils ! » Camille reste sereine : « On verra bien ! Vous devriez vous détendre, Françoise. Il vaut mieux sentendre, Paul doit se concentrer sur sa carrière, pas sur des querelles familiales. »

Devant moi, elles font semblant, mais la tension est palpable. Deux mois passent, Françoise croit avoir gagné : Camille devient discrète, ne réagit plus à ses remarques, semble prête à partir Mais non ! Les jeunes achètent un appartement à crédit, sans rien dire à Françoise !

Elle explose : « Tu es fou ? Comment ? Avec quoi ? Où ? Tu me laisses pour elle ? » Je reste calme : « Maman, deux femmes dans une cuisine, ça ne fonctionne pas. Lappartement est dans le quartier voisin, on viendra te voir. » En réalité, Camille a vendu la maison de sa grand-mère à la campagne, le terrain a séduit un entrepreneur local qui a payé une belle somme. Jai vendu ma vieille Clio et ajouté mes économies, cela a suffi pour lapport.

Françoise ne peut sempêcher : « Vous auriez pu choisir plus modeste ! Tu vas devoir travailler sans relâche pour rembourser, mon Paul. » Mais je gère, et Camille travaille aussi. Elle répète que Camille me fait vivre à ses frais Je finis par lui demander darrêter.

Mais elle ne lâche rien ! Justine, qui maime depuis le lycée, ne va pas mattendre indéfiniment. Françoise fait tout pour nous séparer, mappelle pour réparer le robinet, rapporter des courses, ou juste rester avec elle, prétextant des soucis de santé. Jy vais, je fais tout, croise Justine « par hasard » chez mes parents, mais je ne lui prête aucune attention.

Puis je commence à venir moins souvent, trop de travail, soi-disant. Françoise comprend bien pourquoi : Camille méloigne delle, cest évident ! Elle fait même venir le SAMU pour me rappeler qui compte le plus. Ça fonctionne un temps, je suis plus présent, inquiet pour elle.

Mais Justine part en stage à Montréal, pour trois ans ! Elle me dit : « Sans toi, je ne me sens pas bien ici. Là-bas, je penserai à autre chose, et lexpérience me servira. » Françoise soupire : « Dommage, ma petite, mais je ne peux pas te retenir. » En secret, elle décide quau retour de Justine, elle organisera mon divorce avec Camille, pour que deux spécialistes brillants forment une vraie famille.

Avec Camille, Françoise reste distante, la critique sur son travail ou la tenue de la maison. Peu à peu, Camille cesse de venir chez sa belle-mère et ne linvite plus non plus. Tant mieux ! Françoise reçoit son fils seul, et ne manque pas de lui parler de la brillante Justine.

Six ans passent avant que Françoise natteigne son objectif. Je nexplique pas pourquoi jai quitté Camille, mais elle sait très bien. Ce nest pas pour rien quelle organise des « rencontres fortuites » avec Justine, revenue de létranger. Pas pour rien quelle répète que je me suis trompé de femme, mais quon peut rectifier une erreur.

Elle soupçonne que labsence denfants a joué dans le divorce. Camille est stérile, apparemment. Cela larrange, car avec des enfants, il est plus difficile de séparer.

Je reste correct : « Maman, lappartement appartient à Camille et moi à parts égales, mais nous ne voulons pas le vendre pour linstant. Tu ne vois pas dinconvénient à ce que je revienne chez toi ? » Elle est ravie. Justine va sinstaller avec nous, et Françoise se réjouit davoir un couple si respectable !

Justine emménage aussitôt et impose ses règles. « Les aliments frits sont mauvais, il faut de la viande maigre, cuite au four, et idéalement, ne pas en manger du tout. Les pommes de terre sont nocives. La mayonnaise ? Vous êtes fous dacheter cette cochonnerie de saucisson ? » Françoise sattendrit : « Tu vois, Paul, comme Justine prend soin de ta santé ? »

Mais au bout dun mois, sa joie sévapore. La future belle-fille les met presque au régime dherbes, les force à faire du yoga à la maison, retire tous les tapis la poussière, cest dangereux ! et commande tout dans la maison.

Un jour, Françoise dit : « Je vais vivre dans ton appartement, ça fera partir Camille. Et vous, vous ferez votre nid » Mais Camille, imperturbable, lui dit : « Installez-vous », et Françoise ne voit rien venir.

Elle ne se doute pas que lex-belle-mère arrive avec des plans sournois elle aura une surprise. Françoise se dispute avec Camille pour tout. Il faut cuisiner en urgence, mais Camille est déjà aux fourneaux. Il y a du sable dans lentrée évidemment, cest la jeune femme qui la ramené, et elle na pas lavé le sol. Camille rentre tard et réveille Françoise, soi-disant en claquant la porte.

Le motif du conflit peut être nimporte quoi. Ce qui est étrange Camille réplique au début, puis abandonne et se retire dans sa chambre. Et elle ninvite jamais dhommes chez elle, ce que Françoise espère pourtant

Mais je me plains de plus en plus de Justine. « Maman, cest invivable ! Ne mange pas ça, ne va pas là, couche-toi à 21h. Jai peur de respirer près delle ! » Françoise rétorque : « Cest Camille qui ta déformé ! Justine prend soin de toi et de ta santé ! » Elle pense que jexagère, refuse dadmettre que Justine va trop loin parfois.

Ce nest rien ! Construire une famille solide nest pas simple tout ira bien si chacun fait des efforts. Mais elle nest plus sûre de rien

Un jour, Françoise remarque que Camille a pris du ventre Elle, qui surveillait toujours sa silhouette, na plus le ventre plat. « Quoi ? Tu es tombée enceinte dun vaurien ? » lance-t-elle, en fixant le ventre et le visage fatigué de Camille.

Camille, épuisée, répond : « Quels vauriens ? Oui, je suis enceinte, mais de votre fils. » Françoise sécrie : « Quelle comédienne ! Vous avez divorcé il y a quatre mois. Tu veux lui coller un enfant qui nest pas à lui ? » Camille réplique : « Jaurais pu, mais la fille est bien de lui. On a fêté le divorce, si on peut dire Un dernier rendez-vous. On peut faire le test après la naissance si vous voulez. »

Et Paul est au courant ?
Oui. Et je ne veux pas vous peiner, mais on se revoit depuis un mois et on va se remarier.

Françoise nest pas peinée. En réalité, elle en a assez de toutes ces querelles domestiques, et son fils nest pas heureux avec Justine. Puisquil va devenir père, et elle grand-mère, il est temps de mettre fin à ces disputes. Dautres soucis, plus heureux, les attendent.

Quant à Justine, elle réglera ça une dernière fois, elle interviendra dans la vie amoureuse de son fils.

Rate article
Add a comment

;-) :| :x :twisted: :smile: :shock: :sad: :roll: :razz: :oops: :o :mrgreen: :lol: :idea: :grin: :evil: :cry: :cool: :arrow: :???: :?: :!:

19 + seventeen =

La belle-mère a finalement réussi à séparer le couple — Fiston, j’ai réfléchi… Je vais m’installer dans ton appartement — ça me permettra de chasser ton ex. — Tu crois que Lika acceptera ? — Tu peux me faire une donation — je te rendrai tout après. Mais il n’a même pas eu besoin de le faire. — Vivez ici, — répondit Lika en haussant les épaules, surprenant totalement Zoé Pétronille. Zoé Pétronille a failli s’évanouir en découvrant qui son fils chéri avait choisi comme épouse ! Son Fédéric, son unique garçon qu’elle avait élevé seule (son mari était toujours au travail), était tombé amoureux d’une vendeuse ! — Maman, Lika est responsable dans une boutique de vêtements, — la corrigea son fils. — Elle est belle, gentille et attentionnée. — Ça reste une commerçante ! — s’agaçait Zoé Pétronille. — Tu oublies que ton grand-père et ton père étaient ingénieurs, et que tes deux grands-mères et moi sommes médecins ? Nous sommes une famille d’intellectuels ! Tu as fait de longues études, tu as un avenir brillant en odontologie. — Maman, on s’aime, le reste n’a pas d’importance. — Bien sûr que si ! Une épouse doit être à la hauteur de son mari ! Regarde Thomasine — une jeune femme remarquable, future neurologue avec une belle carrière. Et elle t’aime depuis le lycée. — Mais je ne l’aime pas. C’est fini, maman, on n’en parlera plus. Mais elles en ont reparlé ! Zoé Pétronille ne cessait de rappeler à son fils tout ce qu’elle avait fait pour lui après la mort de son père, les efforts, les doubles emplois, les relations, la préparation aux examens. Rien n’y fit. Fédéric et Lika se sont mariés et se sont installés chez elle. Ce voisinage ne dérangeait pas Zoé Pétronille — c’était même plus pratique pour chasser la belle-fille. — Tu crois que tu es bien tombée ? — sifflait Zoé Pétronille à Lika quand elles étaient seules. — On verra combien de temps tu tiendras comme épouse. Tu n’es pas faite pour mon fils ! Compris ? — On verra ! — répliquait la belle-fille. — Vous devriez vous calmer, Zoé Pétronille. On pourrait être amies. Fédéric doit faire carrière, pas gérer des querelles de famille. Devant Fédéric, elles faisaient des efforts, mais l’ambiance était tendue. Après deux mois, Zoé Pétronille pensait avoir gagné. La belle-fille était devenue plus discrète et ne réagissait plus à ses piques. Elle semblait prête à partir… Mais non. La “coucou de nuit” a supplanté la “coucou de jour”. Les jeunes ont acheté un appartement à crédit, sans rien dire à Zoé Pétronille ! — Tu es fou ? — s’exclama-t-elle. — Comment ? Avec quoi ? Où ? Tu me laisses pour elle ? — Maman, calme-toi, — répondit Fédéric, imperturbable. — Deux maîtresses de maison dans une cuisine, ça ne marche pas. L’appartement est dans le quartier voisin, on viendra te voir. Il s’avéra que la “commerçante” avait vendu la maison de sa grand-mère à la campagne. La maison valait peu, mais le terrain intéressait un entrepreneur local qui a payé cher. Fédéric a vendu sa vieille voiture et avait quelques économies. Cela a suffi pour l’apport de leur “deux pièces”. — Vous n’auriez pas pu choisir plus modeste ? — lâcha Zoé Pétronille. — Tu vas devoir travailler jour et nuit pour payer ça, Fédéric. — Maman, je vais m’en sortir, et Lika travaille aussi. — On sait ce qu’elle rapporte ! Elle te fait vivre à ses frais… — Maman, arrête ! Et elle n’avait pas dit son dernier mot ! La belle-fille idéale, Thomasine, aimait Fédéric depuis le lycée, mais elle n’allait pas l’attendre éternellement. Zoé Pétronille faisait tout pour séparer son fils de la “commerçante”. Elle le sollicitait sans cesse : réparer le robinet, faire les courses, rester avec elle — prétextant des problèmes de santé. Son fils venait, faisait tout, croisait parfois Thomasine “par hasard” chez sa mère, mais ne lui prêtait pas vraiment attention. Puis il vint de moins en moins — trop de travail, disait-il. Elle savait bien pourquoi ! Lika le retenait et l’éloignait de sa mère ! Elle alla jusqu’à appeler les urgences pour que son fils ne l’oublie pas et écoute ses conseils. Ça marcha un temps — Fédéric vint plus souvent, inquiet pour elle. Mais voilà que Thomasine partit en stage à l’étranger, pour trois ans ! — Sans Fédéric, je me sens mal ici, — soupira la jeune femme. — Là-bas, je me changerai les idées et gagnerai de l’expérience. — Dommage, ma chérie, mais je ne peux pas te retenir, — soupira aussi Zoé Pétronille. Mais elle décida qu’au retour de Thomasine, elle organiserait le divorce de Fédéric et Lika. Pour que deux brillants spécialistes forment une vraie famille. Avec sa belle-fille, Zoé Pétronille restait froide, ne se privant pas de la piquer sur son travail ou les tâches ménagères. Peu à peu, Lika cessa de venir chez sa belle-mère et ne l’invitait plus non plus. Tant mieux ! Zoé Pétronille recevait son fils seul et ne manquait pas de lui parler de Thomasine. Six ans passèrent avant que Zoé Pétronille atteigne son but. Son fils ne lui expliqua pas vraiment pourquoi il se séparait de Lika, mais elle savait. Ce n’était pas pour rien qu’elle organisait des “rencontres fortuites” avec Thomasine, revenue en France. Pas pour rien qu’elle répétait à son fils qu’il s’était trompé de femme, mais qu’il pouvait corriger son erreur. Elle soupçonnait que l’absence d’enfants avait joué dans le divorce. Lika était stérile. Mais cela arrangeait Zoé Pétronille — avec des enfants, c’est plus difficile de divorcer. Son fils, cependant, était trop noble. — Maman, l’appartement appartient à Lika et moi à parts égales, mais on ne veut pas le vendre pour l’instant. Tu ne vois pas d’inconvénient à ce que je revienne chez toi ? — Bien sûr. Mais il faudra régler la question de l’appartement. Elle était même ravie du retour de son fils. Thomasine allait s’installer avec eux, et Zoé Pétronille se réjouissait d’avoir un beau couple à la maison ! Fédéric et Lika s’étaient vraiment disputés, car il n’a pas protesté contre Thomasine, qui s’est installée chez eux et a tout de suite imposé ses règles. — Les aliments frits sont mauvais, — déclara Thomasine. — La viande doit être maigre, cuite au four, et il vaut mieux ne pas en manger. Les pommes de terre sont mauvaises. Et la mayonnaise ? Vous êtes fous d’acheter cette cochonnerie de saucisson ? — Tu vois, Fédéric, comme Thomasine prend soin de ta santé ? — s’attendrissait Zoé Pétronille. Mais au bout d’un mois, sa joie s’est calmée. La future belle-fille (ils ne se pressaient pas de se marier) les nourrissait presque exclusivement de légumes. Elle les faisait faire du yoga à la maison, a retiré tous les tapis — la poussière est mauvaise ! — et commandait tout dans la maison. — Fiston, j’ai réfléchi… Je vais m’installer dans ton appartement — ça me permettra de chasser Lika. Et vous, vous ferez votre nid ici… — Tu crois que Lika acceptera ? — Tu peux me faire une donation — je te rendrai tout après. Mais il n’a même pas eu besoin de le faire. — Vivez ici, — répondit Lika en haussant les épaules, surprenant totalement Zoé Pétronille. Elle ne se doutait pas que son ex-belle-mère venait avec des plans sournois — ce serait la surprise. Zoé Pétronille se disputait avec Lika pour tout. Il fallait cuisiner d’urgence, mais l’ex-belle-fille était déjà aux fourneaux. Il y avait du sable dans l’entrée — forcément, c’était la jeune femme qui l’avait ramené, et elle n’avait pas lavé le sol. Lika rentrait tard et réveillait Zoé Pétronille en claquant la porte. Tout était prétexte à dispute. Ce qui était curieux — Lika se lançait d’abord dans la joute, puis abandonnait vite et se retirait dans sa chambre. Et elle n’amenait jamais d’hommes à la maison, ce que Zoé Pétronille espérait pourtant… Mais son fils se plaignait de plus en plus de Thomasine. — Maman, c’est impossible ! Ne mange pas ça, ne va pas là, couche-toi à 21h. J’ai peur de respirer devant elle ! — C’est Lika qui t’a déformé ! Thomasine prend soin de toi et de ta santé ! — répliquait Zoé Pétronille. Elle pensait que Fédéric exagérait. Elle n’admettait pas que Thomasine allait trop loin. Ce n’est rien ! Construire une bonne famille, c’est difficile — tout ira bien si chacun fait des efforts. Mais elle n’était plus sûre de rien… Zoé Pétronille remarqua un jour que Lika avait pris du ventre… Elle avait toujours été mince et sportive. — Quoi ? Tu es tombée enceinte d’un vaurien ? — lança Zoé Pétronille, en regardant le ventre et le visage fatigué de la jeune femme. — Quels vauriens ? — répondit-elle, lasse. — Oui, je suis enceinte, mais de votre fils. — Quelle comédienne ! — s’exclama Zoé Pétronille. — Vous avez divorcé il y a quatre mois. Tu veux lui coller un enfant qui n’est pas de lui ? — J’aurais pu, mais la fille est bien de lui. On a fêté le divorce… Un dernier rendez-vous. Si vous voulez, on fera un test après la naissance. — Et Fédéric est au courant ? — Oui. Et je ne veux pas vous attrister, mais on se revoit depuis un mois et on va se remarier. Zoé Pétronille n’en fut pas attristée. À vrai dire, elle en avait assez de toutes ces guerres domestiques, et son fils n’était pas heureux avec Thomasine. Puisqu’il allait devenir père et elle grand-mère, il était temps d’arrêter les querelles. D’autres soucis, plus joyeux, les attendaient. Et avec Thomasine, elle réglerait ça — une dernière fois, elle interviendrait dans la vie amoureuse de son fils.
– Je pars chez ta meilleure amie. Pas de drame, – a dit mon mari. Il n’y a pas eu de scène. Il y a eu la fin.